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04/03/2018 08:00 EST | Actualisé 04/03/2018 08:00 EST

Sommes-nous vraiment capables d'accueillir ce que nous désirons?

La voix qui craint de voir notre vie ne plus être pareille va même jusqu'à nous faire abandonner les seuls projets qui donnent véritablement un sens à notre existence.

Silke Woweries via Getty Images

Ce n'est pas facile d'obtenir ce qu'on veut dans la vie, mais encore plus difficile d'être capable de lui faire de la place lorsque ça se présente.

Je crois que cela nous est tous arrivé d'espérer qu'une situation se concrétise pour réaliser, une fois que celle-ci est sur le point de s'installer, qu'on a les jetons et que, de ce fait, ça nous donne presque envie de rebrousser chemin.

Ce n'est pas que nous ne le voulons plus, c'est que nous sommes totalement déboussolés et déstabilisés parce que le rêve devient enfin réalité et nous craignons alors de ne pas pouvoir gérer les choses adéquatement. Nous avons peur de ce que cette nouvelle situation va apporter ou changer à notre vie.

Il est tout à fait impossible d'évaluer exactement comment on va se sentir avant d'être confronté à ladite chose. On peut en avoir une brève idée, mais ce n'est souvent que lorsque les choses deviennent sérieuses que les grands questionnements apparaissent.

Il faut dire que la routine, le déjà-vu et le déjà-ressenti, ça nous sécurise. Et ce, même si ce qui compose notre routine est parfois malsain et souvent emmerdant. Au moins, nous avons la compensation - la mince compensation - de bien connaître et de maîtriser ce qui nous arrive.

La bataille entre nos deux voix

Quand ce qu'on a si longuement souhaité nous arrive, c'est souvent la cacophonie qui s'installe dans notre tête. Nous sommes tiraillés entre la voix qui a contribué à attirer à nous les circonstances désirées et la voix qui ne sait plus trop quoi faire de ces mêmes circonstances. Elle nous fait nous sentir impuissants, impotents, inaptes à gérer les nouvelles conditions qui veulent se présenter à nous.

C'est la voix qui transporte les craintes et les doutes et, de ce fait, elle est très convaincante quand elle s'y met. Parfois, elle nous fait tellement la vie dure que nous acceptons de lui céder victoire, car nous n'en pouvons plus d'avoir à supporter la grosse boule d'émotions confuses qui a élu domicile au fond de notre poitrine.

Si nous capitulons, allons-nous nous sentir mieux? Fort probablement sur le coup, mais il y a de fortes chances pour que la déception embarque quelques heures ou quelques jours plus tard. Une fois que nous nous sentirons en sécurité à nouveau, nous réaliserons l'impact de ce que nous avons abandonné. Tout cela parce que nous n'avons pas eu le courage d'aller voir un peu plus loin ce qu'il en est.

Dans ma vie, j'ai vu des gens refuser un meilleur emploi ou une promotion parce que la crainte de ne pas être à la hauteur ou de ne plus être aux commandes de leur vie était plus forte que le désir d'être enfin reconnus pour leur talent. J'ai vu aussi des gens qui souhaitaient ardemment tomber en amour qui ont balayé celui-ci du revers de la main lorsqu'il s'est présenté parce que c'était trop insécurisant de devoir se rapporter ou dépendre de quelqu'un d'autre. C'est aussi cette même peur qui fait qu'une personne qui désire s'en sortir revient immanquablement vers la situation qui la tue à petit feu.

La voix qui craint de voir notre vie ne plus être pareille va même jusqu'à nous faire abandonner les seuls projets qui donnent véritablement un sens à notre existence. Et, bien évidemment, elle nous incite à nous éloigner des gens qui, possiblement, apporteraient de la couleur et de l'amour dans notre vie.

Affronter le monstre

Au fond, lorsqu'on y réfléchit bien, ne vaudrait-il pas mieux mettre en sourdine ce dialogue intérieur qui nous invite à rester dans le connu et la médiocrité et, tout simplement, foncer tête première sur le monstre : l'affronter.

Ne valons-nous pas la peine de juste essayer pour voir? D'aller un peu plus loin dans ce processus qui est peut-être fort inconfortable, mais qui ne demande qu'à être mieux compris et apprivoisé?

Donnons-nous le mérite d'accueillir dignement ce que nous avons demandé et si ça ne nous convient pas plus tard, nous pourrons réajuster le tir et émettre un nouveau désir.

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