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21/11/2015 09:37 EST | Actualisé 21/11/2016 05:12 EST

Il était une fois la maladie: une histoire de vampire

Au Moyen-âge et jusqu'au début de l'ère industrielle, la tuberculose était apparentée au vampirisme. Le teint pâle, la faible température corporelle et les yeux rougis faisaient penser aux représentations des vampires dans le folklore populaire.

Omniprésente depuis le début de l'histoire humaine, à ce qu'il semble, on croyait l'avoir enfin vaincu définitivement avec l'arrivée des antibiotiques au début des années 1950. Mais à la lueur des nouvelles données statistiques, il semble bien que la tuberculose n'ait effectué qu'un repli stratégique puisqu'elle fait un retour en force, avec des souches multi-résistantes, ayant tué près de 2 millions de personnes dans le monde en 2011 selon l'OMS.

Il faudra certainement encourager les chercheurs des milieux universitaires et pharmaceutiques à se lancer à la recherche de nouveaux médicaments pour combattre ce fléau qui revient hanter notre société.

La tuberculose : une proche cousine du vampirisme

Au Moyen-âge et jusqu'au début de l'ère industrielle, la tuberculose était apparentée au vampirisme. Le teint pâle, la faible température corporelle et les yeux rougis très sensibles à la lumière des personnes atteintes faisaient penser aux représentations des vampires dans le folklore populaire. De plus lorsqu'une personne en mourrait, bien des membres de sa famille se mettaient à dépérir, comme si le mort se nourrissait de leur énergie et les entrainait avec lui dans l'éternité.

La tuberculose dans l'histoire

Des restes de bovins datant d'il y a près de vingt mille ans présentaient des lésions typiques de la tuberculose. La bactérie d'alors venait-elle d'un ancêtre commun à l'homme et à l'animal ou avait-elle été transmise de l'un à l'autre ? Le mystère demeure entier.

Mais on observe que depuis que la fréquence de la maladie a diminué chez l'homme, elle a aussi baissé chez l'animal. Plusieurs médecins anciens en ont fait une excellente description. Ainsi pour Hippocrate, qui avait appelé la maladie : phtisie, terme grec qui signifiait dépérissement, la maladie consistait en un amaigrissement progressif, une langueur envahissante, de la toux et la présence de sang dans les crachats.

Un autre médecin, Arétée de Cappadoce, en fait une description semblable : «il suffit, en effet, et même un homme du peuple ne s'y tromperait pas, de voir une personne pâle et décharnée, poursuivie par une toux continuelle, pour pouvoir prononcer et même sans beaucoup de risque de se tromper, qu'elle est Phtisique.»

Les divers noms de la tuberculose

Une maladie aux multiples appellations, tel aurait pu être le titre de cet article. Le terme phtisie vient des grecs anciens et signifiait dépérissement. Cette appellation donna suite à une spécialité médicale disparue de nos jours : la phtisiatrie.

Au milieu du XVIème siècle, Girolamo Fracastoro, médecin, philosophe et poète italien nomme le germe responsable selon lui de la tuberculose : seminaria contigionis (semence contagieuse). Plus tard apparut le nom de consomption puisque le germe semblait consumer lentement le malade de l'intérieur. On utilisa aussi écrouelles qui désigne spécifiquement une forme d'adénopathie tuberculeuse mais dont le terme popularisé engloba toutes les formes de tuberculose. Le mot vient du latin scrofus qui signifie truie pour exprimer l'aspect dégoutant des symptômes.

Selon la légende, les rois de France auraient eu le don de guérir par le toucher les écrouelles. Ici, on utilisa aussi le terme poitrinaire parce que le mal venait de la poitrine et que ceux qui en souffraient avaient la poitrine complètement décharnée.

Et les traitements

Quant aux traitements, ils étaient souvent fantaisistes et la mort semblait la seule issue sauf pour les rares guérisons spontanées. Né en 23 après Jésus-Christ, Pline l'Ancien propose comme remèdes possibles : le foie de loup pris dans du vin mince, le lard d'une truie qui a été nourrie d'herbe, ou la chair de l'ânesse prise dans le bouillon. (Référence : Pline l'Ancien, Histoire naturelle , Livre XXX, Traitant des autres remèdes fournis par les animaux, chapitre L, Pour la phtisiaris, et remèdes divers)

Les incantations étaient aussi à la mode. Ainsi en Inde, on suggérait celle-ci : «Ô Fièvre, avec ton frère la Consomption, avec ta sœur la Toux, va-t'en frapper les gens d'en-dessous». En France au Moyen-âge, on implorait les «Saints Guérisseurs» dont Saint Malo ou Saint Marcoul.

On attribuait aux rois un pouvoir «de toucher» capable de guérir les maladies. Puis à la Renaissance, le régime lacté était à la mode. Voici ce qu'en dit Charles Coury dans son livre La tuberculose à travers les âges : «Le lait de femme était particulièrement recommandé et devait être consommé à la tétée. La nourrice, de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter». Force est de l'admettre : la pénicilline sera plus efficace.

De tous temps, le changement d'air a toujours été favorisé. Certains recommandaient des séjours à la campagne, d'autres à la mer et d'autres à la montagne. Dès le milieu du XIXème siècle, les premiers sanatoriums ouvrent leurs portes, d'abord en Allemagne, puis dans les autres pays européens.

La situation au Québec au début du XXe siècle

Le premier sanatorium au Canada fut construit à Muskoka en Ontario en 1897. Au Québec, ce fut celui de Ste-Agathe-des-Monts dans les Laurentides. Dans les années 1910, un médecin de l'Hôtel-Dieu de Québec, le Dr Arthur Rousseau, inaugura la Société de patronage de l'Hôpital des tuberculeux de Québec qui déménagea à Ste-Foy et devint un sanatorium sous le nom d'Hôpital Laval.

