LES BLOGUES
20/05/2018 08:00 EDT | Actualisé 20/05/2018 08:00 EDT

Ces personnes et ces situations que nous idéalisons

S'il faut apprendre à apprécier les qualités des uns, il faut aussi apprendre à nous adapter aux défauts des autres.

Shutterstock

Trop souvent, nous nous accrochons à une personne ou à une situation en pensant que ce que nous sommes en train de vivre ne pourra jamais être égalé alors qu'en fait cela devient envisageable à partir du moment où nous nous permettons de nous ouvrir à d'autres possibilités.

Ce n'est pas la nature extraordinaire de la personne avec qui nous nous trouvons qui fait en sorte que nous avons parfois de la difficulté à décrocher et à passer à autre chose, mais l'image idéalisée que nous entretenons de celle-ci.

L'idéalisation

La plupart du temps, nous choisissons délibérément de ne voir que ce que nous voulons voir et ce que nous voyons - notre perception - n'est pas du tout en lien avec la réalité. En fait, nous voulons croire que l'autre est bien ce que nous espérons qu'il est, mais il n'en est souvent rien dans les faits.

Évidemment, personne n'est parfait. C'est pourquoi je suis la première à encourager à focaliser sur les qualités de chacun et non sur les défauts. Toutefois, il y a une différence entre voir les bons côtés et
« inventer des bons côtés » pour nous persuader que notre désir de vouloir poursuivre notre relation avec cette personne est justifié.

Il y a une différence entre voir les bons côtés et « inventer des bons côtés » pour nous persuader que notre désir de vouloir poursuivre notre relation avec cette personne est justifié.

Chaque fois que je me suis follement entichée de quelqu'un, c'est qu'il y avait une part de magie que j'avais moi-même fabriquée. Le réveil n'en était que plus brutal, évidemment, parce que ce n'est jamais vraiment très agréable de constater qu'on s'est raconté des histoires tout ce temps.

Toutefois, j'en suis venue à réaliser que si je suis capable de créer des feux d'artifice rapidement, je suis aussi capable de les éteindre facilement. Et c'est ce que je mets en application depuis et, très franchement, mes peines s'en trouvent réduites en intensité et en durée, et ce, de façon significative.

En fin de compte, c'est ça, la récompense ultime à nos nombreux égarements : apprendre à mieux se connaître à travers nos interactions avec les autres et voir à réajuster le tir en conséquence.

Créer le rêve pour fuir la réalité

Au fond, si nous avons besoin que cet homme ou cette femme soit ou devienne toutes ces choses, c'est pour nous permettre de nous sentir mieux : de nous sentir plus importants même si nous resterons probablement dans son ombre, de nous sentir davantage aimés même si la preuve de ceci ne viendra peut-être jamais ou de nous aimer tout court tant et aussi longtemps que le subterfuge se poursuivra.

C'est extrêmement difficile d'arriver à tenir la route dans de pareilles conditions, car pour que des rapports soient valables et nourrissants, ils doivent être construits sur la vérité. Autrement, ils finiront un jour ou l'autre par s'effriter.

S'il est bien de focaliser sur tout ce qui peut exister de lumineux dans la personne avec qui nous avons à partager notre existence, il ne faudrait quand même pas négliger tous les aspects un peu moins éclatants de son être qui, eux, ont pour but de nous ramener les deux pieds sur terre.

Rappelons-nous que personne n'est parfait et que s'il faut apprendre à apprécier les qualités des uns, il faut aussi apprendre à nous adapter aux défauts des autres.