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18/11/2018 06:00 EST | Actualisé 18/11/2018 06:00 EST

L'importance de ne pas s'arrêter à une première version de la «vérité»

Trop souvent nous nous empêchons de faire ou d'obtenir quelque chose parce que nous nous arrêtons à la première idée qui nous dit que c'est impossible.

En ce qui concerne Manon, nous ne pouvons malheureusement pas revenir en arrière, mais que son histoire nous serve de leçon, à savoir qu'il ne faut jamais s'arrêter à une première version de la «vérité».
Alessandro Di Crescenzo / EyeEm via Getty Images
En ce qui concerne Manon, nous ne pouvons malheureusement pas revenir en arrière, mais que son histoire nous serve de leçon, à savoir qu'il ne faut jamais s'arrêter à une première version de la «vérité».

Ceux et celles qui me suivent de près connaissent un peu l'histoire de mon amie, Manon Gardner, qui a volontairement arrêté de s'alimenter et de s'hydrater pour mettre fin à ses jours. Or, nous avons découvert, pendant qu'elle agonisait, qu'elle aurait eu droit à l'aide médicale à mourir. Je précise ici que Manon était atteinte d'une forme sévère de sclérose en plaques et qu'elle devait désormais compter sur l'aide de quelqu'un pour tous ses besoins.

En fait, Manon a fait confiance à ses sources de renseignement. On lui a dit une chose et elle ne l'a pas questionnée. Et, force est d'admettre que nous l'avons suivie dans ceci, comme si nous étions tous à moitié aveugles et sourds. Pourquoi? Parce qu'on a eu le réflexe de penser que si un médecin ne sait pas que la loi sur l'aide médicale à mourir existe, ça doit forcément être une vraie vérité. Erreur.

Nous ne sommes que des humains

Ici, nous avons oublié que nous ne sommes que des êtres humains. De ce fait, nous pouvons parfois avoir raison, mais nous avons aussi tort la plupart du temps, car nous basons nos affirmations sur ce que nous savons. Toutefois, ce que nous prenons pour la vérité est en constante évolution. La preuve: ce qu'on affirmait dur comme fer il y a des décennies par rapport à la science ou à la santé est aujourd'hui démenti.

J'ai toujours pensé que quelqu'un, quelque part savait... Que quelqu'un, quelque part, connaissait un moyen, une façon, une solution. Mais, malheureusement, mon réflexe de tout questionner s'est tenu tranquille cette fois-ci et je me suis fiée à ce que Manon avait récolté comme informations.

Il n'existe pas une vérité, mais des vérités

Je ne sais pas ce que vous vivez présentement, mais je vous assure qu'il ne faut jamais s'arrêter sur un diagnostic ou sur réponse qui ne vous satisfait pas. Il faut valider encore et encore avec plus d'une personne, jusqu'à avoir l'impression de se rapprocher de ce qui nous semble être la «vraie» vérité.

Je crois que nous le savons, au fin fond de nous, quand une réponse nous semble insatisfaisante. Je ne parle pas ici d'être en plein déni de la réalité. Parfois, nous avons cette petite voix à l'intérieur qui nous dit que ça n'est pas possible ce qu'on nous dit, ce qui nous arrive... et c'est peut-être le cas, en réalité. Nous ne le saurons jamais, si nous nous arrêtons à une première version de la vérité.

Lorsque nous aurons été jusqu'au bout, nous pourrons nous apitoyer sur notre sort ou, au contraire, mettre en place tout ce qu'il faut pour faire face à la situation.

Je nous encourage fortement à frapper à plusieurs portes pour valider les faits, à ne pas baisser les bras aux premiers propos entendus, comme ce fut malheureusement le cas pour mon amie, Manon Gardner.

Soyons entêtés s'il le faut! Et lorsque nous aurons été jusqu'au bout, là seulement, nous pourrons nous apitoyer sur notre sort ou, au contraire, mettre en place tout ce qu'il faut pour faire face à la situation.

Cela vaut aussi pour tout ce que nous espérons dans la vie. Trop souvent nous nous empêchons de faire ou d'obtenir quelque chose parce que nous nous arrêtons à la première idée qui nous dit que c'est impossible. Rappelons-nous que peu de choses sont inaccessibles quand on a la force d'y croire et de faire ce qu'il faut pour s'en rapprocher.

En ce qui concerne Manon, nous ne pouvons malheureusement pas revenir en arrière, mais que son histoire nous serve de leçon, à savoir qu'il ne faut jamais s'arrêter à une première version de la «vérité».

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