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02/06/2016 10:03 EDT | Actualisé 03/06/2017 05:12 EDT

Derrière les apparences

L'Union des producteurs agricoles s'est récemment prononcée contre le projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) s'est récemment prononcée contre le projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada.

Selon le mémoire qu'a fait paraître l'UPA, le projet serait incohérent avec la lutte aux changements climatiques que le Québec souhaite mener. Le document mentionne également que le pipeline «représente (...) une nouvelle infrastructure alors que d'autres modes de transport [de pétrole] existent déjà et demeureront en place.»

Concernant les intérêts de ses membres, l'Union prétend que le passage de l'oléoduc exposerait les producteurs agricoles et forestiers à un stress important, notamment en raison des travaux de construction ainsi qu'aux risques associés à la présence d'une infrastructure énergétique sur leurs terres.

Également, elle affirme que le projet engendrerait des pertes économiques pour les producteurs. Ces derniers pourraient observer une «certaine dépréciation» de la valeur de leur propriété. De plus, la présence de l'infrastructure pourrait engendrer des pertes de temps dues à la demande de certaines autorisations et ainsi ralentir leurs activités économiques.

Or, bien que TransCanada se serait sans doute passé d'une telle sortie, cela ne devrait pas l'empêcher de s'entendre avec les producteurs sur des modalités de passage de l'oléoduc sur des terres agricoles et forestières au Québec.

Intérêts vs positionnement

Dans la sortie de l'UPA s'entrecroisent deux éléments distincts:

1. Un positionnement; et

2. L'expression d'intérêts singuliers.

Les deux ne sauraient se confondre.

Pour TransCanada, négocier autour du positionnement de l'UPA serait fortuit. En effet, si vous voulez vous faire facilement ennemi de quelqu'un, dites-lui qu'il a tort!

Il existe de très bons arguments pour justifier l'existence d'Énergie Est, l'utilisation du pipeline comme moyen de transport de pétrole plutôt que le train ou encore l'exploitation responsable des sables bitumineux dans un contexte de réduction des gaz à effet de serre. Toutefois, il ne servirait à rien de les répéter ad nauseam à l'UPA en pensant les faire changer d'idée.

C'est plutôt aux intérêts des producteurs agricoles et forestiers que TransCanada doit s'adresser si elle souhaite mener son projet au stade de réalisation. Car derrière deux positions divergentes peuvent se cacher des intérêts compatibles, voire partagés . Donnons un exemple concret.

Intérêts agricoles

En ce qui concerne la sécurité et l'intégrité des réseaux pipeliniers, l'UPA demande que TransCanada fournisse les informations nécessaires pour que les producteurs agricoles et forestiers comprennent les risques auxquels leur propriété est soumise ainsi que les mesures qui seront mises de l'avant pour atténuer et compenser les impacts négatifs en l'occurrence de ces risques.

Également, elle demande que la conduite soit enfouie à une profondeur de 1,6 m. Cette demande ne semble pas exagérée compte tenu du fait que c'est exactement la profondeur à laquelle été enfoui le pipeline St-Laurent, en fonction depuis 2012, et qui relie la raffinerie Jean-Gaulin au terminal de Montréal-Est. Si TransCanada ne souhaite pas enfouir son oléoduc à cette profondeur, elle devrait à tout le moins expliquer pourquoi, preuves à l'appui.

Terrain commun

N’empêche, acquiescer à ces demandes démontrerait la responsabilité de l’entreprise en matière de santé et de sécurité des personnes ainsi que l’accès au savoir pour les parties prenantes.

Qui plus est, il devrait aller de soi pour TransCanada que d’accepter de payer de pleines compensations, tant pour compenser le stress vécu par les producteurs que les pertes économiques.

Tous les éléments mentionnés ci-haut ont à trait aux principes de développement durable. Ces derniers étant évalués par les différentes instances gouvernementales, notamment le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), TransCanada a intérêt à les respecter et les mettre en œuvre.

C'est également une piste pour en arriver à une entente à gain mutuel avec l'UPA.

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