LES BLOGUES
10/05/2018 09:00 EDT | Actualisé 10/05/2018 09:00 EDT

Changements climatiques: achetez maintenant, payez plus tard…

Si nous n’agissons pas rapidement en demandant des actions rapides et musclées en matière de transition énergétique, nous recevrons une facture dont nous n’aurons pas les moyens de payer.

taeya18 via Getty Images

Achetez maintenant et payez plus tard, voici à peu de chose près le modèle économique dans lequel nous sommes actuellement. Nous achetons des produits qui sont moins chers à l'achat, mais qui à long terme nous cachent une facture colossale. Si l'Office de protection du consommateur nous met en garde contre cette astuce commerciale pour des meubles ou des piscines, nous devrions être tout aussi avisés en matière énergétique.

Les événements climatiques extrêmes comme la tempête de vendredi soir dernier, les inondations du printemps 2017, l'érosion des berges de la Côte-Nord et de la Gaspésie et les épisodes de verglas de plus en plus fréquents sont des manifestations du phénomène de réchauffement climatique. Au Québec, on nous explique que 43% des GES proviennent du transport et des produits pétroliers qui y sont associés. De fait, près de 90 % de l'ensemble des GES émis proviennent de la consommation des produits pétroliers.

Scientifiques et financiers nous préviennent : si nous n'agissons pas rapidement, les coûts des changements climatiques ne cesseront d'augmenter au point de bouleverser notre économie. Septiques ? Les décideurs économiques consultés pour dresser le Global Risk report 2018 du Forum économique mondial de Davos ont clairement identifié les changements climatiques comme étant la principale menace à l'économie mondiale en termes d'impact et de probabilité.

Le consortium québécois Ouranos sur la climatologie régionale et l'adaptation aux changements climatiques estime pour sa part que les coûts cumulatifs des impacts de la chaleur sur la santé pourraient atteindre d'ici les cinquante prochaines années 33 milliards $ pour l'ensemble de la société québécoise.

Une hausse des températures effarante...

Les changements climatiques au Québec ont des conséquences majeures sur les températures annuelles moyennes : elles ont augmenté de 1°C à 3°C entre 1950 et 2011. À ce rythme, une hausse des températures allant de 2°C à 4°C en 2050 et de 4°C à 7°C (5°C à 10°C au nord) est appréhendée par Ouranos.

D'ici 2064, les frais qui seront reliés à la montée des températures sont estimés à 372 millions $ pour les impacts liés à la chaleur, 61 millions $ pour la maladie de Lyme, 35 millions $ pour le virus du Nil occidental, 64 millions $ pour la fonte du pergélisol et 359 millions $ pour les allergies causées par les pollens. À ces sommes exorbitantes, s'ajoutent aussi les conséquences sociales et économiques, dont des décès causés par l'augmentation des températures, estimés à plus de 20 000 au cours des cinquante prochaines années.

À ces sommes exorbitantes, s'ajoutent aussi les conséquences sociales et économiques, dont des décès causés par l'augmentation des températures, estimés à plus de 20 000 au cours des cinquante prochaines années.

Une frontière canadienne de plus en plus sollicitée

Cette montée des températures occasionnera une montée du niveau des océans à l'échelle planétaire. Selon la Banque mondiale, 143 millions d'humains deviendront des migrants climatiques d'ici 2050, ils pourraient être 2 milliards d'ici 2100 selon une étude réalisée par Charles Geisler de l'université Cornell. New York, Boston, Washington, Miami, Houston, Seattle seront toutes massivement touchées à plus ou moins brève échéance selon l'agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

Dans de telles circonstances, l'afflux de demandeurs d'asile à la frontière canadienne, vécu depuis l'été dernier, ne serait qu'un timide prélude à la crise humanitaire à venir : il faut en être conscient.

Les énergies renouvelables doivent remplacer les produits pétroliers

La lutte au réchauffement climatique et la réduction des GES passent par une réduction massive de notre consommation de produits pétroliers. Des Nations Unies au Forum économique mondial, de la Banque Mondiale à la Banque d'Angleterre, du plus grand producteur mondial de pétrole (l'Arabie Saoudite) au plus grand consommateur de produits pétroliers (la US Navy), la quasi-totalité de l'humanité s'entend pour dire que la transition vers les énergies renouvelables est la voie à suivre.

Si nous n'agissons pas rapidement en demandant des actions rapides et musclées en matière de transition énergétique, d'investissement en efficacité énergétique et en énergies renouvelables, nous recevrons une facture dont nous n'aurons pas les moyens de payer. Nous aurons des choix encore plus déchirants à faire. Compte tenu de l'état de nos finances publiques, des taxes et des impôts que nous payons déjà, en avons-nous vraiment besoin ?

Consulter le simulateur de montée des eaux.