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22/07/2018 06:00 EDT | Actualisé 22/07/2018 06:00 EDT

Ce qu’on essaie d’étouffer finit toujours par remonter

Si notre petite voix intérieure revient constamment nous hanter avec quelque chose, c'est qu'il y a matière à investiguer et action à accomplir pour que la bande sonore s'arrête.

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Il nous arrive tous de choisir délibérément de ne pas faire de cas d'une situation, parce que nous nous disons que, peut-être, nous nous en faisons pour rien.

Et puis, le malaise revient encore et encore. Une fois de plus, nous travaillons fort pour banaliser ou nous convaincre que ce n'est pas si grave que cela en fin de compte. En fait, nous travaillons fort pour étouffer l'émotion qui, elle, aurait envie de s'exprimer.

Bien analyser avant de la mettre en sourdine

Je réalise qu'il y a des paroles ou des gestes qui demandent à être mieux analysés avant d'être mis en sourdine, c'est-à-dire avant d'être classés dans la catégorie «Ce n'est pas si grave que cela finalement.»

En fait, parfois, ça l'est... grave. Si ça ne l'est pas pour l'autre, ça l'est pour nous. Mais, nous voulons éviter de paraître bizarres ou voulons probablement acheter la paix alors nous choisissons de ravaler notre salive et de faire comme si de rien n'était.

Les «comme si de rien était» finissent parfois par remonter à la surface lorsqu'ils deviennent trop nombreux et la force avec laquelle ils choisissent de s'exprimer – parce que trop comprimés durant tout ce temps – confirme que nous ne devrions jamais attendre aussi longtemps avant de dire ce qui ne va pas.

Clarifier ce qui nous refroidit

J'ai personnellement vécu une situation au cours de laquelle - je le constate aujourd'hui - j'ai voulu faire semblant que ce que j'avais ressenti (et continuais de ressentir) n'était pas important alors que ça l'était.

En fait, la problématique à laquelle je refusais de faire face concernait mon niveau de confiance envers l'autre. J'avais négligé cet important détail. J'ai feint de fermer les yeux sur quelque chose qui n'avait rien de banal pour moi et, vous vous en doutez, au lieu de se calmer, l'émotion a peu à peu continué à grandir à l'intérieur de moi, ce qui fait que j'ai atteint un point de quasi-non-retour avec cette personne.

Je me demande si ça aurait aidé ou nuit à la situation, si je m'étais exprimée totalement au moment de l'offense.

J'imagine qu'il est parfois préférable de faire face à ses responsabilités pendant que celle-ci joue, plutôt que de refouler une insatisfaction ou une frustration parce qu'on ne veut pas déplaire, faire de la peine ou paraître ridicule.

J'ai l'impression que les dommages seront toujours plus importants si nous accumulons un tas de petites choses qui nous agacent, plutôt que d'évacuer celles-ci au fur et à mesure.

Personne, techniquement, ne peut arriver à se sentir bien lorsque coincé dans la position de «faire semblant». Je pense sincèrement que si notre petite voix intérieure revient constamment nous hanter avec quelque chose, c'est qu'il y a matière à investiguer davantage et à faire ce qu'il faut pour que la bande sonore s'arrête enfin.

Il ne sert à rien d'essayer d'étouffer quelque chose qui veut à tout prix se faire entendre. C'est peine perdue; ça finira toujours par remonter un jour ou l'autre. Mieux vaut prendre le risque de dire tout de suite ce qui nous dérange, au risque de ne pas être compris.

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