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30/03/2019 06:00 EDT | Actualisé 13/05/2019 16:32 EDT

Impulsifs ou réfléchis?

Tout ce qui est dit sur le coup de la colère est fait de façon maladroite et n'a pour seul but que de faire taire notre propre mal en faisant mal à notre tour.

Apisit Sorin / EyeEm via Getty Images
À partir de l'instant où nous ne nous sentons plus attaqués, nous n'avons plus autant besoin de nous faire entendre haut et fort.

Pas facile de garder son calme lorsque quelque chose vient nous chercher profondément. Le pire, c'est que, bien souvent, la raison ne justifie pas nécessairement la réaction. Allez savoir pourquoi, une petite offense peut parfois créer en nous toute une tempête, alors qu'un très gros affront nous laissera tout à fait de glace.

Chaque être humain a ses propres blessures et réagit en fonction de tout ce qui stimule celles-ci.

Mais la plupart du temps, il ignore lui-même totalement ce qui aura un impact sur l'intensité avec laquelle il exprimera son mécontentement. Parfois, ça saute comme une bombe et, à d'autres moments, ça semble plus facilement dissimulable et contrôlable.

Pourtant — on ne va pas se leurrer — tous ces emportements qui vont et viennent sans qu'on ne sache trop pourquoi finissent souvent par créer des dommages collatéraux.

Combien de mots ont été prononcés à tort? Combien de gestes ont été posés et amèrement regrettés? Tout cela au nom de l'impulsivité!

Apprendre à s'analyser

Si nous ne prenons pas l'habitude de nous arrêter pour nous questionner sur nos réactions intenses afin de savoir ce qui met le feu aux poudres, quand et pourquoi ça arrive, nous risquons de nous retrouver dans des situations que nous n'aurons pas du tout souhaitées. Nos comportements finiront immanquablement par affecter nos relations, qu'elles soient amicales, professionnelles ou amoureuses.

Petite parenthèse ici... Péter les plombs ou bouder, pour ma part, ça s'équivaut. C'est la même colère: l'une exprimée et l'autre, refoulée. Et chacune des parties s'en trouve automatiquement affectée.

La paille dans l'oeil du voisin

Habituellement, nous n'avons pas de problèmes à voir tout ce qui ne va pas chez l'autre. Nous sommes souvent d'ailleurs assez rapides sur la gâchette lorsque vient le temps de déballer tout ce qui nous dérange. Et si nous faisions le même exercice envers nous-mêmes pour faire changement?

Pourquoi ne pas isoler chaque situation inconfortable dans laquelle nous sommes impliqués en regardant, d'une part, ce qu'elle nous fait vivre et, d'autre part, ce qu'elle fait vivre à l'autre et, surtout, en inversant les rôles — très important — pour bien saisir ce qu'il en est.

Bien souvent, on pense que certaines réactions de la part de l'autre sont tout à fait injustifiées jusqu'au moment où on réalise que, finalement, on aurait probablement réagi de la même façon si ça nous était arrivé à nous.

De se mettre dans les souliers de l'autre aide toujours à intervenir de façon plus juste et équitable et c'est souvent ce qui nous amène à tempérer nos réactions impulsives. Pourquoi? Parce qu'à partir de l'instant où nous ne nous sentons plus attaqués, nous n'avons plus autant besoin de nous faire entendre haut et fort.

Se mettre dans les souliers de l'autre rend cette dernière moins hostile. Ça invite la compassion à nous habiter, compassion qui est souvent nécessaire pour nous permettre de mieux analyser ce qu'il en est et, ainsi, de passer d'un comportement impulsif à un comportement beaucoup plus réfléchi.

Tout ce qui est dit sur le coup de la colère est fait de façon maladroite et n'a pour seul but que de faire taire notre propre mal en faisant mal à notre tour: ne l'oublions pas. Ça n'arrange rien et ça peut, au contraire, tout détruire.

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