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17/05/2016 10:06 EDT | Actualisé 18/05/2017 05:12 EDT

La démocratie dont le ministre Barrette ne veut pas (2)

«Cette réforme n'est qu'un plan de privatisation (à peine déguisé!) de tous les services de santé... en plus d'être d'une nature dictatoriale sans précédent.»

Dans ma précédente chronique, je partageais avec vous des messages qu'avaient envoyés plus d'une centaine de personnes en appui à trois anciens hauts fonctionnaires du Ministère de la Santé et des Services sociaux qui avaient demandé à la Vérificatrice générale d'évaluer la réforme du ministre Barrette avant qu'il ne soit trop tard.

Je vous en partage à nouveau d'autres, tous plus pertinents les uns que les autres. Je le fais, parce que le ministre, lui, ne veut pas les entendre. Il ne veut pas que ces voix puissent s'exprimer.

Je leur laisse donc la parole...

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>La démocratie dont le ministre Barrette ne veut pas (1) - Jacques Benoît

«Cette réforme n'est qu'un plan de privatisation (à peine déguisé!) de tous les services de santé... en plus d'être d'une nature dictatoriale sans précédent.»

«Ancien employé durant 20 ans du réseau de la santé, les modifications que veut apporter le ministre Barette m'apparaissent clairement comme un non-sens: augmentation de la charge de travail, diminution des services, refus de considérer des alternatives viables, réforme opaque, refus de chiffrer les changements, etc. Pour ces raisons et bien d'autres, je désire que le dossier soit examiné par le vérificateur du Québec.»

«Je trouve plus que nécessaire que la réforme en santé du ministre Barette soit évaluée par la Véricatrice Générale. Les raisons de cette demande sont que le ministre a aboli tous les moyens d'être soumis à quelque évaluation qui soit en abolissant le seul poste qui aurait pu critiquer son plan d'intervention avec la complicité du cabinet libéral. Je fais partie des personnes âgées à mobilité réduite et aucune des actions mises sur pied ne servira à alléger l'accès à mes soins de santé.»

«Je trouve important que la population réagisse vis-à-vis le démantèlement de notre système de santé publique et manifeste sa désapprobation quant au glissement vers la privatisation des services de santé et des services sociaux quoi qu'en disent le ministre Barette et le premier ministre! J'appuie votre mouvement comme conseillère en adaptation scolaire, retraitée du secteur de l'adaptation scolaire de la CSDM, responsable des élèves handicapés physiques et/ou sensoriels et des élèves en difficulté de comportement de 2007 à 2012.»

«L'abandon des CLSC au profit des «super cliniques» qui ne font qu'encourager le développement du secteur privé dans le domaine de la santé est un véritable affront à la population du Québec. Une fois de plus, les mieux nantis, ici les médecins et les autres riches en sortiront bénéficiés. Les pauvres abandonnés à leur sort. Il faut arrêter ce processus.»

«Les réformes du ministre Barrette pénalisent la population du Québec, surtout celle des plus vulnérables: personnes âgées, enfants malades, familles à faibles revenus, famille monoparentale, etc. Les réformes touchent négativement les mesures sociales et font fi de la prévention. Seuls les dispensateurs de soins curatifs y gagnent. La privatisation des soins et des services de santé et des services sociaux apparaît être la seule logique qui sous-tend tout ce remue-ménage.»

«Il est clair que la réforme actuelle saborde de nombreux services dont la population a besoin et impose un fardeau énorme sur les épaules des travailleurs et des cadres du réseau de la santé. Cela a un effet démobilisant sur l'ensemble des personnes concernées, même sur celles qui sont le plus engagées en faveur de la qualité des soins. Où allons-nous aller ainsi? Une évaluation est nécessaire et il est urgent de la faire» - Une ex-conseillère en soins spécialisés, retraitée du CHU de Québec.

«Je travaille dans un hôpital depuis 35 ans. Mon poste et celui de ma collègue ont été coupés il y a 15 mois. La durée de séjour des patients est de plus en plus courte. La pression sur les travailleurs, professionnels et médecins, est de plus en plus grande. La majorité des cadres supérieurs et intermédiaires doivent couvrir 2 ou 3 établissements. Il y a diminution et coupure de services, diminution de la quantité et de la qualité des services. Il y a aussi moins d'entraide entre les travailleurs, car chacun est surchargé et essaie de sauver sa peau. De plus, les budgets pour les services à domicile se font toujours attendre ce qui met encore plus de pression sur les patients, les familles et les travailleurs qui doivent annoncer à leurs patients qu'ils n'auront tout simplement pas les services dont ils ont besoin.»

«J'aimerais voir une personne intègre implanter une évaluation continue des changements organisationnels débutés dans le système de santé. La formation des équipes de première ligne avec des infirmières bachelières pourrait être le sujet d'observation par des chercheurs. Et si c'est la chose à faire, engageons les infirmières; elles ont été formées pour cela. Sinon, c'est un coût social énorme que de ne pas leur donner les responsabilités professionnelles. De plus, les gestionnaires doivent avoir l'espace nécessaire pour supporter, motiver les travailleurs et innover des nouvelles façons de faire. Les éliminer, ou les diminuer en nombre, c'est se priver d'une organisation de soins efficaces et de qualité.»

«La santé c'est l'affaire des citoyens. Ce n'est pas à un seul individu de décider comment disposer du budget en santé et comment répartir les soins. La réforme Barrette est vouée à l'échec. On en ressent déjà la détresse et le malaise.»

Cette dernière citation résume bien l'ensemble: la maladie est peut-être une affaire de docteur, mais la santé, c'est l'affaire des citoyens.

La santé, c'est une affaire de démocratie!

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