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26/03/2015 01:56 EDT | Actualisé 26/05/2015 05:12 EDT

Moi, le gras dur de la société

J'ai travaillé 31 ans comme préposé aux bénéficiaires pour le réseau de la santé. À 53 ans, n'en pouvant plus physiquement ni moralement, j'ai décidé de démissionner. Ce ne fut pas l'idée du siècle en passant, mais je dois vivre avec et tout tenter afin de me trouver un nouvel emploi... à l'âge de 53 ans. «Mais pourquoi, Jean, tu n'as pas droit à ta «grosse» pension?», me demande-t-on souvent. Non, car je n'ai pas 55 ans et parce que je n'ai pas accumulé (encore) assez d'années de service, combinées à mon âge, afin de retirer le maximum qui équivaut à 70% de mon salaire. Pourcentage que je n'atteindrai jamais, car je n'ai pas travaillé assez longtemps aux yeux de mon employeur, le gouvernement. Voilà donc que moi, qualifié de fonctionnaire, gras dur, je suis à la recherche d'un job.

Thierry Vandal, lui n'aura fait que 10 ans comme grand patron d'Hydro-Québec et retirera, l'an prochain, à 55 ans un montant de plus de 450 000 $ par année pour le reste de sa vie. Montant qui est bien évidemment indexé et augmentera au fil des ans. J'entends déjà notre premier ministre défendant ce qu'il qualifiera de contrat dument négocié entre le gestionnaire et le gouvernement. Il dira sans doute aussi que l'État n'a pas le choix d'offrir de telles conditions pour attirer les «meilleurs».

Soit. Mais il devrait aussi défendre mon contrat. Semblable à celui des 550 000 autres fonctionnaires, «gras durs» de la société, mon contrat à lui aussi été négocié et signé par le gouvernement, mais il ne comporte aucune clause salariale ou autres afin d'attirer les meilleurs comme c'est le cas du haut fonctionnariat québécois. C'est bizarre que dans notre cas, Philippe Couillard et ses acolytes mentionnent toujours la capacité de payer des citoyens. Jamais ils n'en parlent pour les Thierry Vandal de ce monde. Dans le domaine de la santé par exemple, il n'existe aucune forme de rétention ou d'attrait financier particulier pour les employés de terrain. La situation est bien évidemment différente pour le personnel-cadre du réseau.

Alors, selon vous, qui est le gras dur de la société ? Moi ou Thierry Vandal ? Que dire aussi des généreuses primes de séparation que se sont votées nos élus ? On démissionne en cours de mandat ? Aucun problème. Les dollars pleuvent ! Vous qui avez travaillé 30 ans à l'usine, aurez-vous droit à une telle prime ?

Il semble qu'en plus de la médecine à deux vitesses nous ayons aussi, sous la gouverne de Philippe Couillard, l'austérité à deux vitesses.

Un gras dur

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