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01/04/2018 08:00 EDT | Actualisé 01/04/2018 08:00 EDT

Monsieur «Star Spangled Banner» à Boston est un Rancourt d'Amérique

Du temps des Nordiques, René Rancourt chantait l'hymne canadien en français, la langue de son enfance.

René Rancourt
USA Today Sports / Reuters
René Rancourt

Si Monsieur O Canada (Calixa Lavallée) est mort à Boston, Monsieur Star Spangled Banner à Beantown est un enfant de la diaspora. Et peut chanter l'hymne de Calixa Lavallée sans accent.

René Rancourt fait partie des meubles du Garden: il a commencé plus de matchs pour les Bruins qu'aucun autre joueur de toute l'histoire des oursons de Boston.

À la fin de sa prestation, il signe son œuvre de moulinets inspirés des Stump Pump de l'ancien Bruin, Randy Burridge. Plus il en fait, plus le match est important. À quatre, on est en pleines Séries éliminatoires.

On le reconnaît facilement à son smoking (il en a cinq), son nœud papillon, ses cheveux teints style Docteur Laurin, et sa moustache rétro digne d'un «movember».

Du temps des Nordiques, Rancourt chantait l'hymne canadien en français, la langue de son enfance. «Quand j'ai appris l'hymne national du Canada, je le savais uniquement en français», dit-il au Journal de Montréal. «J'ai découvert les mots anglais uniquement à mon arrivée à Boston.» Aujourd'hui, hélas, même le CH ne suffit pas à ramener la langue du ti-tigre au Garden.

René Rancourt est né le 4 août 1939, à Lewiston Maine. À sa graduation, en 1959, il chantait déjà l'hymne national aux matches locaux de hockey et de boxe. «Je suis devenu le chanteur des Bruins grâce aux Red Sox », raconte l'ancien étudiant en opéra à l'Université de Boston. «J'avais gagné un concours de chanteur et le prix était d'obtenir la chance d'interpréter l'hymne des États-Unis au Fenway Park. C'était à la fin des années 1960. J'ai fait des matchs d'ouverture au Fenway Park pendant six ou sept années d'affilée.»

En 1975, lors du sixième match de Séries mondiales, Kate Smith annule sa prestation à la dernière minute. Rancourt prend la relève de la Ginette américaine. L'année suivante, la force de sa voix s'impose dans le vieux Boston Garden. Quarante ans maintenant que ça dure! René fait partie des meubles du vieux et du nouveau Garden.

Il connaît bien l'oeuvre de Ginette Reno raconte un journal montréalais: «Elle a une fabuleuse voix. Je n'ai jamais eu la chance de la rencontrer.» On le reconnaît dans les rues de Boston. «Très souvent, les gens vont me chanter le «Ô Canada». Ils croient toujours qu'ils sont les premiers à faire cette blague. Je les écoute chanter pour 30 secondes et je finis par répondre: «Ô Canada, ne quitte pas ton emploi régulier.»

«Mes parents et mes grands-parents me parlaient en français à la maison», dit Rancourt. «Ce n'était pas le français parisien, ils mélangeaient des mots en anglais et en français.»

«Je n'ai pas la chance de parler souvent français aujourd'hui, explique-t-il en anglais. Mon vocabulaire est pratiquement inexistant aujourd'hui. Si je vivais à Montréal, je serais capable de réveiller la portion francophone de mon cerveau. Juste en écoutant la radio ou la télévision, je sais que mon français reviendrait.»

À l'occasion, il fait des apparitions aux matches des Patriots, des Celtics et des Red Sox. Mais les Bruins demeurent son équipe, son pain et son beurre. Il estime avoir chanté à plus de 1800 matches jusqu'ici. Un gros défi pour le gars des Sinners. Et le coeur de Ginette...

LES RANCOURT DE FRONTENAC

Son père, Léon (1911-1952), est né à St-Méthode-d'Adstock, Frontenac. Sa mère, Bernadette Guénette (1907-1973), vient de St-Narcisse-de-Beaurivage. Son grand-père Édouard avait vu le jour à Waterville, au Maine, en 1873. Les Rancourt se sont promenés des deux côtés de la frontière comme bien des familles à l'époque.

L'ancêtre, Joseph-Noel Rencour (1655-1719), débarque à Québec en 1667 avec sa mère, Jeanne-Claude Boisandré, veuve de Pierre Rencour de Normandie. Elle vient rejoindre sa sœur Catherine, au pays depuis 1663.

Joseph-Noel étudie au petit séminaire de 1670 à 1675. Lorsque sa mère Jeanne-Claude meurt en 1671, son oncle prend la relève de son éducation.

Le 17 mars 1681, Joseph passe un contrat de mariage avec Marie Cloutier. Mais pour des raisons qu'on ignore, le contrat est annulé quatre jours plus tard. En 1685, il se console avec Marie Parent, une veuve et mère de quatre enfants, qui lui donnera 9 enfants.

Joseph s'établit sur une terre de 50 pieds de front sur la rue Sault-au-Matelot. Il est boucher. Quelques années plus tard, il s'installe à Beauport où il est charpentier.

Il mourut à Québec le 21 mars 1719.

René descend de son fils, Jean-Francois, capitaine de milice à St-Joachim.

On ne sait pas si le capitaine se teignait les cheveux.

René Rancourt prendra sa retraite ce printemps. Les Bruins lui rendront hommage le 8 avril prochain, lors du dernier match local de l'équipe.

LIGNÉE PATERNELLE DE RENÉ RANCOURT

RANCOURT, Léon (1911-1952)

GUENETTE, Bernadette (1907-1973)

Mariés le 19 septembre 1936, Lewiston, Maine

RANCOURT, Edouard (1873-1952)

ROY, Delia (1879-1960)

m. 12 juillet 1897, St-Victor-de-Tring, Beauce

RANCOURT, Jean (1849-?)

DOSTIE, Marie (1851-?)

m. 10 janvier 1871, St-Ephrem-de-Tring

RANCOURT, François (1802-?)

GRONDIN, Sophie (1807-1861)

m. 27 octobre 1829, Beauceville

RANCOURT, François (1774-1845)

GRENIER, Marie-Suzanne (1785-1841)

m. 30 septembre 1800, Ste-Marie-de-Beauce

RANCOURT, Jean-Baptiste (1741-1812)

BOUCHER, Marie-Euphrosine (1743-1814)

m. 7 février 1763, St-Joachim, Québec

RANCOURT, Jean-François (1694-1773)

JODOIN, Marie-Claire (1707-1789)

m. 5 avril 1739, lieu indéterminé

RANCOURT, Joseph-Noel (1655-1719)

PARENT, Marie (1655-1700)

m. 5 février 1685, Beauport

RANCOURT, Pierre (1630-1667)

DEBOISSANDRE, Jeanne-Claude (1635-1671)

m. 1650, Caen, Calvados

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