Puis en 1926, des cendres de l'ancien Hôpital des incurables à Cartierville, naquit l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal dédié au traitement des tuberculeux. Avec la montée de l'urbanisation dès le début du vingtième siècle, les nouveaux citadins s'entassent dans des logements insalubres, ce qui, bien sûr, constitue des conditions favorables à la contagion par la tuberculose.

Mais l'arrivée de la grande crise économique retardera la construction de nouveaux sanatoriums. Par ailleurs ces derniers, même s'ils étaient souvent situés dans des sites enchanteurs, avaient bien mauvaise réputation au niveau de la population qui les considérait plutôt comme un lieu duquel on ne revenait pas...

Plus près de nous

En 1923, Bernadette Codebecq, âgée d'à peine 40 ans, décède des suites de la tuberculose. L'aîné de sa famille qui comptait huit enfants est alors âgé de 19 ans et décide de se diriger en médecine. Avec toute la fougue et l'idéalisme dont est capable un jeune homme doué de cet âge, il veut participer à la lutte contre cette infection. Et il le fera. Ainsi en 1931, on le retrouvera à Paris auprès des professeurs Calmette, Guérin, Nègre et Ramon. Il sera l'un des premiers en Amérique à démontrer l'efficacité et l'innocuité du vaccin BCG dans la prévention de la tuberculose. Puis il fondera un institut de recherche qui portera son nom. Il s'agit bien entendu du docteur Armand Frappier.

Histoire moderne de la tuberculose en quelques dates :

  • 1882 : Le médecin allemand Robert Koch découvre le bacille à l'origine de la tuberculose qui, en Europe, est alors responsable d'un décès sur sept.
  • 1886 : Vittorio Cavagnis tente sans succès une première vaccination.
  • 1890 : Kock présente un remède la tuberculine qui s'avéra plutôt utile pour diagnostiquer la maladie.
  • 1894 : Carlo Forlanini, un médecin italien, propose la première technique invasive pour traiter la tuberculose : le pneumothorax artificiel intrapleural.
  • 1895 : Wilhelm Röentgen découvre les rayons X qui deviennent dès lors l'outil de dépistage numéro 1.
  • 1900 - 1920 : Nombreuses tentatives infructueuses de vaccination ou de produits thérapeutiques: le bovovaccin de Behring, le sérum de Marmorek, le sérum de Maragliano, les sérums de Richet et Spahlinger et les essais de Friedmann et de Spahlinger.
  • 1921 : Premier vaccin efficace, celui mis au point par Albert Calmette et Camille Guérin : le BCG
  • 1925 : Début des premières vaccinations à Montréal
  • 1948 : Début de la vaccination systématique des élèves au Québec.
  • 1970 : Les vaccinations obligatoires disparaissent graduellement des divers pays occidentaux.

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  • Des gens meurent encore de la tuberculose
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    On dénombre environ 8000 nouveaux cas chaque année et 700 décès lui sont encore attribués en France. La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire, son mode de contamination est un véritable problème de santé publique. La prévention de la tuberculose repose sur la vaccination par le BCG, indiquée en France chez les enfants à risque mais l'efficacité de ce vaccin n'est pas totale. Le gros problème de cette maladie est son mode de contamination difficile à contrôler. Toute personne atteinte peut infecter, par voie orale, entre dix et quinze autres personnes en un an.
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    Les vaches sont contaminées par une bactérie appelée Mycobacterium bovis (M.bovis) qui est étroitement apparentée à la bactérie responsable de la tuberculose humaine et aviaire. Le mode de transmission de la maladie est le même que les humains, par voie orale (éternuements, toussotements, postillons). Les programmes d’éradication de la maladie sont effectués directement sur la viande issue de l'animal, selon les normes d'hygiène fixée par les autorités sanitaires européennes. Le danger réside dans la contamination entre un animal sauvage et un animal domestique, car l'homme est également sensible à cette bactérie. Selon les estimations, dans certains pays, jusqu’à 10 % des cas de tuberculose humaine sont d’origine bovine.
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    Pour de nombreuses personnes la tuberculose est une maladie qui ne touche que les poumons. Or d'autres organes vitaux peuvent également être infectés. Le seul facteur qui diffère dans l'infection des poumons, et le fait qu'elle soit contagieuse. En revanche pour la tuberculose des os, du rein, du cerveau voire d'un ganglion, l'infection n'est pas contagieuse.
  • Les personnes faibles ou pauvres sont les premières victimes
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    Certaines maladies favorisent l'évolution des germes tuberculeux vers la maladie. Les personnes déjà faibles ont plus de chance de développer une tuberculose mortelle. Les facteurs de risque sont : l'alcoolisme, la dénutrition, le déficit immunitaire lié à une maladie (VIH-Sida, cancers) ou à un traitement (chimiothérapie). Le facteur environnemental est également important à prendre en compte car les SDF, les toxicomanes ou encore les détenus, issus de milieux précaires sont sujets à développer la maladie plus facilement et rapidement.
  • 1 personne sur 3 est porteuse de germes tuberculeux.
    1 personne sur 3 est porteuse de germes tuberculeux.
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    Près d’un tiers de la population mondiale est actuellement atteinte de tuberculose latente, ce qui signifie que les personnes ont été infectées par la bactérie de la tuberculose mais n’ont pas (encore) développé la maladie et ne peuvent donc pas la transmettre. Ces personnes se situent dans le premier stade de la maladie, le corps n'a pas encore absorbé les bactéries. La contamination par voie orale peut en revanche déjà se faire.