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26/05/2018 08:00 EDT | Actualisé 26/05/2018 08:00 EDT

Ce qu'il faut savoir sur les allergies

Le moment où se manifeste une allergie fournit un bon indice de la provenance de l'antigène responsable.

Wavebreakmedia via Getty Images

Prenons un exemple. Votre voisin a la fâcheuse habitude de placer ses sacs à ordures sur votre terrain. En soi, ce geste n'a rien de menaçant, mais vous craignez que des écureuils ou des ratons laveurs ne finissent un jour par éventrer ces sacs et répandent chez vous les ordures du voisin. Une réaction normale consisterait à demander à votre voisin de ne plus mettre ses sacs verts sur votre terrain. Par contre si vous partez avec une carabine et abattez votre voisin et toute sa famille, il est fort probable que vous ayez beaucoup de problèmes à affronter par la suite. L'allergie ressemble un peu à cet exemple. Votre organisme considère un élément étranger comme une menace réelle alors que tel n'est pas le cas. Il va tout de même tout mettre en œuvre pour éliminer cet intrus et cela vous occasionnera des problèmes. L'intrus en question est habituellement une protéine différente de celles que vos propres gènes fabriquent, c'est pourquoi nous l'appelons un antigène. Comme votre organisme veut éliminer ces antigènes, il synthétisera une arme efficace : un anticorps qui à son tour enclenchera une puissante série de réactions de défense. Un des premiers soldats arrivés sera l'histamine qui commandera aux muqueuses de sécréter le plus de mucus possible pour empêcher l'antigène de pénétrer dans les cellules. Cette réaction, dite inflammatoire, est tout à fait de mise lorsqu'il s'agit d'une menace réelle comme celle d'un virus ou d'un autre microbe, mais ici, dans le cas d'un antigène, elle est disproportionnée et n'amène finalement que des désagréments : congestion nasale, éternuement, inflammation des bronches, toux, yeux qui pleurent, etc.

À quoi êtes-vous allergiques

Le moment où se manifeste une allergie fournit un bon indice de la provenance de l'antigène responsable. Ainsi si vos malaises apparaissent tôt au printemps, il est fort possible que le pollen des arbres et arbustes en soit responsable. Si l'allergie arrive en plein été, il s'agit probablement plus de pollens de plantes graminées comme le maïs, le blé, le foin, etc. Finalement si les problèmes surviennent en automne, il s'agit généralement plutôt de plantes herbacées comme l'herbe à poux ou même la pelouse qui répandent leur pollen surtout à partir de juillet jusqu'en octobre. Connaître ce à quoi vous êtes allergiques peut vous aider beaucoup à éviter le plus possible d'être en contact avec l'allergène responsable. Des tests cutanés ou autres peuvent être réalisés chez un médecin spécialiste (allergologue) pour déterminer le ou les antigènes qui vous font réagir.

Les méthodes d'évitement

Les allergies aux pollens ou toute autre protéine aéroportée sont plus intenses par temps chaud, sec et venteux. Le temps sec et chaud permet en effet à ces substances de voler plus haut dans les airs et le vent les transporte partout. Ce sont des journées où ceux qui sont allergiques devraient limiter le plus possible leurs randonnées à l'extérieur et garder les fenêtres fermées. La climatisation peut alors les aider. À l'inverse, les jours de pluie constituent pour ces personnes le moment idéal d'aérer leur demeure. Les pollens dans une atmosphère chargée d'humidité restent près du sol. Porter des lunettes soleil permet d'éviter un contact direct entre l'allergène présent dans l'air et la muqueuse de l'œil. On peut réduire ainsi ou même éviter les yeux qui piquent. Ne faites pas sécher votre linge à l'extérieur. Les tissus mouillés pendus à une corde à linge filtrent l'air en accumulant les pollens entre leurs fibres. Ce sont ces draps gorgés de pollens dans lesquels vous dormirez ce soir; une nuit de toux, d'éternuements et de congestion est à prévoir si vous êtes allergique.

