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23/12/2015 02:30 EST | Actualisé 23/12/2016 05:12 EST

L'importance de moderniser notre combat contre ÉI

Le Canada doit s'impliquer au sein de la coalition qui est en train de prendre forme et qui, même avec la Russie, cherche à mettre un terme aux actions terroristes de l'État islamique.

Quand on aime l'histoire et qu'on la connaît un peu, il n'est pas difficile de se rendre compte qu'elle se répète souvent. Aujourd'hui je me sens frustré et insatisfait de voir que nos gouvernements continuent d'utiliser les mêmes formules tout en ayant des exemples concrets de leur inefficacité, mais surtout de voir que le seul cycle dans lequel on revient perpétuellement est celui de la violence. Le sang pour le sang. Alors que nous possédons la capacité et l'obligation de se moderniser.

Les attentats de Paris (en janvier, puis en novembre dernier), les attentats d'Ottawa ou même les plus récents attentats aux États-Unis sont les preuves que le groupe armé Etat islamique n'entend pas s'arrêter là. Quand c'est rendu dans ta cour, que faut-il de plus pour agir intelligemment ?

Déjà, dans une tribune parue en janvier dernier, j'avais dénoncé l'immobilisme politique dans lequel nous nous trouvons. Après mon élection en tant que député NPD de Repentigny, c'est un constat que j'ai fait assez tôt. Pour être honnête, j'aurais dû devenir indépendant le premier jour où j'ai mis les pieds à la Chambre des communes, mais les déclics sont venus plus tard. En rencontrant nos anciens combattants atteints de syndromes post-traumatiques, ou en étant témoin de l'attaque du parlement à Ottawa par le jeune Michael Zeheaf-Bibeau, pour ne citer que deux exemples.

Aujourd'hui je ne suis plus député, mais la frustration n'en est pas moins grande, surtout à la vue des nombreux malheurs qui nous frappent depuis des mois et contre lesquels notre action est honteusement limitée si ce n'est inexistante.

Une autre façon de lutter contre le groupe État islamique

Il faudrait profondément manquer d'humilité pour critiquer tout ce qui se fait et prétendre avoir une solution parfaite, et ce n'est pas mon cas, mais je suis convaincu que nous pouvons trouver d'autres éléments de réponse autres que bombarder le QG syrien de l'État islamique à quelques reprises avant de se retirer, comme l'a annoncé Justin Trudeau dernièrement.

Lors de la guerre de Corée, des forces spéciales ont été montées. Avant mon élection, un comité spécial de défense nationale avait été créé pour l'Afghanistan. La même chose doit être faite, mais il faut même aller plus loin. Le Canada doit s'impliquer au sein de la coalition qui est en train de prendre forme et qui, même avec la Russie, cherche à mettre un terme aux actions terroristes du groupe armé État islamique.

Et créer une coalition mondiale si l'on veut être efficace, que cela soit fait en toute transparence, et surtout que la coalition soit mixte. Pourquoi ne pas utiliser les forces des Nations -nies, pour une fois que les Russes sont de notre côté?

Par ailleurs, si une offensive militaire semble inévitable, il existe d'autres moyens d'affaiblir l'organisation de l'État islamique. Nous avons l'intelligence et devons être créatifs. Ne serait-ce que sur le plan informatique. Anonymous possède une clé de la réponse, mais ils sont dans la dénonciation. Détruire des comptes Twitter qui auraient pu nous apporter un certain nombre d'informations, est-ce la meilleure décision? Les États-Unis possèdent un centre de cyber command dont ils ne se servent pas, le Canada n'en dispose même pas. Pourtant, un investissement dans ces armes informatiques pourraient nuire à une organisation terroristes bien plus que quelques bombes tant leur force réside dans ces télécommunications, ne serait-ce que dans leurs campagnes de recrutement ou de communication.

Quand il y a de la volonté politique, il est toujours possible d'agir. Ces idées ne sont que des réflexions personnelles faites après avoir passé plus de quatre années comme député et avoir été sur un comité de défense nationale, mais aussi auparavant auprès de militaires, pour avoir été un homme de terrain, ou d'agents du renseignement. À l'heure où j'écris ce texte, je n'ai que frustration, je sais que je partage cette frustration avec beaucoup d'autres citoyens, et je sais que je ne suis pas le seul. Une romancière très connue a un jour écrit: «la frustration fait bouger le monde». Il est temps. Temps de se moderniser, d'arrêter le cycle de la violence et d'investir dans notre futur.

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