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08/04/2018 08:00 EDT | Actualisé 08/04/2018 12:46 EDT

L’état d’acceptation qui change tout

Denis fait partie de ces personnes qui, du jour au lendemain, ont dû faire face à une situation qui les a totalement submergées.

Jackie B. Hamilton

On reconnaît les gens qui ont traversé des tempêtes à leurs paroles qui se veulent beaucoup plus profondes et remplies de sagesse que la moyenne d'entre nous. Il y a dans leur œil cette étincelle qui, à elle seule, nous laisse percevoir, l'espace d'un instant, toute la souffrance qu'ils ont dû endurer pour pouvoir se tenir là debout devant nous aujourd'hui.

Quand le scénario bascule

Denis fait partie de ces personnes qui, du jour au lendemain, ont dû faire face à une situation qui les a totalement submergées.

Dans son cas, ce fut l'annonce de la découverte d'une masse importante sous la clavicule, masse qui allait nécessiter une intervention chirurgicale complexe et qui, selon le degré de réussite de celle-ci, pourrait changer à jamais le cours de sa vie.

En effet, il était possible qu'il perdre son bras droit et l'usage de la parole si, malencontreusement durant l'opération, on en venait à toucher à certains nerfs reliés aux cordes vocales.

Pour cet homme en pleine forme, ça a été tout un choc. Les premières semaines ont été des plus angoissantes. Puis, après avoir analysé la situation dans tous les sens, il s'est dit qu'il ne servait à rien de regarder en arrière puisque le passé ne reviendra jamais. Tout comme il ne servait aussi à rien de regarder trop en avant puisque nous ne pourrons jamais tout contrôler. Le passé amène les regrets ou la nostalgie; le futur nous met dans un état d'anticipation qui crée du stress et de l'anxiété, une combinaison inadéquate lorsqu'on désire s'en sortir.

L'ici, maintenant

Il a alors réalisé que l'espace dans lequel il devait être pour arriver à traverser cette épreuve, c'était « l'ici, maintenant », c'est-à-dire accepter ce qui est en train de se passer dans l'immédiat.

L'image qu'il en avait était qu'il devait se laisser porter par le courant de la rivière qui, parfois, peut être déchaîné et, parfois, retrouve sa force tranquille et se veut réconfortante.

Durant sa convalescence, Denis a aussi réalisé à quel point tout peut changer en 15 minutes. La durée est symbolique et personnelle à chacun. Il peut s'agir d'une heure, d'une journée ou d'une semaine...

Il se rappelle, entre autres, de la douleur insoutenable qui, souvent 15 minutes plus tard, s'était considérablement estompée, lui apportant alors un répit fort apprécié. C'est alors qu'il a compris que tout finit toujours par passer.

La force de l'arbre

Durant les mois qui ont précédé son opération, Denis a beaucoup médité en forêt et, un jour, il est tombé sur un arbre qui semblait en avoir long à lui apprendre. Celui-ci avait poussé dans des conditions difficiles et, pourtant, il se tenait toujours là fièrement, tout en haut d'une montagne, à surplomber la vallée. Cet arbre est devenu une inspiration pour lui. Son ami. Il en parle d'ailleurs dans ces termes :

« J'aime cet arbre parce qu'il pousse sur un énorme rocher sans sol fertile, sans nutriments de première qualité.

Blessé, mais résilient, il tient bon, peu importe le temps. Hiver comme été, il est droit et fier. Il est le plus bel arbre à mes yeux. Même amputé, il est là. Il survit grâce à ses forces, mais aussi ses limites.

Jackie B. Hamilton

Vulnérable, il doit collaborer avec les autres plantes et être en parfaite communion avec son entourage. Un simple échange naturel, tout en équilibre. Un écosystème qui cohabite en parfaite harmonie. Donner, recevoir, évoluer et croître.

C'est la force de la nature qui nous enseigne parfois la meilleure façon d'être. Suffit d'observer, de contempler. »

Aujourd'hui, Denis s'avère un cas spécial pour la médecine, car il est un des rares à avoir pu retrouver l'usage complet de son bras après une telle opération. Il se plaît d'ailleurs souvent à lever les bras très haut vers le ciel en s'exclamant joyeusement : « Je suis un capteur d'abondance! » Et à voir à quel point il s'en est sorti, nous ne pouvons que le croire sur parole.

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