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18/08/2018 06:00 EDT | Actualisé 18/08/2018 06:00 EDT

L’anxiété: quand trop est pire que pas assez

Lorsque l'anxiété hypothèque trop la qualité de vie, il faut songer à consulter.

Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime.
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Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime.

L'anxiété est une attitude développée durant l'évolution humaine pour assurer la survie de l'humanité. Une certaine anxiété va éveiller nos sens et les placer dans un état d'alerte bien souvent salutaire.

Par exemple, lorsque nous circulons aux abords de routes achalandées, nos sens doivent rester en éveil afin de percevoir les sons des automobiles qui viennent dans toutes les directions. Nos yeux sont aussi sollicités, afin de bien identifier la menace éventuelle d'un véhicule qui passerait trop près et risquerait de vous happer. Nos nerfs sensitifs percevront plus efficacement les vibrations du sol vous annonçant la venue d'un véhicule et sa distance.

Toute cette mise en alerte de nos systèmes sensoriels et moteurs est essentielle à notre protection. Une personne moins consciente du danger pourrait devenir une victime. Par exemple, un enfant qui joue au ballon. Son ballon rebondit vers la rue et, ne pensant qu'à le récupérer, il s'élance sans attention à sa poursuite et se fait frapper. Une certaine anxiété est donc salutaire.

Quand trop, c'est trop

Mais trop d'anxiété ou une anxiété sans raison valable sont tout aussi dommageables. Si quelqu'un en arrive à avoir tellement peur de traverser une rue qu'il ne sort plus, il y a un problème. L'évaluation du danger (traverser une rue) est ici exagérée et la conséquence (rester à la maison) est démesurée par rapport à la menace réelle.

Une anxiété mal évaluée peut donner naissance à bien des désordres de comportement. Nous en examinerons ici certains.

1- L'attaque de panique

Calmement assis dans votre fauteuil en train de lire, le téléphone sonne. Soudainement, votre cœur se met à battre rapidement, vous suez, vous tremblez, vous avez l'impression d'être à court de souffle, vous vous sentez très inconfortable et nauséeux.

Ces symptômes peuvent être ceux d'une attaque de panique. Certains éprouveront aussi l'impression d'être surexcités, instables, illuminés ou sur le point de s'évanouir. Pour d'autres, l'anxiété est telle qu'ils en éprouvent la peur de mourir, de devenir fou ou de perdre le contrôle.

Comme vous voyez, la liste des symptômes possibles est longue. Comme notre but n'est pas ici de porter un diagnostic, nous l'avons volontairement écourtée. Et il y a un danger à s'autodiagnostiquer. Ainsi, la première énumération des symptômes (accélération du rythme cardiaque, se sentir à bout de souffle, inconfortable et nauséeux) pourrait aussi convenir à un début de crise cardiaque.

Avant de conclure à la crise de panique, le spécialiste aura évalué toutes ces possibilités.

2- L'agoraphobie

Agoraphobie vient de deux mots en langue grecque antique: Agora qui était une place publique importante à Athènes en Grèce et phobia, qui signifie peur. L'agoraphobie est donc la peur de se retrouver dans une place publique.

La personne atteinte ressentira une peur de se trouver dans un endroit public quelconque ou peur de ne pouvoir s'en retirer à sa guise. Par exemple, elle pourra se sentir très mal à l'idée d'aller au cinéma, une salle où, en principe, on doit attendre la fin du film pour sortir.

3- Les attaques de paniques sans agoraphobie

Certaines personnes peuvent ressentir des attaques de panique sans pour autant avoir des problèmes d'agoraphobie. Un téléphone qui sonne, quelqu'un qui frappe à la porte ou simplement la peur de subir une attaque de panique représentent des facteurs qui, chez certains, vont provoquer le déclenchement de la crise.

4- Les attaques de paniques avec agoraphobie

D'autres personnes souffrant d'agoraphobie connaîtront une attaque de panique dans un lieu public. La crainte de revivre une telle attaque dans des circonstances semblables contribuera à augmenter leur agoraphobie.

