LES BLOGUES
10/11/2018 06:00 EST | Actualisé 10/11/2018 06:00 EST

IRICoR célèbre 10 ans de succès en découverte de médicaments

Les chercheurs seront appelés à utiliser de plus en plus l'intelligence artificielle comme outil de recherche tant fondamentale qu'appliquée.

À l'occasion de son 10e anniversaire, IRICoR a souligné à la fois le soutien des gouvernements et orchestré, dans la foulée, un panel portant sur l'intelligence artificielle et la découverte de médicaments, une thématique illustrant une expertise en pleine évolution.
Photographer is my life. via Getty Images
À l'occasion de son 10e anniversaire, IRICoR a souligné à la fois le soutien des gouvernements et orchestré, dans la foulée, un panel portant sur l'intelligence artificielle et la découverte de médicaments, une thématique illustrant une expertise en pleine évolution.

IRICoR est un pôle de valorisation de la recherche situé à l'Université de Montréal. Son équipe travaille depuis 10 ans à accélérer la transformation de la recherche en solutions thérapeutiques novatrices. Établi au sein de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC), IRICoR valorise le travail de recherche en cancérologie effectué en milieu académique pour qu'il se déploie, lorsque possible, en thérapies au bénéfice des patients.

À l'occasion de son 10e anniversaire, IRICoR a souligné à la fois le soutien des gouvernements (25 millions offerts par le fédéral via les CECR) et orchestré, dans la foulée, un panel portant sur l'intelligence artificielle (IA) et la découverte de médicaments, une thématique illustrant une expertise en pleine évolution.

Ce panel de discussion a mis en vedette des invités de marque: Pierre Côte, manager des agents de liaison médicale et scientifique chez Boehringer Ingelheim, Therence Bois, cofondateur, DOP, InVivo AI, Jean-Sébastien Cournoyer, associé et fondateur de Real Ventures, ainsi que Sébastien Lemieux, chercheur principal à l'IRIC.

Animé par Sophie Cousineau, l'événement a donné lieu à des discussions fort pertinentes sur l'avenir en découverte de médicaments, avenir qui pourrait notamment résider dans l'usage de l'IA au service de la découverte de médicaments.

À la lumière de ce panel, voici deux questions primordiales qu'il m'a semblé judicieux de mettre de l'avant pour bien comprendre l'apport et l'importance de l'expertise d'IRICoR.

Découverte de médicaments: propre aux compagnies pharmaceutiques?

Anciennement, la découverte de nouveaux médicaments était l'affaire quasi exclusive des grandes compagnies pharmaceutiques. Au Canada d'ailleurs, Montréal était l'un des pôles importants et le siège social de compagnies telles que: Pfizer, Merck, AstraZeneca, Ayers McKenna, Bristol-Myers Squibb et bien d'autres.

Au tournant du XXIe siècle, la situation a changé. Plusieurs de ces importantes compagnies pharmaceutiques ont déménagé ailleurs dans le monde. Depuis, le processus de découverte de nouveaux médicaments a trouvé d'autres voies pour prospérer.

IRICoR représente ainsi un modèle nouveau qui capitalise sur la recherche en milieu académique pour la transformer, autant que faire se peut, en nouvelles solutions thérapeutiques.

Intelligence artificielle en santé: une technologie incontournable?

Des données de plus en plus nombreuses émanent des secteurs de recherche diversifiés. Par exemple, la génétique qui, il y a à peine une cinquantaine d'années, n'en était qu'à ses balbutiements, fournit de nos jours une quantité gigantesque de données.

On pourrait formuler des constats semblables pour l'environnement, l'oncologie, etc. Les mégadonnées et les multiples interactions qu'elles peuvent générer entre elles croissent de manière exponentielle.

C'est ici que l'intelligence artificielle fait son entrée. En nourrissant d'algorithmes adéquats les ordinateurs, il devient possible de les utiliser pour accomplir de multiples tâches et résoudre d'innombrables équations en un temps record et avec une efficacité qui défie les cerveaux humains.

La même dynamique peut ainsi s'appliquer en découverte de médicaments, de sorte qu'on court-circuite le risque et le temps requis pour découvrir de nouvelles molécules ainsi que le financement accordé à chaque projet.

IRICoR à la jonction de ces changements

La découverte de médicaments n'est plus l'apanage des grandes compagnies pharmaceutiques. Les chercheurs seront appelés à utiliser de plus en plus l'intelligence artificielle comme outil de recherche tant fondamentale qu'appliquée.

Bien entendu, les grandes pharmaceutiques demeurent un maillon important de la chaîne qui débute par la recherche scientifique pour aboutir à des médicaments novateurs disponibles pour les patients. IRICoR se veut un pont permettant d'accélérer ce passage de la recherche universitaire à la découverte de nouveaux médicaments.

En ce sens, IRICoR s'est doté d'un modèle d'affaires très polyvalent, adapté aux besoins des secteurs universitaire et privé.

Ce modèle vise la mitigation des risques liés à la découverte et à la commercialisation de nouvelles approches thérapeutiques développées à l'interne en oncologie, en immunologie et en indications connexes.

Le modèle d'IRICoR se fonde d'ailleurs sur quatre piliers principaux, soit l'investissement de projets novateurs axés sur la découverte et la commercialisation, l'accès privilégié à des technologies, plateformes de recherche et installations cliniques de pointe, un soutien financier et professionnel des projets sélectionnés, ainsi que l'identification et l'établissement de partenariats ciblés.

IRICoR: une force de frappe impressionnante dans la découverte de nouveaux médicaments, tant en raison de son modèle unique qu'en matière d'innovations scientifiques et technologiques.

Dans une entrevue accordée à Biotechfinances, Nadine Beauger, directrice générale d'IRICoR, mentionnait un exemple concret de l'impact des activités d'IRICoR: «Notons le projet basé sur la découverte du composé UM171 par les équipes respectives du Dr Guy Sauvageau et de la chercheuse Anne Marinier à l'IRIC, qui permet l'expansion des cellules souches hématopoïétiques provenant de sang de cordon ombilical. En à peine 5 à 6 ans, ce projet est passé du stade précoce d'identification de hit* à celui d'étude clinique de phase I/II. Il est une preuve tangible de la synergie que nous créons entre les équipes de recherche en biologie, en chimie médicinale et en clinique.»

Le 22 octobre dernier, IRICoR avait donc bien des raisons de souligner avec fierté son dixième anniversaire. IRICoR: une force de frappe impressionnante dans la découverte de nouveaux médicaments, tant en raison de son modèle unique qu'en matière d'innovations scientifiques et technologiques.


* Un «hit» peut être défini comme une première molécule présentant une activité biologique suffisamment intéressante pour être étudiée. Il faut se rappeler que des milliers de molécules doivent être examinées avant d'en trouver une seule qui présentera une activité biologique prometteuse.

À LIRE AUSSI:

» Autisme comme insulte: M. Labeaume, vous allez devoir réparer cela
» Urgence (climatique) de santé
» 26 ans de conflits: l'histoire d'un mauvais climat de travail et d'espoir