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13/05/2016 10:01 EDT | Actualisé 14/05/2017 05:12 EDT

Portrait de médecins: trois grands pathologistes

C'est en 1945, qu'une assemblée plénière s'est réunie pour la première fois pour constituer l'Association des Anatomo-Pathologistes de la Province de Québec.

Louis Berger, Pierre Masson et Joseph-Luc Riopelle

Le premier est né en 1895 et fut le deuxième directeur du tout jeune département de pathologie de l'Université Laval. Après des études en médecine, Louis Berger étudia l'anatomie-pathologie à Strasbourg auprès d'un des plus grands professeurs de l'époque: le professeur Pierre Masson. Il convient de noter ici quelques faits saillants de la carrière de cet illustre pathologiste, puisqu'il influença grandement l'histoire de la spécialité ici.

Le professeur Pierre Masson

Il est né à Dijon en France en 1880 et a complété ses études de médecine à l'université de Paris en 1909 puis il étudia à l'Institut Pasteur jusqu'en 1914. À la fin de la Première Guerre mondiale, il a déjà acquis une grande réputation en histopathologie au point que lui est offerte la chaire de pathologie de l'université de Strasbourg. C'est là qu'il contribua à la formation du Dr Berger et de bien d'autres qui devinrent de grands noms dans ce domaine. Il fut le premier à décrire en 1923 le concept de la sécrétion neurocrine prémisse d'une science qui allait naître plusieurs années plus tard: la neuroendocrinologie. Il fut invité par l'Université de Montréal pour diriger le département de pathologie, ce qu'il accepta. De 1923 à 1954, année de sa retraite, il fut donc directeur de ce département.

Il mit sur pied un nouveau programme d'enseignement de cette spécialité à l'Université de Montréal et réorganisa les laboratoires de pathologie de l'hôpital Notre-Dame, de l'Hôtel-Dieu de Montréal et de l'hôpital Ste-Justine.

Reconnu pour la qualité exceptionnelle de son enseignement, il fut aussi auteur d'un livre sur les tumeurs qui fit école. Il a aussi rédigé 120 articles portant surtout sur les tumeurs du cerveau et du système nerveux. Il fut aussi l'inventeur d'une technique de coloration qui est devenue la norme en histopathologie: la coloration trichrome qui est toujours utilisée de nos jours et qui porte son nom (coloration trichrome de Masson). Le docteur Masson est décédé en 1959. Il a été intronisé au temple de la renommée médicale canadienne en 1997.

Du département des laboratoires de 1913

L'histoire de l'anatomo-pathologie est toute récente alors au Québec. L'université Laval a ouvert un département des laboratoires en 1913 et le docteur Arthur Vallée en avait alors pris la direction. Ce dernier créa aussi l'Institut d'Anatomie pathologique qui offrait, et ce jusqu'au début des années 1960, des services diagnostiques aux hôpitaux de la région. En 1939, le docteur Berger succéda au Dr Vallée à la direction du tout jeune département autonome d'anatomie pathologique de l'Université Laval.

On lui doit, entre autres, la première description des cellules sympathicotropes, cellules hilaires des testicules et des ovules. Depuis, on parle des cellules de Berger. Il a aussi largement contribué à mettre sur pied une association canadienne des pathologistes. Parmi les membres fondateurs, on peut citer outre le docteur Berger, les docteurs Carlton Auger, Roger Gareau, Joseph-Luc Riopelle et, bien entendu, Pierre Masson. Le docteur Louis Berger est décédé en 1948.

Une association des pathologistes

C'est en 1945, qu'une assemblée plénière s'est réunie pour la première fois pour constituer l'Association des Anatomo-Pathologistes de la Province de Québec. Le docteur Berger désirait, en créant cette association dont il fut le président jusqu'à l'année de son décès en 1948, permettre à ces spécialistes de pouvoir discuter ensemble des problèmes scientifiques, d'étudier les questions de formation professionnelle et de promouvoir les intérêts des anatomo-pathologistes du Québec.

L'Association des Anatomo-Pathologistes vit légalement le jour en 1948, quelque temps après le décès du docteur Berger. Elle connut depuis diverses appellations. Ainsi en 1958, à la suggestion du Dr Carlton Auger, le successeur du docteur Berger au poste de directeur du département de pathologie de l'Université Laval et le président de l'Association, celle-ci portera désormais le nom de l'Association des Pathologistes de la Province du Québec. En 1960, pour des raisons économiques, tous les médecins œuvrant en laboratoire se regroupèrent sous le nom de l'Association des médecins de laboratoire du Québec. En 1975, nouveau changement de nom et la création du Syndicat professionnel des pathologistes du Québec et en 1980 le nom de l'Association des pathologistes du Québec (APQ) fut définitivement adopté. En 1996, le président de l'APQ, le docteur Rénald Morency, instaure le prix Pierre-Masson pour signaler l'excellence de la pratique et la contribution significative au développement de la spécialité au Québec que ce soit dans le domaine scientifique, pédagogique ou clinique. Depuis les docteurs Marcel Cadotte, François Gagné, Roger Gareau, Robert Lesage, Marie-Laure Brisson et André Bonin en furent les lauréats.

Le docteur Joseph-Luc Riopelle

Né en 1906, Joseph-Luc Riopelle fit ses études de médecine à l'Université de Montréal puis s'y spécialisa sous la direction du docteur Pierre Masson. À bien des égards, le docteur Riopelle connut à Montréal une carrière semblable à celle que vécut le docteur Berger à Québec. Il devint directeur du laboratoire de pathologie de l'Hôtel-Dieu de Montréal et succéda au docteur Masson comme directeur du département de pathologie de l'Université de Montréal. Alors qu'il était secrétaire au département, il appuya la création d'une faculté de nursing à l'Université de Montréal dans une lettre qu'il fit parvenir le 10 novembre 1961 à Mgr Irénée Lussier, alors recteur de l'Université. De graves problèmes de santé le forcent malheureusement à se retirer dès 1963. Il est décédé en 1987. On lui doit, entre bien d'autres de ses contributions fort remarquées dans le domaine de la pathologie, le livre intitulé Sur les proliférations nerveuses de la vésicule biliaire (neuromatoses vésiculaires) publié par l'Institut d'anatomie pathologique de l'Université de Montréal.

Le public et la pathologie

Pour bien des personnes du grand public, la pathologie demeure une spécialité médicale peu connue et est associée surtout aux autopsies qui ne constituent en réalité que moins de 5% du travail quotidien des pathologistes. La plus grande partie de ses efforts est consacrée à l'étude des tissus du corps humain et sert à découvrir la nature des tumeurs, cancers et autres maladies qui les affectent. C'est grâce aux efforts des pionniers tels les docteurs Berger, Masson et Riopelle entre autres que cette spécialité a su attirer de jeunes médecins et c'est par leur association qu'ils peuvent l'exercer dans un cadre professionnel et scientifique.

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