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04/02/2019 10:25 EST | Actualisé 04/02/2019 10:25 EST

Suicide: et si tout n’était pas aussi noir qu’on le pense?

Vouloir mourir, c'est vouloir éteindre ce que nous sommes présentement. Rien à voir avec le fait de s'enlever la vie. C'est plutôt une invitation à renaître sous une forme qui nous conviendra mieux.

Sachez que, même dans les moments les plus noirs, il est possible que ça ne soit pas aussi noir qu'on le pense: tout est et sera toujours une question de perception.
skaman306 via Getty Images
Sachez que, même dans les moments les plus noirs, il est possible que ça ne soit pas aussi noir qu'on le pense: tout est et sera toujours une question de perception.

Il y a 20 ans cette année, j'ai voulu mourir. C'était un 14 février.

Dévalant les montagnes russes de la dépression depuis quelques mois, j'en ai eu marre de ressentir le «grand vide intérieur», de sentir que mon âme était déjà partie, qu'elle avait littéralement abandonné mon corps à son triste sort.

Bien entendu, je n'étais pas en dépression pour rien. C'était l'accumulation de plein de choses: des frustrations, des colères, des incompréhensions qui me venaient surtout de mon enfance. Hé oui, ces sacrés parents qui aiment bien croire qu'ils ont fait de leur mieux!

Ainsi, comme le solage de ma demeure intérieure n'était pas construit sur quelque chose de solide, ça a fini par s'ébranler et j'ai senti le sol se dérober sous mes pieds. C'est alors que je suis descendue au fond du trou et j'ai voulu mourir pour mettre un terme à toute cette souffrance. Pour moi, mes raisons étaient/sont valables. Pour quelqu'un d'autre, ça peut/pourrait paraître critiquable. Peu importe.

Notre perception de la réalité

L'important — ce que je tiens à vous dire ici aujourd'hui — c'est que même dans les moments les plus noirs, il arrive que ça ne soit pas aussi noir qu'on le pense. Hormis certaines situations extrêmement éprouvantes qui nous rendent totalement impuissants, tout est et sera toujours une question de perception.

Pour ma part, j'avais entretenu la perception que j'allais être socialement handicapée toute ma vie parce que je n'avais pas reçu les outils nécessaires à mon épanouissement au cours de mon enfance.

Au fond, je remettais tout le pouvoir de ma vie à une situation qui était passée et dont on ne pouvait plus rien.

L'importance que nous donnons aux situations: voilà où se trouve la clé.

C'est cette fameuse cassette que nous repassons en boucle dans notre tête et qui nous rappelle à quel point la vie est injuste, combien nous sommes malchanceux, etc.

Le problème, c'est que nous regardons beaucoup trop tout ce qui ne fonctionne pas et oublions de soulever les bons coups et de nous féliciter pour toutes nos victoires, petites ou grandes.

Je pense que si les gens autour de nous sont capables d'avoir une lueur d'espoir quand ils regardent notre vie, c'est qu'il y en a forcément une. Toutefois, notre esprit est parfois tellement intoxiqué par toutes ces pensées négatives et défaitistes que nous entretenons et alimentons depuis toujours qu'il est impossible pour nous d'arriver à entendre et à comprendre ce qu'il en est réellement. Et c'est là que le mal s'installe.

L'envie de mourir: un message pour nous amener à nous revisiter

Je pense que tout état dépressif nous menant à vouloir commettre un suicide, c'est une graine que nous avons plantée et alimentée au fil des ans. Ça peut être quelque chose dont nous avons extrêmement honte et que nous ressassons constamment. Une injustice sur laquelle nous refusons de lâcher prise. Un rejet ou un abandon... Ou un rêve qui devient notre seule bouée de secours et qui, s'il ne se réalise pas, nous donne envie de démissionner de notre vie.

Oui, nous sommes épuisés mentalement, émotionnellement et physiquement d'avancer dans une vie qui ne semble être que déceptions, mais notre âme ne veut pas réellement que nous abandonnions la partie.

Oui, nous en avons marre; oui, nous sommes épuisés mentalement, émotionnellement et physiquement d'avancer dans une vie qui ne semble être que déceptions, mais notre âme ne veut pas réellement que nous abandonnions la partie. Elle veut tout simplement nous amener à regarder au fond de nous-mêmes tout ce que nous refoulons, refusons de voir et d'admettre, et ce, afin de nous permettre de voyager plus léger pour le reste de notre existence.

La dépression, l'envie de baisser les bras, sont des moyens détournés que la vie prend pour nous amener à démêler tous les fils qui se sont emmêlés afin que nous puissions repartir à neuf — sur de nouvelles bases — en sachant désormais qui nous sommes réellement et ce que nous valons et voulons véritablement dans la vie.

Vouloir mourir, c'est vouloir éteindre ce que nous sommes présentement. Rien à voir avec le fait de s'enlever la vie. C'est plutôt une invitation à renaître sous une forme qui nous conviendra mieux.

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