Les traitements

Si, tout en évitant le contact avec la substance allergène, vos symptômes persistent à vous gâcher l'existence, il existe diverses solutions. La désensibilisation progressive peut s'avérer efficace pour diverses allergies. Cette thérapie (DPE) consiste à injecter un enzyme à laquelle on ajoute une très faible concentration de l'allergène. Ces injections sont répétées en augmentant graduellement la dose d'allergène durant une période de 2 à 3 mois. Autre que la DPE, plusieurs médicaments peuvent vous aider à soulager les symptômes comme les antihistaminiques, les corticoïdes (exemple : la cortisone) et les broncho-dilatateurs (exemple : Ventolin).

Conseils d'usage

Les allergies ne devraient pas être prises à la légère. Il faut se rappeler qu'un individu allergique à une substance est beaucoup plus susceptible de devenir allergique à d'autres allergènes que quelqu'un qui ne souffre d'aucune allergie. La fumée de cigarette est un irritant puissant qui favorise des poussées d'allergie plus fréquentes et plus sévères; donc c'est à éviter. La poussière est l'ennemi numéro 2 de la personne souffrant d'allergie; à éviter aussi.

Les allergies les plus sévères

Ici, il ne s'agit plus de symptômes bénins, mais plutôt de complications qui peuvent s'avérer sérieuses, voire mortelles. On les retrouve particulièrement dans deux cas : l'asthme et les allergies alimentaires.

L'asthme

On pourrait la décrire simplement en disant que l'asthme est une réaction allergique des tissus pulmonaires. En somme, les bronches et leurs ramifications se mettent à enfler diminuant ainsi l'entrée d'air dans les poumons. Les personnes qui souffrent d'asthme doivent être en mesure d'identifier le mieux possible les facteurs qui provoquent une crise d'asthme. Notons qu'aujourd'hui avec une médication adéquate et un programme adapté d'activités physiques la grande majorité des personnes souffrant d'asthme peuvent espérer vivre une vie tout à fait normale non pas en éliminant, mais en contrôlant leur asthme.

Les allergies alimentaires

C'est une réaction allergique qui se produit après avoir ingéré un aliment ou un additif alimentaire quelconque. Les aliments qui suscitent le plus de réactions chez ceux qui y sont allergiques sont les arachides, les poissons, les crustacés et leurs sous-produits, le lait et les œufs. Bien sûr, certaines personnes peuvent être allergiques à d'autres aliments comme les noix, le blé, le sésame, les sulfites, etc. Il faut éviter de confondre une intolérance alimentaire qui n'occasionne pas de symptômes allergiques avec une réelle allergie. Ce qui est le plus à craindre dans les allergies alimentaires est le choc anaphylactique. Il s'agit d'une réaction allergique sévère qui peut toucher plusieurs systèmes (gastro-intestinal, respiratoire, cardio-vasculaire, etc.) et qui, non traitée, peut s'avérer mortelle. Les premiers symptômes de l'anaphylaxie sont :

Bouche : Démangeaisons au niveau des lèvres, de la langue, du palais suivi d'enflure de ces parties. On perçoit un goût métallique en bouche.

Peau : Rougeurs, éruptions, démangeaisons, urticaire et sensation de chaleur.

Système digestif : Nausées, douleurs ou crampes au ventre, vomissements et diarrhées.

Respiration : Serrement à la gorge. Difficulté à avaler. Chez les jeunes enfants, les pleurs seront modifiés. Démangeaisons au nez et dans les oreilles. Congestion nasale avec écoulement. Essoufflement et difficulté à respirer. Toux persistante, voix rauque. Couleur bleutée de la peau.

Cœur : Pouls rapide et faible. Pâleur, sueurs froides, Faiblesse, perte de conscience, étourdissements, douleur à la poitrine, chute de tension artérielle.

Dès les premières manifestations de ces symptômes, il faut administrer de l'épinéphrine ( ÉpiPen®, Twinject®). Évidemment les personnes souffrant d'allergies alimentaires doivent éviter de consommer tout aliment contenant ou ayant été en contact avec l'allergène auquel elles sont sensibles, ce qui est loin d'être aussi simple qu'il n'en parait.

Quelques sites d'intérêt