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19/10/2016 08:09 EDT | Actualisé 19/10/2016 08:09 EDT

Le prix de la paix

L'investissement dans les infrastructures et dans la consolidation des institutions s'accompagnant d'une diminution progressive des dépenses militaires, ce sont dans les pays les plus pauvres que le déséquilibre entre dépenses militaires et dépenses publiques est le plus important.

Symbole fort et puissant s'il en est, la paix est malheureusement très inégalement répartie à l'échelle des continents, des territoires et des régions du monde. La guerre, elle, est très coûteuse en capital humain et financier, ruinant l'économie de certaines régions mises à feu et à sang au nom du profit. Alors, au lieu de vendre la guerre, pourquoi ne pas envisager vendre la paix? Cette dernière représente une puissance économique illimitée qui mérite qu'on s'y attarde, pour le bien de tous, mais pour le bien des citoyens et des communautés dans le besoin en premier.

À qui profitent les conflits armés?

Le marché de la guerre n'est qu'un aspect d'une dynamique globale où la violence fragilise nos économies. En 2015, l'impact de la violence sur l'économie mondiale en général représentait 13,6 trillions de dollars selon l'Institut économique pour la paix. On le sait trop bien, la guerre fait les choux gras des compagnies d'armement et profite à certains pays qui alimentent volontairement les conflits régionaux afin d'étendre leur influence outre-mer. Mais à quel prix? On sait que 80% des troubles politiques surviennent aujourd'hui dans des pays où la paix demeure précaire, fortement compromise par l'absence d'État de droit. Si la guerre fait l'affaire des uns, la paix représente pour sa part une source de rentabilité profitable à tous, garantissant la stabilité à long terme d'une nation. Il faut puiser dans les éléments directement liés à la paix pour comprendre comment cette dernière se construit et s'établit.

Dans sa plus récente étude, le Positive peace report identifie huit éléments associés à un climat de paix favorable à la stabilité économique. Cinq d'entre eux méritent d'être soulignés, car ils permettent l'autonomie à long terme d'un pays (la distribution équitable des ressources, la libre circulation de l'information, le développement du capital humain, le respect des droits et devoirs de chacun et la réduction du niveau de corruption). Ce sont ces différents éléments associés à la paix qui contribuent à maintenir à flot l'économie d'un pays, assurant la libre circulation des biens et permettant d'accroître le rendement.

Le coût de la guerre est inversement proportionnel aux bénéfices qu'entraîne la pacification d'une région.

La paix, une affaire rentable et profitable pour tous

Chaque année, le Global Peace Index recense l'évolution de la paix partout dans le monde, mesurant les conséquences économiques de la violence à la lumière des troubles politiques qui agitent un pays. Des données quantitatives illustrent comment la violence décline à certains endroits, tandis qu'elle se maintient ou augmente ailleurs. L'index montre aussi les conséquences économiques que cela implique pour les habitants d'un pays. Au Sierra Leone en 2010, par exemple, l'Institut économique pour la paix estimait, en page 8 de son document sur les impacts économiques de la violence, que le PIB par habitant était de 31% inférieur à ce qu'il serait en l'absence de conflits.

Le coût de la guerre est inversement proportionnel aux bénéfices qu'entraîne la pacification d'une région. L'investissement dans les infrastructures et dans la consolidation des institutions s'accompagnant d'une diminution progressive des dépenses militaires, ce sont dans les pays les plus pauvres que le déséquilibre entre dépenses militaires et dépenses publiques est le plus important. Cela crée alors un fossé grandissant entre l'État et ses citoyens.

Le soutien pour la paix

Azøth est très sensible aux enjeux et conséquences économiques liés à la paix et recevait récemment le mandat pour une mission de renforcement des capacités civiles et publiques en Côte d'Ivoire. Forte d'années d'innovations dans le domaine de la sécurité, d'un travail de proximité entre les autorités et les citoyens, la Côte d'Ivoire s'est taillé une fière place dans le concert des nations africaines dans le cadre de la Réforme du Secteur de la Sécurité. Même s'il reste beaucoup à faire, l'exemple ivoirien montre comment le travail de la sécurité peut se conjuguer au renforcement de la paix pour le bénéfice de tous. Le pays connaît d'ailleurs une croissance économique significative depuis la fin de la guerre civile en 2011. C'est dans cette optique qu'Azøth souhaite apporter sa contribution ainsi que son soutien.

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