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25/02/2013 02:18 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT

Le courage des vandales

Radio-Canada

Il y a plusieurs façons d'exprimer son point de vue, en démocratie.

Des prises de parole, des manifs, des pétitions, des candidatures. On peut même, si on croit vraiment à une cause, se placer en situation de désobéissance civile et accepter de risquer une arrestation pour faire entendre sa voix.

Dans toutes ces méthodes, il y a un dénominateur commun: avoir le courage de se présenter, à visage découvert, pour prendre sa place dans le débat. On persiste et on signe.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des vandales ont fracassé des vitres des bureaux de mes collègues Pierre Duchesne, Léo Bureau-Blouin et du mien. Le geste est à la fois lâche et dérisoire.

Lâche, car les auteurs n'ont pas eu le cran d'assumer leur acte, leur position, leur conviction, si tant est qu'ils en aient.

Dérisoire, car s'il s'agit de soutenir le mouvement étudiant, cela lui nuit, évidemment. S'il s'agit d'influencer les décisions gouvernementales, cela n'a aucun impact. Les seuls bénéficiaires sont les vitriers. Les seules victimes: les contribuables qui paieront pour les réparations et les citoyens dans le besoin qui n'ont pas eu accès, pendant quelques heures, aux services de soutien offert par les bureaux de leurs députés.

Aujourd'hui, leur pitoyable forfait est dans les journaux, pour quelques brèves heures de vie médiatique. Il faudrait être un peu fêlé pour s'en enorgueillir. Et devoir un jour répondre ainsi à la question de son enfant.

«Qu'as-tu fait, papa, pour avoir une société plus juste?»

«J'ai cassé des vitres la nuit, sans que personne ne me voie.»

«C'est pas un peu loser ça, papa?»

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