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13/06/2016 10:01 EDT | Actualisé 14/06/2017 05:12 EDT

Dans une marmite qui surchauffe!

Une fin de session déplorable, voire désastreuse pour le gouvernement en place qui clôt le tout par l'adoption sous bâillon du projet de loi Uber. Rien de moins!

Une année parlementaire vient de prendre fin à l'Assemblée nationale sur les chapeaux de roues. Une fin de session déplorable, voire désastreuse pour le gouvernement en place qui clôt le tout par l'adoption sous bâillon du projet de loi Uber. Rien de moins! Tour de force qui laisse toutefois un goût amer chez de nombreux élus.

Entre nous, ce n'est pas d'hier que les chauffeurs de taxi réclament d'urgence des mesures équitables. L'adoption tardive de cette loi coup-de-poing va toutefois permettre à l'équipe de Philippe Couillard de calmer le jeu, de reprendre son souffle, de mettre de l'ordre dans sa cavalerie, de revoir ses priorités et son agenda d'ici les prochaines élections. Il ne faut pas se le cacher, le compte à rebours est déjà enclenché. Amoindri par cette session parlementaire orageuse et éprouvante à souhait, le premier ministre devra galvaniser courageusement ses troupes pour amorcer le dernier droit. À 32% dans les sondages, finies les folies!

Quelque peu éclaboussée, l'équipe ministérielle n'a cessé au cours des derniers mois de s'embourber dans des méandres de confusion et de malversation. Cela frisait l'improvisation, voire l'incompétence. La liste est longue d'incongruités, de controverses mal gérées. Que l'on pense à la ministre de la Famille qui invente un nouveau mariage dit «union spirituelle», à Sam Hamad qui fuit la tempête collusoire en se rendant sur les plages de Floride, à Gaétan Barrette et ses déclarations fracassantes et insidieuses à l'endroit de la députée péquiste Diane Lamarre, à Lise Thériault, ministre de la Condition féminine, qui déclare qu'elle n'est pas féministe et qui se rétracte deux jours plus tard et j'en passe. À la suite des démissions et des nombreux changements des titulaires ministériels, on se demande souvent qui dirige les différents ministères. À 25% de satisfaction, c'est presque le fond du baril pour l'équipe gouvernementale!

Décidément, la marmite surchauffe dans les officines de l'État. Depuis des mois, tuile après tuile, ce gouvernement libéral, porte-étendard de l'économie, nage dans un cafouillage inédit. L'alignement des astres pour le Parti libéral n'était certes pas au rendez-vous au cours des derniers mois. Imaginez, 68% des Québécois sont insatisfaits du gouvernement de Philippe Couillard, selon le récent sondage de la firme Léger, publié le 10 juin dernier. Il n'y a pas de quoi se péter les bretelles! Tant que l'Opposition sera divisée, le scénario des derniers mois risque de se répéter encore longtemps.

Mario Dumont le disait assez justement: «Le gouvernement va très mal. Le Québec ne va pas si mal. Les finances sont en ordre. Il y a des choses qui avancent.» À preuve, l'agence new-yorkaise Standard & Poor's vient de réviser, au début juin, la cote de crédit du Québec d'un cran en la faisant passer de stable à positive.

Une nouvelle économique d'importance, malgré tout, passée presque inaperçue dans les médias et qui donne du potentiel en terme de perspective d'avenir. Et qui plus est, les récentes données économiques publiées par Statistiques Canada vendredi dernier signalent un gain net de 21 600 emplois au Québec au cours du mois dernier. Le taux de chômage chute donc de 0,4% pour se retrouver à 7,1% se rapprochant ainsi du taux national situé à 6,9% au pays. Entre nous, le Québec fait davantage face à un problème de gouvernance que d'économie. Fort heureusement, il n'y a pas que la gouvernance et l'économie dans la vie.

Les Québécois semblent l'avoir compris depuis fort longtemps. La populaire revue L'Actualité, sous la plume de Noémi Mercier, vient tout juste de publier un excellent dossier intitulé: «Le gène du bonheur est-il Québécois?» Chiffres et témoignages à l'appui, l'auteure nous démontre avec pertinence que les Québécois sont fort résilients et que les tempêtes de tous ordres ne semblent pas trop miner le moral carabiné de ces Gaulois d'Amérique. Il y a une capacité de rebondissement étonnante chez ces bons vivants répartis sur des milliers d'arpents de neige. En fait l'ADN du bonheur n'aurait-il pas ses racines au Québec? Les Québécois seraient, selon les données comparées à l'échelle internationale, «les champions planétaires du bonheur, tout juste derrière le Danemark! Austérité, commission Charbonneau, hivers rigoureux n'ont pas réussi à l'entacher», d'écrire la journaliste Noémi Mercier. Le dicton populaire québécois nous le rappelle constamment: «Quand on se regarde, on se désole; quand on se compare, on se console.»

Ah! ces Québécois au langage coloré et à l'ingéniosité débordante, carburant à tous les plaisirs de la vie! Il est vrai que ce coin de terre d'Amérique que nous foulons allégrement est largement envié de par le monde. Terre de liberté et d'abondance, le Québec a tout ce qu'il faut pour s'épanouir, quelles que soient les ambitions politiques de ses habitants. Encore faut-il que ses élus soient à la hauteur, conscients des valeurs profondes de ce peuple fier et généreux. Plus un gouvernement sera à l'écoute de ses citoyens, plus il sera en mesure d'être à la hauteur des aspirations de ce dernier. Il n'est pas vrai que le bonheur d'une nation doit être sacrifié au profit du 1% des mieux nantis. Plus les élus travailleront avec acharnement à combattre les inégalités sociales, plus le Québec en sortira gagnant! Allez, mettons-nous au travail, il y a encore du pain sur la planche!

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