Lorsque cette dernière devient un frein à une vie normale, il convient de consulter. La bonne nouvelle: ça se traite et les résultats sont des plus encourageants. Du tiers à la moitié des personnes qui ressentent des désordres liés à la panique vont aussi souffrir d'agoraphobie.

5- Les phobies spécifiques

Ici, sont inclues toutes les phobies (peur) des animaux (peur des chiens, des chats, etc.), des insectes (ex.: peur des araignées ou arachnophobie), peur du sang ou des blessures, peur du tonnerre, des éclairs, peur des hauteurs, peur de certains endroits spécifiques: ponts, tunnels, ascenseurs, avions, etc.

La phobie peut se manifester en présence de l'élément stressant, comme en présence du chien, pour quelqu'un qui a cette phobie. Mais elle peut tout aussi bien se présenter dès que la personne pensera qu'elle sera éventuellement en présence du chien.

Ainsi, certaines personnes en viendront à ne plus sortir de peur de rencontrer un chien, une araignée, un chat, ou autre.

6- Les phobies sociales

Ces phobies se caractérisent lorsqu'une personne craint de se voir ridiculiser en public. Ceux qui sont atteints de cette phobie craignent par-dessus tout d'être jugés par les autres comme étant faibles, anxieux, fous ou stupides. Ils craindront qu'on voie leurs mains trembler.

Souvent ces gens refuseront de manger, de boire, de parler dans un endroit public par crainte de se voir jugés par les gens autour d'eux.

7- Les troubles obsessifs compulsifs (TOC)

Les TOC sont de mieux en mieux connus. Plusieurs exemples peuvent illustrer ce trouble. Il pourra s'agir de l'obsession d'avoir les mains propres. Ou celle de s'assurer d'avoir éteint toutes les lumières avant de quitter la maison.

Certaines personnes pourront refaire 10 fois, 20 fois le tour complet de la maison avant d'accepter tant bien que mal de partir. Les obsessions les plus répandues sont celles reliées à l'hygiène (peur d'être contaminé), les doutes répétitifs (peur d'avoir oublié de verrouiller les portes, fermer les lumières, peur d'avoir heurter un piéton lors d'une balade en auto, etc.), le besoin d'un ordre rigoureux (les objets doivent être placés de telle ou telle façon), la peur de perdre le contrôle et se mettre à hurler des insanités dans des lieux publics, la peur de fixer son esprit dans des images de pornographie.

Pour éviter ces situations, certains développeront des rituels comme se mettre à compter à rebours de 200 à 100 par saut de 3, répéter mentalement des suites de mots du dictionnaire, etc. Les troubles obsessifs compulsifs peuvent devenir un handicap grave à une vie normale. La personne atteinte se doit de consulter. Ici encore, les thérapies offrent de bons résultats.

8- Les stress post-traumatiques

L'image classique du stress post-traumatique est le soldat de retour d'une guerre sanglante et meurtrière. Lorsqu'il rencontre un stimulus semblable à celui vécu en guerre, il se retrouve sous le choc comme s'il se retrouvait dans sa tranchée voyant ses copains mourir.

Par exemple, le son d'une sirène pourra le replonger dans le même état de détresse psychologique qu'il vivait en temps de guerre. D'autres circonstances peuvent donner lieu à des chocs post-traumatiques.

Par exemple, une personne qui a vécu un arrêt cardiaque pourra vivre une grande anxiété ou une crise de panique si un stimulus lui rappelle un événement se rapprochant de la crise cardiaque. Le stress post-traumatique peut se manifester immédiatement après le traumatisme, il peut s'étendre sur une longue période après le traumatisme ou encore il peut apparaître beaucoup plus longtemps après le traumatisme. Ici encore, lorsqu'il hypothèque trop la qualité de vie, il faut songer à consulter.

En somme, lorsque l'anxiété semble un problème, mieux vaut consulter.


Ce texte a été extrait et adapté du livre Stress et anxiété, votre guide de survie, par Claude Bélanger et Jacques Beaulieu, éditions La Semaine

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