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29/04/2018 08:00 EDT | Actualisé 29/04/2018 08:00 EDT

Qu’est-ce que le pardon en réalité?

Si nous nous entêtons à en vouloir aux autres, nous ne faisons qu'accentuer la blessure.

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Comment arrive-t-on à savoir si on a pardonné à quelqu'un? Est-ce quand on est capable de côtoyer cette personne sans qu'il n'y ait plus aucune friction entre nous? Est-ce lorsqu'on réussit à parler d'elle sans sentir de l'inconfort?

Mais d'abord et avant tout, qu'est-ce que le pardon exactement?

Que justice soit faite

Parmi les premières personnes à qui nous devons pardonner, on retrouve certainement nos propres parents.

Bien que plusieurs d'entre eux clament avoir fait de leur mieux, il reste que les enfants se retrouvent souvent à écoper pour toutes les blessures encore à vif et les comportements qui en découlent. Certains en garderont d'ailleurs des séquelles toute leur vie.

Mais de leur en vouloir nous aide-t-il véritablement à avancer? Bien sûr que non. C'est plutôt l'inverse.

Ma théorie sur le sujet est que celui qui entretient de la rancœur est celui qui souffrira toujours le plus.

Ma théorie sur le sujet est que celui qui entretient de la rancœur est celui qui souffrira toujours le plus. La plupart du temps, la personne qui nous a agressés ou contrariés est déjà passée à un autre appel. À la limite, elle ne réalise même pas la portée de ses gestes. C'est choquant; je sais... mais c'est la vérité.

Alors, pourquoi vouloir s'acharner? Parce que nous voulons que justice soit faite? Et de quelle justice parle-t-on exactement? De notre désir de voir l'autre subir les mêmes épreuves que nous avons vécues? Pensons-nous réellement que nous nous sentirions en paix si une telle chose venait à survenir?

Peut-être sur le coup – parce que ça lui servirait de leçon –, mais je ne pense pas qu'on puisse racheter toute la peine, la honte et la frustration que nous avons pu vivre en faisant subir le même châtiment à cette personne.

Les fameuses excuses

Je dois avouer que, bien souvent, de ne pas comprendre pourquoi on nous a traités de telle manière ou on s'est comporté de telle manière, c'est ce qui nous empêche d'avancer. J'ai moi-même été prise dans cet engrenage pendant plusieurs années, essayant de comprendre pourquoi ma mère avait pu être aussi méprisante envers moi.

Mais mon constat est que, malheureusement, tout ne s'explique pas. Bien souvent, les personnes qui ont mal agi ne savent même pas elles-mêmes pourquoi elles ont fait ce qu'elles ont fait.

Alors, si nous nous accrochons à l'idée que de mieux comprendre les motivations de l'autre personne nous aidera à nous sentir plus libres, il est possible que cela n'arrive jamais.

Même chose pour les excuses qui, nous le croyons, aideront à minimiser un peu l'offense. Il est vrai que ça ne peut pas faire de torts, mais encore là, nous devenons totalement dépendants de celui ou de celle qui nous a blessés. Nous continuons à lui donner un « droit de vie ou de mort » sur nous. Façon de parler, bien entendu.

Un travail qui se fait en solo

Selon moi, le pardon est un travail qui doit se faire en solo. À partir de l'instant où nous devons compter sur la collaboration des autres ou des circonstances, celui-ci risque de ne jamais arriver.

En réalité, nous avons tout ce qu'il faut à l'intérieur de nous pour raisonner correctement et ainsi rectifier le tir.

  • Pardonner, c'est d'abord et avant tout se choisir.
  • C'est de refuser de se voir comme une victime, même si à l'époque nous l'étions probablement.
  • C'est d'abandonner tous ces ressentiments qui n'amènent que de la lourdeur dans notre vie.
  • C'est d'arrêter de s'autoflageller en ressassant sans cesse le passé.

Si nous nous entêtons à en vouloir aux autres, nous ne faisons qu'accentuer la blessure. Nous nous enfermons davantage dans l'humiliation, dans la honte. En un mot, nous devenons notre propre agresseur en perpétuant le mal que quelqu'un d'autre a commencé.

Le jour où j'ai arrêté de vouloir chercher à comprendre ou d'espérer une quelconque forme de réparation, c'est à ce moment-là que je me suis sentie plus libre.

Tout à coup, je reprenais mon pouvoir. Je redevenais maître de ma destinée. Et, surtout, je regardais droit devant en mettant toutes mes énergies là où il est possible de faire différemment, mais surtout, de faire mieux.

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