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19/05/2016 08:47 EDT | Actualisé 20/05/2017 05:12 EDT

Du pain sur la planche!

Le Québec fourmille de talents! Que de richesses sur ce bout de terre d'Amérique où la culture est un signe éclatant de développement. La nation québécoise a créé, au fil des années, à partir de son identité et de sa culture une industrie culturelle imposante d'envergure planétaire. Des entreprises culturelles des plus diversifiées sont devenues un incontournable levier économique. Nous pourrions citer ici les nombreux succès culturels sur la scène internationale réalisés par des gens créatifs, ingénieux et courageux.

Le Québec a continué à s'imposer malgré les coupures draconiennes de la dernière décennie sous le gouvernement Harper. Ce n'est pas nécessairement la taille de la population d'un pays qui en fait un foyer de talents. Il y a une histoire certes, mais aussi une volonté politique et une fierté nationale. Le Québec avec ses 8 millions d'habitants fait l'envie de plusieurs nations à ce chapitre. Saviez-vous qu'il y a 120 pays siégeant à l'ONU qui sont moins populeux que le Québec? Il y a du talent à revendre sur ce coin de terre d'Amérique, encore faut-il le reconnaître à sa juste valeur et le valoriser. C'est fou ce que le Québec sait faire.

Et que dire sur les plans culinaire, vinicole, brassicole, fromagé, acéricole et j'en passe. Depuis quelques décennies, le Québec s'est taillé une place de choix dans le domaine agro-alimentaire. L'expression «être né pour un petit pain» a malheureusement collé trop longtemps à la peau du peuple québécois. Pendant les périodes sombres de la province, cette expression servait bien à illustrer la condition collective des gens de chez nous qui tirait le diable par la queue pour rejoindre les deux bouts. Mise au rancart, cette expression sert davantage aujourd'hui à décrire le manque d'ambition, la résignation ou le fatalisme. Mais voilà que du pain, nous en avons fait depuis quelques années une spécialité!

Philippe Mollé, dans un récent article de La Presse, signale que Montréal est devenue la capitale du bon pain. Et pour cause, la métropole détient le record des boulangeries artisanales en Amérique du Nord, rien de moins! Certains parlent même que Montréal serait en passe de devenir une référence mondiale dans la fabrication du pain. Statistiques en main, Philippe Mollé constate un engouement progressif pour le pain artisanal. Certes, les habitudes changent lentement, mais les signaux sont là. Pour les nordiques que nous sommes, il sera difficile de changer les rôties grillées du petit déjeuner pour la baguette de pain. L'arrivée constante du flot migratoire apporte néanmoins de nouvelles perspectives de consommation alimentaire. Le pain artisanal refait surface et pour notre plus grand plaisir.

Rien de plus exquis que l'odeur du pain fraîchement sorti du four à la boulangerie. On dit même qu'elle rend de bonne humeur. De nombreux chercheurs scientifiques estiment en effet que certaines odeurs entraînent une humeur positive qui amènerait même à plus d'ouverture, d'altruisme et d'intérêt au bien-être des autres. Il semblerait que l'odeur du pain a de nombreux effets bénéfiques étonnants!

Nous le savons bien, faire du pain et du bon, s'avère un art. Nous sommes loin de l'automatisme et de la production industrielle des grandes boulangeries commerciales. Et le plus surprenant, c'est que les jeunes artisans sont au rendez-vous au fournil. Une nouvelle génération de jeunes met la main à la pâte par intérêt et surtout par amour du métier. C'est comme si le retour aux sources, à ce qui est naturel, reprenait son droit de cité. Historiquement, on attribue généralement l'invention du pain à levain aux Égyptiens alors que le peuple romain, des siècles plus tard, se nourrissait encore de bouillie. Le pain demeure aujourd'hui le principal aliment de base dans de nombreuses cultures sur la planète.

À Montréal et en région, des boulangeries artisanales naissent comme des petits pains et les chaînes réputées comme Pain doré et Première Moisson connaissent une croissance digne de mention. Il existe même chez nous l'Association des Boulangers Artisans du Québec créée en 2011 pour soutenir le travail artisanal des boulangers, mais aussi pour faire rayonner ce métier millénaire. Chaque année, des artisans de la province participent au Mondial du Pain en France. En 2013, Julien Roy y décroche le titre du «Meilleur apprenti boulanger».

Le Québec ne finira jamais de nous étonner. Il y a du talent à revendre sur cette terre généreuse. Mais encore faut-il que les autorités en place en prennent conscience et favorisent l'éclosion de cette richesse collective. Notre avenir passe inéluctablement par l'innovation, la créativité, l'ingéniosité, non par les voies insidieuses de l'austérité et du favoritisme. Plus nos dirigeants lutteront avec acharnement contre les inégalités sociales, plus le Québec sortira gagnant. L'éducation demeure le tremplin de l'évolution et de l'avenir de notre coin de pays. Nous n'irons nulle part dans le sillage d'une éducation à rabais pour nos enfants.

Je le répète, ce n'est pas le 1% des biens nantis qu'il faut prioriser, servir même. Les Québécois veulent être dirigés par des gens qui ont la passion du Québec et non par des élus qui capitalisent sur leur maintien au pouvoir. Évitons, selon l'expression de François Legault, d'assister à un éventuel «déclin tranquille» du Québec. Il y a tant de possibilités, rêvons autrement. Oui, il y a beaucoup de pain sur la planche!

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