LES BLOGUES
19/01/2019 06:00 EST | Actualisé 19/01/2019 07:56 EST

Prévenir le cancer du sein

En matière de prévention du cancer du sein, les conseils d'usage pour une vie saine et équilibrée sont d'une importance primordiale.

Finalement, on entend généralement peu parler dans les livres médicaux de la notion de plaisir et pourtant elle a toute son importance. Il n'est jamais trop tard ni trop tôt pour prendre du temps pour soi, pour se faire plaisir.
andresr via Getty Images
Finalement, on entend généralement peu parler dans les livres médicaux de la notion de plaisir et pourtant elle a toute son importance. Il n'est jamais trop tard ni trop tôt pour prendre du temps pour soi, pour se faire plaisir.

La prévention primaire

En matière de prévention du cancer du sein, les conseils d'usage pour une vie saine et équilibrée sont d'une importance primordiale. Une alimentation saine et frugale joue un rôle notable dans cette prévention.

À propos de la prévention primaire1, citons l'excellent livre du Dr Richard Béliveau. Ce dernier explique très bien le rôle de certains aliments contre le cancer. La recette est pourtant simple: des légumes et des fruits variés en grande quantité, des protéines en quantité modérée, des graisses en faible quantité et un très faible apport en sucre raffiné. C'est ce qu'on appelle la prévention primaire, c'est-à-dire une action posée avant même l'apparition du cancer et, c'est à la portée de tous les budgets.

En plus de l'alimentation, un autre facteur qu'on oublie souvent est le repos.

Dans notre société où la performance est la vertu à la mode, il est bien vu de déclarer n'avoir besoin que de quelques heures de repos pour récupérer totalement. Vous seriez surpris d'apprendre qu'en réalité seulement un très faible pourcentage de la population n'a effectivement besoin que de quelques heures de sommeil par nuit.

Avec les rythmes d'enfer que bien des femmes adoptent, la fatigue s'accumule de jour en jour et, ce qui est pire, d'année en année. Voilà une bien mauvaise préparation à la cinquantaine où le risque de cancer du sein augmente.

La sédentarité constitue elle aussi un facteur de risque. L'être humain, comme les autres animaux et contrairement aux végétaux, est conçu pour bouger.

Finalement, on entend généralement peu parler dans les livres médicaux de la notion de plaisir et pourtant elle a toute son importance. Dans le dernier ouvrage que les coauteurs ont eu l'occasion de signer en collaboration avec le Dr Henri-Louis Bouchard2, plusieurs patients atteints de cancer ont témoigné de l'importance qu'ils accordaient aux petits plaisirs quotidiens.

Si ce traitement est si prisé après l'arrivée de la maladie, pourquoi ne serait-il pas autant sinon plus efficace avant? Il n'est jamais trop tard ni trop tôt pour prendre du temps pour soi, pour se faire plaisir.

La prévention secondaire

Si, même en ayant suivi scrupuleusement les conseils de prévention primaire, un cancer venait à survenir, et c'est malheureusement parfois le cas, l'idéal alors est de le détecter le plus tôt possible. Au Québec, nous avons le programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS) qui est disponible:

«Le PQDCS invite les Québécoises âgées de 50 à 69 ans à passer une mammographie de dépistage du cancer du sein tous les deux ans. La mammographie est le seul examen de dépistage qui permet de réduire le nombre de décès attribuables au cancer du sein.

Le PQDCS a pour objectif de réduire d'au moins 25% le taux de mortalité par cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans. Les résultats obtenus depuis les débuts du PQDCS vont dans ce sens, ce qui appuie la poursuite des activités du Programme».

SUR LE MÊME SUJET:
» Un simple test de salive pour déterminer si vous risquez de développer un cancer du sein
» Mon cancer, les autres et moi

La prévention tertiaire

Le but premier d'une personne qui a déjà souffert d'un cancer du sein est d'éviter une récidive. La première approche utilisée est celle des médicaments qui inhibent (empêchent) les hormones d'atteindre les cellules cancéreuses et de les nourrir. C'est ce qu'on appelle communément: l'hormonothérapie.

Le principe actif de ces médicaments (comme le tamoxifène) contrecarre la multiplication des cellules cancéreuses hormonodépendantes en bloquant la stimulation des récepteurs d'œstrogènes des cellules cancéreuses.

Plus récemment, une autre classe de médicaments a été mise en place pour diminuer la production d'œstrogènes. Ce sont les inhibiteurs de l'aromatase comme l'anastrozole (Arimidex), le letrozole (Femara), l'exemestane (Aromasin) ou un anticorps monoclonal, le trastuzumab (Herceptin), ces médicaments ont permis de traiter plus efficacement certains cancers avec de meilleurs résultats que le tamoxifène.

Certains cancers sont particulièrement virulents et possèdent en surface un grand nombre de récepteurs HER2, ce qui est le cas de 25% à 30% de l'ensemble des tumeurs du sein. Pour les traiter, il faut recourir au trastuzumab (Herceptin). D'une part, ce composé augmente la survie des patientes atteintes de formes très avancées de cancer, mais, surtout, lorsqu'il est administré à des stades précoces après une chimiothérapie, il réduit de moitié les risques de récidives! Les inhibiteurs de l'aromatase ne peuvent être donnés à la femme préménopausée: cette dernière doit donc recourir à de la chimiothérapie et du tamoxifène, si le cancer est hormonodépendant.

Ces molécules, dont l'efficacité est reconnue, génèrent malheureusement chez certaines femmes des effets secondaires qui peuvent varier beaucoup selon les patientes. Dans la très grande majorité des cas, ces effets sont bénins et ont tendance à s'estomper avec le temps.

Chez certaines, les effets peuvent se révéler difficilement tolérables au point de handicaper leurs activités quotidiennes. Ce sont dans ces cas qu'il faut bien peser les avantages escomptés (diminution des risques) par rapport aux effets indésirables. Il ne s'agit surtout pas de souffrir pendant des années pour espérer diminuer un risque de récidives qui pourra survenir malgré tout. C'est ici qu'entre en jeu une bonne communication entre le médecin et sa patiente.

Ce texte a été tiré en grande partie du livre que j'ai cosigné avec la Dre Dominique Synnott, Le cancer du sein, tout et même plus, aux Éditions La Semaine (2007).


1 Béliveau Richard et Denis Gingras, Les aliments contre le cancer, Les éditions du Trécarré, Montréal, 2006.
2 Henri-Louis Bouchard, Dominique Synnott et Jacques Beaulieu, Le cancer au jour le jour, Éditions Logiques, Montréal, 2006.


À LIRE AUSSI:

» Le devenir robot de l'humain
» L'actualité rend une fois de plus la souveraineté pertinente
» Événement traumatique: quand les mots des proches font tout aussi mal

La section des blogues propose des textes personnels qui reflètent l'opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.