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16/05/2017 09:05 EDT | Actualisé 17/05/2017 09:52 EDT

Les changements climatiques, vraiment?

Dans le débat actuel entre carbocentriste et climato-réaliste (et non climato-sceptique, comme on se plaît souvent les vilains sceptiques du carbocentrisme) , je ne puis offrir que quelques miettes de sagesse.

L'ampleur des récentes inondations printanières a fait resurgir l'inquiétude humaine qui, à son tour, déborde de son lit. Bien entendu, la réponse apaisante, rassurante, vient de la science du climat qui évoque, encore une fois, à l'unisson, les désormais fameux changements climatiques (ou, doit-on dire, «réchauffements» climatiques? Je ne sais plus).

Dans sa chronique de La Presse, Francis Vailles (Un « acte de Dieu », vraiment?) profite de l'occasion pour clouer le bec d'un soi-disant Act of God, comme disent les Anglais. Est-ce vraiment le cas? Non pas que je souscrive à un «acte de Dieu», car Dieu est partout présent et agissant. «Dieu», écrit Éric-Emmanuel Schmitt dans La nuit de feu , «n'est présent en moi que sous la forme de sa question». En somme, Dieu n'agit pas sporadiquement, parfois de manière spectaculaire, pour punir les hommes de leurs péchés carboniques. Sur ce point, ce sont plutôt les «réchauffistes» qui détiennent maintenant le gourdin de la morale anthropique punissant les hommes de leurs avidités carboniques.

L'Église carbocentriste (selon le terme forgé par Benoît Rittaud dans son essai Le mythe climatique, 2010) a sa structure, ses institutions et ses grands prêtres. Al Gore fait figure de pape, avec ici, au Canada, David Suzuki et Justin Trudeau et, au Québec, Philippe Couillard. Des organismes scientifiques, tel le groupe Ouranos, reçoivent des millions provenant des deniers publics.

Les hérétiques, au Québec, ont entre autres pour nom Jacques Brassard et Reynald DuBerger. À ce propos, il est intéressant de savoir que le mot «hérétique» vient du grec ancien, et signifie « celui qui choisit sa doctrine ». Un hérétique, en somme, est celui qui choisit l'erreur ou la fausse doctrine. Le pauvre hérétique s'égare donc de La VÉRITÉ sur le climat laquelle est propriété de l'Église du GIEC (Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). De sorte que l'adage devient «Hors du GIEC, point de salut!»

Ce qui me désole dans le litige en question, c'est la toute-puissance du soi-disant «consensus» des scientifiques qui, étant donné précisément ce vaste consensus, se croient obliger, de manière condescendante, de faire courber l'échine à tous ceux qui n'adhèrent pas à La Vérité.

Qu'on m'entende bien. Je n'ai rien d'un expert en climatologie. Toutefois, dans le débat actuel entre carbocentriste et climato-réaliste (et non climato-sceptique, comme se plaisent trop souvent les carbocentristes à dénigrer leurs adversaires climato-réalistes) , je ne puis offrir que quelques miettes de sagesse. Ce qui me désole dans le litige en question, c'est la toute-puissance du soi-disant «consensus» des scientifiques qui, étant donné précisément ce vaste consensus, se croient obliger, de manière condescendante, de faire courber l'échine à tous ceux qui n'adhèrent pas à La Vérité.

J'invite donc les adeptes de l'Église carbocentriste de relire et de méditer le chapitre deux de On Liberty (De la liberté) de l'un des plus grands philosophes libéraux de tous les temps, John Stuart Mill. Dans ces pages, que je tiens comme une sorte d'évangile, Mill écrit: «Pour tous les sujets où une différence d'opinions est possible, la vérité dépend de l'établissement d'un équilibre à instituer entre deux groupes d'arguments contradictoires. Même dans la [physique], il y a toujours une autre explication possible des mêmes faits... Mais quand nous nous tournons vers des sujets infiniment plus compliqués: vers la morale, la religion, la politique, les relations sociales et les affaires de la vie, les trois quarts des arguments consistent à dissiper les apparences favorables aux opinions opposées.» (je souligne)

En d'autres termes, comme le dit ensuite Mill, lorsqu'on ne connaît que son opinion et qu'on ne soucie guère de connaître les arguments de l'opinion adverse, on «n'a aucune raison de préférer une opinion à une autre.»

En outre, continue Mill,

«Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion, et si un seul d'entre eux était de l'opinion contraire, la totalité des hommes ne serait pas plus justifiées à imposer le silence à cette personne, qu'elle-même ne serait justifiée à imposer le silence à l'humanité si elle en avait le pouvoir.»

En bâillonnant l'opinion minoritaire, on se prive dit Mill, «d'échanger l'erreur contre la vérité». Mill ne mâche pas ses mots, car il s'agit ni plus ni moins de «voler le genre humain.»

Moi, qui suis climato-réaliste, croyant catholique, je suis donc doublement ignoré et méprisé. Je ne dis pas cela pour me plaindre. Simplement pour illustrer la toute-puissante de ceux et celles qui disposent de La Vérité et qui condamnent trop aisément ceux qui ne sont pas de leur avis.

À ceux-là, je leur rappelle une Parole d'or de Jésus rapportée par l'évangéliste Jean: «... vous ne pouvez rien faire sans moi.» (Jean 15 5) Jésus vient de dire qu'il est la vigne et que nous sommes chacune de ses branches. Si nous nous coupons du tronc principal, nous serons coupés, jetés dehors, et brûlés.

Le monde pense pouvoir se sortir par lui-même de soi-disant changements climatiques. Triste erreur. J'invite les lecteurs à la lecture de la Lettre encyclique Laudato si' (Loué sois-tu) du Pape François.

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