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28/12/2017 09:00 EST | Actualisé 28/12/2017 09:00 EST

«Star Wars Les derniers Jedi»: un lassant retour aux premiers jours!

La nouvelle génération d'adolescents qui découvre la saga Star Wars risque de trouver Les derniers Jedi particulièrement ringard malgré une finale époustouflante !

L'actrice Daisy Ridley.
Hannah Mckay / Reuters
L'actrice Daisy Ridley.

Depuis la sortie en salle de ce dernier opus, une « guerre » fait rage chez les aficionados de la série Star Wars. Si la critique professionnelle ne tarit pas d'éloges, le public demeure extrêmement polarisé. Comme moi, les mécontents sont légion !

La nouvelle génération d'adolescents qui découvre la saga Star Wars risque de trouver Les derniers Jedi particulièrement ringard malgré une finale époustouflante !

Je suis un fan de la série Star Wars, j'ai vu plus de six fois chaque épisode et l'intégralité des très bonnes séries animées pour les plus jeunes d'entre nous : The Clone Wars et Star Wars Rebels. Et là, pour la première fois, l'inimaginable a failli se produire : au bout d'une heure trente de film, l'idée de quitter la salle pour ne plus avoir à supporter « ça » m'a très solidement traversé l'esprit !

Ma réaction s'explique par ce qui précède...

La première trilogie de 1977 à 1983 (épisodes IV-V-VI) est celle qui nous a accrochés, celle qui nous a fait rêver, qui nous a pour la première fois fait véritablement voyager dans l'espace, fait découvrir plusieurs mondes en compagnie d'une équipe de héros où l'humour régnait et l'alchimie entre eux opérait ! Action, blagues et commentaires philosophiques légers s'entremêlaient ! C'était génial ! Ce combat épique et plein d'imagination entre le bien (incarné par les chevaliers Jedi) et le mal (les seigneurs Sith) était tripant !

La deuxième trilogie de 1999 à 2005 (épisodes I-II-III) avait assez mal commencé avec un premier épisode trop long au contenu assez creux... Celles et ceux qui l'ont vu se rappellent sûrement de la course interminable de protojets avec Anakin alors enfant. Mais, globalement, l'ensemble était plutôt complexe, nous avions assisté à une orgie de nouveaux mondes fabuleux, une multiplication de personnages et de créatures incroyables, à une prolifération de complots, de trahisons et de méchants, le tout saupoudré d'une histoire d'amour impossible ! La technologie cinématographique était au rendez-vous. Le réalisateur et père de la saga Georges Lucas de retour aux manettes nous offrait un feu d'artifice visuel ! Le plus gros frein à ma joie portait le nom de l'acteur Hayden Christensen qui avait grand mal à porter sur ses épaules le charisme et la complexité du gentil Anakin se transformant en terrible Vador...

La série Star Wars aurait dû s'arrêter là, l'Empire était vaincu !

Et puis, Lucas a vendu la licence Star Wars à Disney au moment opportun, lui-même déclarant que l'épisode VI marquait la fin réelle de la série. Et, comme l'écrivait le poète Nicolas de Chamfort, s'il n'y a en a pas pour le cœur, « il y a des redites pour l'oreille et pour l'esprit » !

La troisième trilogie de 2015 à 2019 (épisodes VII-VIII-IX) devait être la trilogie du renouveau, une nouveauté principalement incarnée par deux personnages : Rey la future Jedi et Finn le stormtrooper du Premier Ordre (qui n'a de nouveau que le nom) qui décide de rejoindre la résistance.

Leur principal adversaire est incarné par Kylo Ren, une copie presque conforme du personnage de Vador avec les mêmes tiraillements psychologiques et presque les mêmes intentions...

Cette trilogie avait commencé avec un premier épisode tout à fait respectable, malgré, justement, des redites de taille : encore une fois une bataille contre un empire tyrannique, l'apparition d'une nouvelle Étoile noire et un nouveau conflit père / fils au sein de la même famille !

Et, enfin, « Les derniers Jedi » !

Si ce n'est l'escapade – très médiocre tant au niveau visuel qu'au niveau de la scénarisation – de Finn avec une autre sympathisante à la cause rebelle sur une planète de style casino, le scénario est d'une extrême linéarité « spatio-temporelle » comparé aux épisodes précédents : très peu de nouvelles planètes, très peu de nouvelles créatures, et aucune nouvelle intrigue en parallèle. Les thèmes développés dans cette nouvelle trilogie sont quasiment les mêmes que dans les précédentes, mais traités avec moins de panache !

Les thèmes développés dans cette nouvelle trilogie sont quasiment les mêmes que dans les précédentes, mais traités avec moins de panache !

Les méchants quant à eux sont littéralement oblitérés par le mélodrame pseudo amoureux des deux principaux antagonistes (Rey et Kylo Ren) : Le suprême méchant Snoke (dont nous n'apprendrons rien de plus sur ses origines) n'apparaitra que dans une scène d'une quinzaine de minutes et l'insignifiant Général Hux dont l'incompétence ne fera rire que les petits enfants n'intéressera personne...

Le réalisateur Rian Johnson a décidé de faire un film minimaliste, voire intimiste. Certainement une des principales raisons pour lesquelles le film a dû tant plaire à la critique dite professionnelle. Malheureusement, ceci ne rend pas hommage à l'imagination et au travail de George Lucas et surtout ne répond pas à ce que nous pourrions attendre d'un véritable Star Wars : nous faire rêver ! Nous connaissons la folie des grandeurs de Lucas et nous savons que ce dernier était limité par son budget et par la technologie de l'époque pour sa première trilogie, ce qui n'est vraiment pas le cas de Johnson qui a fait un choix artistique totalement injustifiable !

Presque la moitié du film se déroule sur une île sur laquelle nous aurions pu passer nos vacances s'il n'y avait pas eu dessus deux ou trois nouvelles créatures extraterrestres sans caractère ou presque.

Même si les tergiversations de Luke se demandant s'il doit sortir ou non de son isolement pour suivre Rey et rejoindre la résistance sont aussi pertinentes que nécessaires, ces dernières finissent (après plus d'une heure) par nous assommer !

Cet épisode ne semble avoir qu'une seule vocation : assurer la transition vers quatre prochains épisodes chèrement achetés par Disney.

Impossible toutefois de bouder mon plaisir dans les trente dernières minutes surprenantes et visuellement éblouissantes du film. Mais celles-ci vous feront-elles oublier le reste du film, ennuyeux ? Cet épisode ne semble avoir qu'une seule vocation : assurer la transition vers quatre prochains épisodes chèrement achetés par Disney.

La forte audience des premiers jours n'a absolument rien d'étonnant et n'est certainement pas un gage de qualité : aucun autre blockbuster de ce genre et de cette envergure n'est proposé en salle en ce moment !

Si certaines critiques sont dithyrambiques (souvent plus intelligentes et plus profondes que le film lui-même), le public ne semble pas être dupe : d'après le célèbre site Rotten Tomatoes consacré au cinéma, seulement 52% de l'audience a apprécié le film, le plus bas pourcentage de personnes satisfaites jamais enregistré par le site parmi les épisodes Star Wars !

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