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07/12/2016 08:22 EST | Actualisé 07/12/2016 08:22 EST

À la défense de la mondialisation

Le Québec a tout intérêt à prendre exemple sur le Pérou, Israël, le Maroc ou encore la Suède plutôt que d'être tenté par un repli protectionniste qui nuirait à son développement.

L'élection de Donald Trump donne bien des maux de tête aux analystes politiques qui tentent, depuis plusieurs semaines, de comprendre comment un pareil phénomène a pu se produire, en particulier dans un contexte où celui-ci a échappé aux prévisions des sondages.

Ne soyons pas naïfs, cet événement aura aussi une incidence ailleurs dans le monde, notamment sur la scène politique québécoise, car il sera tentant pour des politiciens d'ici d'user de la même tactique que le nouveau président des États-Unis pour s'attirer la faveur populaire, soit la mise de l'avant d'une critique radicale de la mondialisation.

Or, un rejet sans équivoque de cette dernière serait néfaste pour le Québec, car celui-ci gagne à avoir une présence internationale forte, en particulier sur le plan économique.

Avantages économiques

La mondialisation est un « processus d'intégration des marchés qui résulte de la libéralisation des échanges, de l'expansion de la concurrence et des retombées des technologies de l'information et de la communication à l'échelle planétaire. »

Elle comporte de nombreux avantages économiques. D'abord, elle augmente la qualité de vie des personnes en permettant aux individus d'échanger librement des biens et des services. Ensuite, elle améliore l'efficacité économique globale en accentuant ce qu'Adam Smith appelait, dans son œuvre La richesse des nations, la « division du travail », soit la spécialisation des travailleurs. Finalement, elle fait progresser le savoir permettant l'innovation par un accès plus grand aux connaissances et à l'information.

À travers le monde

De nombreux pays - sur tous les continents - ont compris qu'il était possible de tirer leur épingle du jeu dans un contexte de mondialisation tout en préservant et valorisant leur culture et leur identité. C'est notamment le cas du Pérou et d'Israël.

L'économie du Pérou est en croissance fulgurante, et ce, depuis le début des années 2000, leur PIB passant de 50,98 milliards de dollars en 2000 à 192,08 milliards en 2015. Cet accroissement est notamment dû à l'augmentation de la production dans le secteur des pêches et du secteur minier ; deux importants piliers de l'économie péruvienne jouissant des échanges possibles avec d'autres pays. La bonne santé économique du Pérou lui a permis, malgré une augmentation de sa population, de diminuer le ratio de sa population pauvre de 58.7% en 2004 à 21.8% en 2015. Il est à noter que d'autres de ses indices de développement s'améliorent, notamment l'espérance de vie des Péruviens qui augmente quant à elle de manière stable.

Israël tire également son épingle du jeu dans un contexte de mondialisation. Non seulement son économie se porte très bien, mais elle peut compter sur une culture de l'innovation et de l'entrepreneuriat qui n'a pas fini de la propulser à l'avant-garde du développement technologique. Par personne, Israël a le taux d'investissement en recherche et développement ainsi que le taux d'investissement en capital de risque le plus élevé au monde. Cela n'aurait pu advenir sans l'implication des universités israéliennes, notamment celles à vocations technique et économique comme l'université Technion, principale école d'ingénierie du pays. Les produits israéliens sont vendus partout au monde et permettent à ce pays de s'enrichir comme il ne l'aurait pu sans s'ouvrir au commerce mondialisé. Il s'agit d'un bilan tout à fait spectaculaire compte tenu du fait qu'Israël est un pays relativement jeune et dont la population n'atteint même pas les 10 millions d'habitants.

Qui plus est, on ne saurait dire que les cultures de ces pays s'effacent, tout comme celles d'autres pays tirant eux aussi profit de la mondialisation comme le Maroc ou la Suède.

Tirer profit de la mondialisation

Le Québec a donc tout intérêt à prendre exemple sur ces pays plutôt que d'être tenté par un repli protectionniste qui nuirait à son développement.

Évidemment, on ne saurait balayer du revers de la main les défis que la mondialisation pose, notamment en matière de délocalisation des entreprises, de protection de l'environnement et d'immigration. Il faut agir pour atténuer ses effets négatifs. Il est à noter, toutefois, que le Québec dispose de leviers de pouvoirs politiques, juridiques et financiers lui permettant d'agir dès maintenant sur les différents problèmes concernant les thèmes susmentionnés.

En somme, un rejet absolu de la mondialisation ne revient à d'autres choses que de jeter le bébé avec l'eau du bain. C'est une posture philosophique inepte qu'il ne faut pas manquer de critiquer.

Les Québécois sont capables de porter leur identité, de concurrencer avec les meilleurs sur la scène internationale et de s'enrichir. Espérons qu'ils se feront assez confiance pour sanctionner les politiciens qui seront tentés de les convaincre du contraire.

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