BIEN-ÊTRE
20/01/2019 11:22 EST | Actualisé 22/01/2019 13:00 EST

J’ai rangé ma garde-robe comme Marie Kondo, voici ce que cela m’a apporté

Vous dire que je n'ai plus beaucoup de vêtements revient à entendre Raiponce se plaindre de ne plus avoir beaucoup de cheveux après s'être fait couper les pointes.

Comme ma première tentative d'utiliser les méthodes de Kon-Mari avait échoué, j'ai demandé à une amie de m'aider.

Ma mère et ma grand-mère racontent que le premier mot que j'aie jamais lu, c'est "Macy's". Je venais d'avoir deux ans et je l'ai lu sur le sac de courses de quelqu'un au centre commercial du même nom, dans le New Jersey. Nous y passions la plupart de nos samedis d'hiver quand j'étais petite. Ma grand-mère paternelle a tenu une boutique de vêtements près de chez elle à Brooklyn pendant des années. Mes parents se sont mis ensemble grâce à leurs mères, parce qu'ils n'arrêtaient pas de se rencontrer... Où ça? Vous l'aurez deviné: au magasin de vêtements en gros où ils faisaient des emplettes chaque saison. L'une de mes grand-mères s'y fournissait pour sa boutique, l'autre pour elle-même (sans doute tout aussi abondamment).

On peut dire que j'ai le shopping dans le sang. Au fond, acheter des vêtements, s'habiller et entasser des tas de choses, c'est un peu ce qui nous lie, ma mère, ma grand-mère et moi. Trois femmes de trois générations, chacune ayant sa vision du monde, mais quand il s'agit d'aller faire du shopping, nous tombons toujours d'accord. Ma mère m'a appris à repérer les bonnes affaires, ma grand-mère, à m'habiller. Je l'ai emmenée à un défilé, je l'ai laissée composer mes tenues pour des raisons professionnelles, mais surtout, j'ai toujours considéré le shopping comme un moment de plaisir et de détente.

Mon studio new-yorkais, d'une superficie raisonnable mais pas gigantesque, reflète la façon dont j'ai été élevée. Quand je suis entrée pour la première fois dans ce qui allait devenir mon chez-moi, j'ai mis une option dessus rien que pour la penderie: un magnifique espace de rangement aménagé par le précédent propriétaire. J'avais déjà des tas d'affaires, et c'était le premier appartement qui était à la fois dans mon budget et assez grand pour contenir tout ce que je possédais.

C'était il y a cinq ans, une époque où j'étais moins souvent à découvert, où j'avais beaucoup moins de sacs fourre-tout inutilisés, et où ma penderie était beaucoup moins encombrée. Un jour, j'ai regardé cet espace qui m'avait fait rêver et qui était devenu mon cauchemar, et j'ai compris qu'il fallait que je change mes habitudes.

Je connais Marie Kondo depuis 2014, l'année où toutes les femmes de mon âge (et leurs mères) se sont mises à lire son best-seller, La magie du rangement, et à se demander si leurs possessions leur apportaient de la joie. Je me l'étais demandé moi-même, il y a longtemps, et j'avais vite constaté que tout, y compris les chaussettes dépareillées (la deuxième réapparaîtra à la prochaine lessive!) me procurait effectivement une certaine forme de joie. J'ai vite abandonné mon projet de tri.

Quatre ans après la sortie de son premier livre, la nouvelle émission de Marie Kondo sur Netflix, "La Magie du rangement avec Marie Kondo" la voit mettre en application les principes de son art du rangement, en insistant sur l'idée que l'encombrement et le désordre sont un facteur de stress, alors qu'une approche minimaliste finit par rendre notre vie plus heureuse et épanouissante. Des recherches ont mis en évidence ce lien entre désordre et stress, tout comme les effets positifs sur la santé d'une maison bien rangée. Selon le magazine Psychology Today, une étude datant de 2010 démontre que les femmes qui vivent dans une maison encombrée présentent des taux de cortisol (l'hormone du stress) plus élevés que les autres.

La série de Netflix suit Marie Kondo dans des foyers américains plus ou moins désordonnés. De son ton apaisant, elle partage ses sages conseils et ses techniques pour plier les vêtements avec des couples ou des familles à qui elle espère apporter ainsi davantage de joie de vivre. Dans un des épisodes, des conjoints réapprennent à s'apprécier sans que le désordre s'interpose entre eux. Dans un autre, des parents dont les enfants ont quitté le domicile familial se réapproprient leur chez-eux.

Mon regain de motivation pour le rangement n'est peut-être pas seulement lié au fait que l'émission est un délice, mais aussi avec la décision que j'ai prise récemment de faire de mon appartement un endroit où j'ai envie de passer du temps. Cela paraît évident mais, désordonnée et anxieuse comme je suis, il m'a fallu l'aide d'un thérapeute pour m'apercevoir à quel point il peut être stressant de rentrer chez soi quand on vit dans un capharnaüm (j'ai déjà fait des progrès: j'ai demandé un aspirateur pour Noël).

Mais la penderie encombrée, qui était devenue la première chose à laquelle je pensais le matin (je dois la traverser pour atteindre la salle de bains) et la dernière chose à laquelle je pensais le soir, me pesait depuis longtemps sur la conscience, comme la pile de vêtements à envoyer au nettoyage à sec qui végétait sur une de mes étagères.

Comme ma première tentative d'utiliser les méthodes de Kon-Mari avait échoué, j'ai demandé à une amie de m'aider, ce que je recommande à toutes celles qui se lancent dans cette aventure sans bénéficier des conseils de la spécialiste elle-même. Dans l'idéal, il faudrait choisir une personne qui vit de façon plus minimaliste que vous et n'est pas aussi attachée que vous à cette tunique que vous avez portée en 2009 au festival de musique de Bonnaroo.

Nous ne nous sommes pas vraiment demandé si chaque vêtement que nous sortions de la penderie me procurait de la joie. Nous avons choisi d'autres critères. A chaque fois, mon amie me demandait: "Tu aimes bien porter ça? Tu te sens sexy là-dedans?" Souvent, je répondais non. Je me sentais coupable d'écarter des robes que ma grand-mère m'avait achetées, ou des T-shirts que ma mère m'avait ramenés de ses voyages dans tout le pays (Maman, si tu lis ça, je suis vraiment désolée) et des choses que j'avais payées très cher parce que je pensais les aimer pour la vie alors qu'en réalité je ne les portais plus depuis longtemps.

Finalement, j'ai éliminé environ 70% de ma garde-robe, y compris les chaussures. Soyons clairs, vous dire que je n'ai plus beaucoup de vêtements équivaudrait à entendre l'amie à la chevelure de Raiponce se plaindre de ne plus avoir beaucoup de cheveux après s'être fait couper les pointes. Malgré tout, j'ai maintenant un tiroir entièrement vide et encore beaucoup de place sur quelques étagères. Je vois tout ce qu'il y a dans ma penderie. Il y a des cintres en rab' sur une des étagères, en cas de besoin, et j'ai retrouvé l'un de mes soutiens-gorge préférés, que je croyais perdu, sur le dessus de mon tiroir à sous-vêtements.

Voyez-vous la robe qui a maintenant une maison?

Bien sûr, mon premier réflexe après avoir vidé ma penderie a été de la remplir à nouveau. Qu'allais-je bien pouvoir faire de tout cet espace? Mais j'ai cessé d'y penser en me rendant compte à quel point la vue de cette pièce moins encombrée me rendait calme et sereine. Parfois, je reste debout à la contempler (oui, je suis toujours bizarre, juste moins stressée).

Trier et ranger ne m'a pas seulement donné plus d'espace, au sens littéral du terme. Cela m'a aussi apporté quelque chose de plus profond. J'ai toujours utilisé les vêtements et le shopping comme une distraction, une manière de combler un vide et de me sentir autonome. Une part de moi se dit que je remplissais tout l'espace disponible pour me convaincre que j'étais la seule à pouvoir vivre dans cet espace, qu'il n'y avait pas de place pour une autre personne et ce qu'elle amènerait avec elle, au propre comme au figuré. Maintenant je commence à penser que je suis peut-être capable de partager.

Des étagères vides! Je n'aurais jamais cru en voir un jour la couleur.

En 2019, je compte passer plus de temps dans mon appartement bien rangé et (un peu) moins encombré. Pour continuer sur cette voie, j'ai décidé de faire beaucoup moins de shopping et de n'acheter que du vintage. Non seulement les pièces sont de meilleur qualité mais c'est mieux pour le portefeuille et pour l'environnement. Et ça, ça me procure de la joie.

Je vous recommande vivement de faire comme moi. Pensez à demander de l'aide à votre amie, et essayez d'oublier Bonnaroo.

Ce blogue, publié sur le HuffPost américain, a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast ForWord.

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