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07/06/2016 10:00 EDT | Actualisé 08/06/2017 05:12 EDT

La misère fait rage!

Le monde fait face à une catastrophe alimentaire permanente. Le monde a faim, très faim!

La planète Terre regorge de richesses insoupçonnées, malheureusement mal réparties et souvent gaspillées sans retenue par les plus nantis. C'est un scandale permanent! Le monde souffre plus que jamais malgré les appels incessants lancés par les organismes onusiens. La planète bleue du système solaire commence à changer de couleur et a de plus en plus de mal à tourner sur elle-même tellement les crises mondiales se succèdent. De nombreux observateurs et scientifiques inquiets de ce qui se passe sur la scène mondiale ne cessent de crier l'état d'urgence. Où est-elle cette Terre que le célèbre Georges Moustaki, avec sa voix ronde et chaude, chantait avec tant d'émotion : « Il y avait un jardin qu'on appelait la terre. Il était assez grand pour des milliers d'enfants. On pouvait s'y nourrir à toutes les saisons »? Le monde fait face à une catastrophe alimentaire permanente. Le monde a faim, très faim!

Jamais dans l'histoire récente autant d'êtres humains n'ont souffert de la faim dans le monde. Malgré les efforts déployés au cours de la récente décennie, les chiffres demeurent effarants. Le rapport sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde (SOFI) parle toujours de 795 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde, dont 780 millions dans les pays non industrialisés et pauvres. Situation toujours alarmante en 2016. Imaginez, près d'un milliard d'humains sur terre sont sous-alimentés. Un milliard, ça fait beaucoup!

Vous vous en doutez, les affamés dans le monde ne se retrouvent pas en Occident bien entendu; ils vivent dans les pays en voie de développement. Ce sont les pays de l'Asie-Pacifique et de l'Afrique qui sont les plus touchés par la pénurie alimentaire. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 20 des 30 pays considérés comme les plus vulnérables se trouvent en Afrique, principalement en Afrique subsaharienne.

Les images d'enfants squelettiques couverts de plaies et de mouches ne sont plus tolérables. On estime que 26% des enfants de moins de cinq ans dans le monde souffrent d'un retard de croissance. Neuf de ces enfants sur dix vivent en Afrique et en Asie. Leur nombre a diminué de 257 millions en 1990 à 165 millions en 2012 (soit une réduction de 35%). Il faut avoir mis les pieds en Afrique pour saisir et comprendre combien l'être humain souffre. Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est exponentiel depuis une décennie. Force est de constater que les progrès espérés pour atteindre les objectifs du Millénaire fixés par les Nations Unies sont loin d'avoir été atteints à ce jour.

L'OCDE, qui regroupe 34 pays développés et émergents à travers le monde, vient aussi de sonner l'alarme ces jours-ci. La crise est plus profonde qu'on le pense. Dans ces pays de l'OCDE, «ce sont 39 millions de chômeurs, 15% de jeunes qui ne sont ni à l'école ni au travail, et des aînés qui vivent avec des revenus de pension inférieurs à ce qu'ils étaient en 2000.» L'économie mondiale, depuis la crise financière de 2008, n'a jamais réellement rebondi. Le contexte du ralentissement de l'économie chinoise et de la chute des prix des matières premières n'annoncent rien de bon aux plus pauvres de la planète complètement dépourvus.

Avec près d'un milliard d'humains sous-alimentés, le monde a certainement atteint le bord du gouffre. Comment laisser une personne sur six mourir de faim alors que l'on investit toujours massivement dans des guerres fratricides et honteuses dans de nombreux pays de la planète? Imaginez la catastrophe appréhendée d'ici 2050; la terre passera à 9 milliards d'êtres humains. Il n'y a pas que les relents de la crise économique qui a ses incidences sur la question alimentaire mondiale, mais aussi toutes les autres crises successives qui secouent le monde : l'eau, l'environnement, les conflits armées, les changements climatiques, le VIH, etc. La misère fait toujours rage dans la vie de millions de personnes!

Selon Ambroise Mazal, représentant des ONG françaises, 30 milliards de dollars annuellement permettraient de rayer la faim. Combien de milliards les gouvernements ont investi au cours de la dernière décennie dans le sauvetage financier des banques et du système financier? Des centaines et des centaines de milliards pour sauver les riches; de quoi sauver l'humanité de la faim pour des dizaines d'années. Pour des centaines d'organisations internationales qui luttent contre la pauvreté, cela laisse un goût très amer. Pendant que des millions de personnes meurent de faim, des hauts dirigeants de sociétés américaines, après avoir mal gérés leurs entreprises, recevaient des millions en primes de départ. Il y a de quoi révolter les plus pacifistes de la terre.

Il ne faut certes pas minimiser les effets pervers des problèmes économiques sur la malnutrition. Que l'on se rappelle qu'au cours des années 80, la malnutrition avait connu une baisse considérable. Toutefois, celle-ci a regagné du terrain depuis le début du siècle, un troisième millénaire qui a pourtant connu jusqu'en 2007 une croissance économique sans précédent. Les chiffres sont clairs aujourd'hui: 3 milliards de personnes ne mangent pas à leur faim, 2 milliards souffrent de malnutrition et 750 millions de la faim. Dans le monde en développement, 66 millions d'enfants en âge d'aller à l'école y vont le ventre vide, dont 23 millions rien qu'en Afrique. C'est une situation explosive, une bombe à retardement quoi!

C'est à l'agriculture qu'il faut s'attaquer en y injectant des sommes colossales. L'urbanisation est une tare dans les pays en voie de développement. Les industries des pays les plus pauvres ne possèdent pas les infrastructures pour contrer la faim. Cette une erreur fondamentale que de soutenir les infrastructures urbaines, car 75% des personnes souffrant de la faim sont des paysans et des travailleurs agricoles. Le message est plus que clair, pour réduire la pauvreté, il faut valoriser l'agriculture et aider le paysan à produire. Il n'y a pas mille et une stratégies pour enrayer ce fléau meurtrier.

Alors que des touristes de l'espace deviennent de plus en plus nombreux à sillonner et scruter l'univers, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui meurent sur terre du manque de nourriture, de l'essentiel. L'alimentation est un droit fondamental non pas une option. Il me semble que tous les brillants savants de cette planète pourraient se mettre ensemble pour inventer une agriculture efficace, intensive, écologique. Dans les pays riches, un milliard d'humains est préoccupé d'un surpoids alors que le reste du monde crève littéralement de faim.

Le chanteur Georges Moustaki disait bien « Il y avait un grand jardin qu'on appelait la terre ». Qu'avons-nous fait de ce magnifique jardin?

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