LES BLOGUES
12/09/2016 10:24 EDT | Actualisé 12/09/2016 10:24 EDT

Dormir debout!

Une étude récente de l'Institut Douglas de Montréal confirme que 20% à 40% des jeunes enfants ont des problèmes de sommeil et près de 50% des jeunes de 14 à 18 ans souffrent d'un grave manque de sommeil.

Le mois de septembre bat son plein en toute douceur. On s'en souviendra longtemps de ce beau mois de septembre qui nous a fait peut-être oublier les petits tracas de la rentrée automnale quelque peu stressante. C'est fou comme la météo peut nous influencer parfois. C'est vrai que nous sommes sensibles aux changements et davantage en prenant de l'âge.

Nous connaissons tous l'importance du sommeil pour vivre en santé et en harmonie. De nombreuses études démontrent manifestement que le manque de sommeil affecte directement la santé globale et le rapport au monde qui nous entoure. Une étude récente de l'Institut Douglas de Montréal confirme que 20% à 40% des jeunes enfants ont des problèmes de sommeil et près de 50% des jeunes de 14 à 18 ans souffrent d'un grave manque de sommeil. Et qui plus est, 24% des élèves ont déclaré que leurs notes avaient chuté en raison d'un manque de sommeil.

Cet état de repos dans lequel nous passons grosso modo le tiers de notre vie s'avère vital. On ne peut vivre sans dormir! Cela fait partie des fonctions vitales de notre organisme. Il importe, vous en conviendrez, de s'en soucier puisqu'il affecte tout notre fonctionnement et celui de nos enfants évidemment. Les problèmes de sommeil chez nos jeunes peuvent entraîner une détérioration progressive de leur santé : perturbation des systèmes immunitaire et hormonal, diminution de la capacité de concentration et de la mémoire, augmentation de l'irritabilité des sautes d'humeur et des risques de développer des troubles mentaux, élévation des risques de diabète et de maladies cardiovasculaires, etc. Le manque de sommeil, c'est sérieux surtout en bas âge.

Une étude récente démontre que six heures de sommeil par nuit sont essentielles pour lutter contre le rhume et autres infections. Tous les experts le signalent, un système immunitaire sain, s'avère une arme redoutable pour contrer les maladies, dont le rhume et la grippe. Le sommeil est l'une des clés pour une bonne protection immunitaire. Plusieurs recherches ont démontré que ce dernier a plus d'impact, positif évidemment, sur l'équilibre et le système immunitaire que le tabagisme, les habitudes de consommation d'alcool. Le sommeil est loin d'être un état passif! Selon Proulx-Sammut, «il y a un énorme travail de reconstruction, de reconstitution dans notre organisme et chaque phase du sommeil a un rôle spécifique à remplir.»

Il est bon de comprendre ce qui se passe réellement la nuit pendant que l'on dort dans les bras de Morphée. La littérature ne manque pas sur le sujet et les cliniques sur les troubles du sommeil sont présentes un peu partout. Le sommeil, composé de plusieurs cycles, est intimement lié à l'hypothalamus, une glande située dans le cerveau. Le cycle de sommeil se divise normalement en plusieurs phases : le pré-sommeil ou l'endormissement, le sommeil léger, moyen et profond et finalement le sommeil paradoxal. Les premières phases du sommeil servent à effacer la fatigue physique tandis que le sommeil paradoxal élimine la fatigue mentale. Les troubles du sommeil peuvent mener à l'insomnie, laquelle engendre, nous le devinons assez bien, de la fatigue, des troubles de l'humeur et de l'irritabilité.

«Selon certaines études, au cours des quelques dernières décennies, la durée moyenne de notre sommeil nocturne a été réduite d'environ une heure par nuit.»

Dormir ne sera jamais une perte de temps! On peut se demander bien légitimement que signifie une bonne nuit de sommeil. Tout le monde a son opinion sur cela et c'est bien normal, car c'est une notion aussi individuelle que la quantité de nourriture dont chacun a besoin pour se sentir fonctionnel. Il y a bien les «petits dormeurs» qui se contentent de 6 heures de sommeil et les «gros dormeurs» qui ont besoin de 9 à 10 heures pour se sentir reposés. Disons que, selon plusieurs études, les enfants d'âge scolaire (6-13 ans), ont besoin entre 9 et 11 heures de sommeil tandis que pour les adolescents (14-17 ans), il faut compter entre 8 et 10 heures. Ce temps régénérateur est essentiel chez les jeunes en pleine croissance. Nous savons trop que les sources de perturbation sont fort nombreuses à l'heure de l'Internet et des réseaux sociaux.

Globalement, la durée moyenne de sommeil d'un adulte est de 8 heures et que certaines prédispositions génétiques déterminent souvent le rythme de chacun. Autour de la cinquantaine, la moyenne de sommeil varie entre six et sept heures. De plus, en vieillissant, force est de constater que le sommeil est souvent brisé par des épisodes d'éveil. En fait, la durée idéale sera toujours celle qui nous permettra de se sentir reposé, d'avoir un bon fonctionnement au cours de la journée. Selon le Dr Pierre Mayer, ex-directeur de la clinique du sommeil du CHUM : «la plupart des Québécois dorment deux heures de moins par nuit que ce dont ils ont besoin.» Les conséquences d'un manque de sommeil peuvent être graves, voire dramatiques pour beaucoup de gens.

La vie trépidante et quelque peu stressante que nous menons ne favorise pas toujours, il va sans dire, un sommeil récupérateur et bienfaisant. En fait, pour un bon nombre de Québécois, il s'avère un besoin de plus en plus difficile à combler. Selon certaines études, au cours des quelques dernières décennies, la durée moyenne de notre sommeil nocturne a été réduite d'environ une heure par nuit. En effet, selon Charles M. Morin, «cette durée était de 7 à 8,5 heures par nuit au début des années soixante alors qu'aujourd'hui, près de 50 % de la population affirme dormir moins de 7 heures par nuit la semaine.» Il n'y a pas tellement longtemps, tout s'arrêtait à la tombée de la nuit.

Nul ne met en doute l'importance d'un bon rythme de sommeil à la fois pour soi et ses enfants. En cette rentrée automnale qui annonce des changements importants d'ensoleillement et d'heure dans quelques semaines, prenons soin de notre sommeil réparateur. Alors pourquoi ne pas prendre de bonnes habitudes pour adopter un sommeil réparateur : exercices physiques au cours de la journée, régularité de l'heure du coucher, température de la pièce, etc. Il faut bien se rappeler en cette période de changements saisonniers qu'on ne dort pas pour dormir, mais pour agir efficacement dans ce monde qui a tant besoin de gens éveillés et efficients. Bon automne!

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Galerie photo Travail et sommeil ne font pas bon ménage Voyez les images

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter