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13/06/2017 11:24 EDT | Actualisé 13/06/2017 11:24 EDT

Pourquoi changer l'école? On est bien payé

Ce que nous savons, c'est que les élèves dans la classe d'un excellent enseignant apprennent deux fois plus que les élèves dans la classe d'un enseignant passable.

Nous allons porter un regard différent sur le système scolaire. Il nous faut cependant commencer quelque part, mais où? L'œuf ou la poule?

Après plusieurs années de réflexion, nous allons partir de l'évaluation de la qualité des enseignants (le tour viendra des directions, des universités, des parents, de la nouvelle à la une des journaux, du ministre de l'Éducation, des fonctionnaires « pousseux » de crayons, de la « maudite » réforme aux dix ans...).

Le classement sur l'évaluation des enseignants se lit comme suit : les excellents, les très bons, les bons, les moyens, les passables. Bon, c'est fait. Ce que nous savons, c'est que les élèves dans la classe d'un excellent enseignant apprennent deux fois plus que les élèves dans la classe d'un enseignant passable. Enseignant depuis 1974 et travaillant de près avec les parents des élèves en difficulté, la remarque suivante revient souvent : « Mon enfant allait tellement bien l'an passé, il se levait de bonne humeur et avait hâte d'aller à l'école. Mais cette année, il ne veut même plus aller à l'école ». Où est le problème? Et le corollaire se vérifie aussi : « Ça allait tellement mal l'an passé, et cette année, avec cette enseignante, il a hâte d'aller à l'école ». Nous vous présentons un extrait portant sur la définition d'un excellent enseignement explicite :

C'est d'ailleurs uniquement par une telle démarche de validation que l'enseignant peut s'assurer que les élèves ne mettront pas en application des apprentissages mal compris, pouvant les conduire à développer des connaissances erronées. Au Secondaire, les enseignants considérés comme les plus efficaces (ceux qui facilitent l'apprentissage) accordent en moyenne 23 minutes sur une période de 50 au modelage et à la pratique guidée, avant de proposer aux élèves l'étape de la pratique autonome, tandis que les moins efficaces y consacrent seulement 11 minutes.

Pour un peu (beaucoup) expliquer comment on enseigne à un futur enseignant, il faut savoir que la qualité du stage est importante : suis-je avec un excellent enseignant ou un enseignant passable ? Un stage permet de grandement reproduire le fonctionnement de l'enseignant qui reçoit le stagiaire. Mais pourquoi parler de l'évaluation des enseignants (le tour des autres viendra)?

Les enseignants ne sont nullement favorisés pour ce qui est de leur début en carrière. Voici un extrait de Si l'école était importante (8) de Patrick Lagacé du 7 novembre 2015 :

Plus de 1200 acteurs de l'enseignement québécois ont été consultés pour cette étude. Le chercheur Karsenti a isolé six facteurs expliquant le décrochage des enseignants. Je les résume : c'est un métier laborieux, qui bouffe un temps fou (soirs et week-ends en correction et préparation), la gestion de classe est un « fléau » pour ces recrues mal préparées : moins on a d'ancienneté, plus on hérite des classes difficiles, celles où on trouve - justement - le plus d'élèves en difficulté. Les élèves en difficulté : c'est évoqué dans l'étude et ça revient toujours dans les observations des profs quand ils me racontent la lourdeur du métier.

Comme le décrochage scolaire coute $1,9 milliard par année, il serait temps de se poser les vraies questions pour obtenir les bonnes réponses. Souvenons-nous de la citation de Einsteins : « Si tu fais toujours ce que tu as l'habitude de faire, tu récolteras ce que tu as toujours récolté. »

Pour bien résumer la situation des enseignants, ils sont laissés à eux-mêmes et leur intuition. Le prochain article portera sur ce que pensent certains « penseurs » universitaires reconnus mondialement et qui ont un regard très critique et sévère sur la formation des futurs enseignants.

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