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22/05/2016 08:57 EDT | Actualisé 23/05/2017 05:12 EDT

Vallée-de-l'Or: entre défis et vitalité

La Vallé-de-l'Or est une région formidable qui, bien qu'elle repose essentiellement sur l'exploitation des ressources naturelles, pourra compter sur une fibre entrepreneuriale très présente chez ses résidents pour diversifier son économie et conquérir les marchés internationaux.

J'ai eu la chance, du 5 au 7 mai derniers, de participer aux Journées découverte de la Municipalité régionale de comté (MRC) de la Vallée-de-l'Or regroupant les villes de Val-d'Or, Senneterre et Malartic. Le tout était organisé par le Carrefour jeunesse emploi d'Abitibi-Est.

L'objectif consistait à faire découvrir la région, tant sur le plan de l'emploi que celui du mode de vie, afin que les participants envisagent de s'y établir.

La Vallé-de-l'Or est une région formidable qui, bien qu'elle repose essentiellement sur l'exploitation des ressources naturelles, pourra compter sur une fibre entrepreneuriale très présente chez ses résidents pour diversifier son économie et conquérir les marchés internationaux.

Une région singulière

La Vallée-de-l'Or est riche en ressources minérales et forestières. Son nom vient d'ailleurs de la raison initiale de sa colonisation: la volonté de trouver et d'exploiter de grands gisements d'or, comme on l'avait fait auparavant dans le nord de l'Ontario.

Cette région n'est pas riche que de ressources naturelles; la présence des Premières Nations et la diversité des origines de ses habitants en font une région véritablement interculturelle.

La proximité entre les résidences des gens et leur milieu de travail leur permet d'avoir un style de vie où ils jouissent de davantage de temps libre. Ils peuvent ainsi le consacrer à la vie culturelle, aux activités de plein air ainsi qu'à la chasse et la pêche.

Malgré sa singularité, la Vallée-de-l'Or est confrontée à des défis importants. L'industrie forestière est en difficulté depuis plusieurs années. L'industrie minière, qui s'est déjà mieux portée, est tributaire du cours des métaux. Qui plus est, les ressources minérales n'étant pas renouvelables, la nécessité de diversifier l'économie se fait sentir.

Il faudra donc innover et établir un terreau fertile aux changements nécessaires dont la région a besoin pour assurer sa vigueur économique.

Fibre entrepreneuriale

Un ingrédient essentiel permettant d'établir un écosystème favorisant l'innovation est évidemment l'entrepreneuriat. Les représentants des chambres de commerce locales comme ceux du milieu communautaire en parlent sérieusement, partout dans la région. Le Carrefour jeunesse emploi offre même un service de soutien aux jeunes désireux de démarrer leur entreprise.

L'intérêt porté à l'entrepreneuriat est tout à fait louable. Cependant, les encouragements seront, à eux seuls, insuffisants pour pousser les Abitibiens dans cette voie. Ce défi n'est pas propre à la région, mais est observé à l'échelle du Québec en entier. Il est connu et documenté.

Par exemple, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) publie chaque année un bulletin de la prospérité du Québec. Dans sa dernière édition, le Québec obtenait la note de D+ pour son intensité entrepreneuriale. En comparaison, dans le même rapport, l'Alberta obtenait la note de B+ et la Colombie-Britannique obtenait quant à elle la note de A.

Les Québécois manqueraient-ils d'esprit d'initiative? Absolument pas. L'entrepreneuriat repose sur l'initiative individuelle, certes, mais également sur des politiques publiques ne le décourageant pas.

Or, par exemple, au Québec, la taxe sur la masse salariale est plus élevée qu'ailleurs au Canada. Également, il en coûte plus cher pour se conformer aux différentes règlementations, notamment en ce qui a trait aux lois du travail. Le taux d'imposition des particuliers est parmi les plus élevés en Amérique du Nord. Ce portrait d'ensemble décourage l'initiative individuelle.

Espérons que des politiques publiques permettant une plus grande vitalité entrepreneuriale seront mises en place, au cours des prochaines années. La Vallée-de-l'Or en aura besoin, comme d'autres régions au Québec.

Un avenir prometteur

Malgré cela, la Vallé-de-l'Or est bien positionnée pour assurer son développement présent et futur.

D'une part, elle demeurera assurément une capitale minière au Québec. L'expertise de sa main-d'œuvre ainsi que son positionnement géographique lui permettront de tirer profit du Plan Nord québécois, ce dernier reprenant lentement mais sûrement du poil de la bête.

D'autre part, les compétences en matière de ressources naturelles pourraient être exportées à l'international. C'est ce que font déjà des sociétés comme ASDR et Meglab, notamment. Ces dernières ont une présence internationale forte tout en ayant leur siège social en Abitibi. D'autres entreprises pourraient suivre un modèle semblable, dans leurs créneaux respectifs.

Également, la région peut compter sur l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), un pilier important de formation et de recherche.

Finalement, ces éléments ont de quoi nous permettre d'envisager l'avenir avec optimisme. La Vallée-de-l'Or est une région fière, pleine de potentiel et qui mérite qu'on libère ses forces créatrices.

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