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12/10/2015 11:51 EDT | Actualisé 12/10/2016 05:12 EDT

La désinformation et les campagnes de peur ne peuvent triompher

On ne peut pas se le cacher: à près d'une semaine du scrutin des élections fédérales, on se retrouve au bord de la catastrophe.

On ne peut pas se le cacher: à près d'une semaine du scrutin des élections fédérales, on se retrouve au bord de la catastrophe. Si la tendance se maintient, les conservateurs de Stephen Harper se retrouveront au pouvoir le 20 octobre. Cette remontée dans les intentions de vote s'est effectuée, entre autres, grâce aux politiques de la peur, de la division et de la désinformation.

Le besoin de s'unir pour chasser Stephen Harper du pouvoir se fait de plus en plus pressant. Le moment d'agir pour protéger l'environnement et les emplois, et contrer les inégalités, c'est maintenant ou jamais.

Un avenir sombre

Nous n'avons pas les moyens de nous permettre le retour au pouvoir de Stephen Harper. La réélection des conservateurs enclencherait la mort certaine de Radio-Canada, la fin absolue de la livraison du courrier à domicile, une impasse insurmontable aux négociations historiques sur les changements climatiques à Paris en décembre, le risque que les entreprises étrangères poursuivent le Canada grâce aux mécanismes présents dans le Partenariat transpacifique, et une attaque frontale contre le mouvement syndical et les conditions de vie des travailleuses et des travailleurs à travers le Canada.

À vrai dire, il est impossible de trouver un gouvernement fédéral aussi méprisant que celui de Stephen Harper. Les politiciens ont un devoir moral de répondre aux préoccupations de l'électorat et de l'informer de leur vision pour l'avenir de l'État. Mais pour leur part, les conservateurs refusent systématiquement de répondre aux questions des journalistes, de participer aux débats locaux, et d'entretenir des discussions avec les syndicats et les groupes sociaux. C'est bafouer le principe même du processus démocratique.

À la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le Parti conservateur s'est encore une fois démarqué de ses adversaires, cette fois en étant le seul parti à refuser de répondre au questionnaire que nous leur avons envoyé. Certes, ce décalage est loin d'être surprenant, mais il démontre parfaitement le je-m'en-foutisme de Stephen Harper, qui prône une démarche politique hyperstratégique visant à interagir uniquement avec ceux et celles qui risquent déjà de voter pour son parti, une attitude indigne d'un premier ministre.

Une autre voie est possible

Pourtant, la grande majorité des Québécois et des Canadiens ne partagent pas les valeurs et l'idéologie des conservateurs. En 2011, Stephen Harper a remporté son premier gouvernement majoritaire en ne récoltant que 39,6% des votes. C'était loin du feu vert nécessaire pour déclencher les réformes profondes et fondamentales que son gouvernement nous a pourtant imposées.

Pour ajouter l'insulte à l'injure, M. Harper n'a eu besoin que de 8 871 votes répartis à travers 14 circonscriptions fortement contestées pour obtenir sa majorité. En 2011, à Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière (maintenant Lévis-Lotbinière), le député conservateur a reçu 777 votes de plus que la candidate néo-démocrate, tandis que plus de 12 000 électeurs et électrices ont voté pour les candidats du Bloc québécois, du Parti libéral ou du Parti vert. Ce même phénomène s'est reproduit dans quelques circonscriptions au Canada.

Les prévisions annoncent des luttes très serrées dans Pontiac, Jonquière, Lac-Saint-Jean, et Rivière-du-Loup. Le vote stratégique prend ici tout son sens.

Les réponses des partis

Bien que les autres partis se distinguent dans leurs politiques, leurs démarches, leur histoire et leur leadership, on constate aussi qu'ils s'unissent sur plusieurs enjeux importants. C'est ce que nous constatons dans les réponses que nous ont fournies les chefs des partis (excepté Stephen Harper, bien sûr) aux questions que nous leur avons posées.

Les bloquistes, les libéraux, les néo-démocrates et les verts partagent une volonté d'abroger les lois antisyndicales, de renforcer le système d'assurance-emploi, de mettre fin à l'hémorragie de Radio-Canada en renversant les compressions que subit notre diffuseur public, et de lancer une enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

D'autres points de ralliement: le NPD et le Bloc québécois veulent ramener l'âge de la retraite à 65 ans; les verts, les libéraux et les néo-démocrates prônent une réforme majeure du mode de scrutin; et le NPD et le Parti vert veulent instaurer un programme national d'assurance-médicaments.

Bien qu'aucune voie ne soit parfaite, les quatre partis d'opposition offrent des plans beaucoup moins dévastateurs - voire parfois positifs - pour l'ensemble des populations du Canada et du Québec. Évidemment, nous allons devoir rester vigilants et exiger des comptes, peu importe quel chef se retrouve au 24 Sussex le 19 octobre, mais dans un premier temps, nous nous devons d'être stratégiques et de voter ensemble, intelligemment, pour déloger les conservateurs et en finir avec Stephen Harper une fois pour toutes.

À cette fin, nous vous invitons à consulter votonsstrategique.ca pour mieux comprendre si le vote stratégique serait utile dans votre circonscription. N'hésitez pas à parler des élections et de la nécessité de se débarrasser des conservateurs d'ici le 19 octobre, surtout lors des repas en famille. Oui, vous risquez de gâcher le souper, mais rétablir l'intégrité de notre processus démocratique en vaut le coût.

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