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20/03/2014 12:06 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

44 ans après, quel est le poids de la Francophonie sur l'échiquier mondial?

Créée en 1970, l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), devenue l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), célèbre les 44 ans d'existence ce 20 mars. À l'origine, l'OIF regroupait les ex-colonies françaises qui avaient conservé les liens privilégiés avec leur ancienne métropole dans le but de promouvoir la langue française et la diffusion de la culture francophone. Le Canada s'est joint également, du fait de la présence importante de la communauté francophone de la province du Québec. Au fil des années, d'autres États d'expression française, notamment la Belgique et la Suisse se sont greffées à l'organisation, pour des raisons identiques.

C'est en 1997, au Sommet de Hanoï, que l'OIF a pris un virage important, devenant un instrument politique et diplomatique. Tout en continuant de promouvoir la langue française et la diversité culturelle, elle a levé l'option d'accompagner les États membres dans le processus d'établissement de l'État de droit, de la démocratie et du respect des droits de la personne qui sont, du reste, de valeurs universelles que toutes nations civilisées partagent.

Avec la désignation comme secrétaire général de l'ancien secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros-Ghali, en 1997, suivi par celle de l'ancien président du Sénégal, Abdou Diouf, en 2002, la Francophonie a pris son envol international et commencé à participer à de grandes rencontres du système multilatéral où se discutent des questions importantes pour la bonne marche du monde, notamment aux Nations Unies, à l'Union européenne, à l'Union africaine, au G8, G20, etc.

Le virage politique et diplomatique pris par l'OIF continue de créer un engouement auprès de nombreux États qui n'ont rien en commun avec la langue et la culture francophone. Aujourd'hui, l'OIF regroupe 77 États et gouvernements membres et observateurs avec une population de plus de 800 millions d'habitants répartis sur les cinq continents, soit plus d'un tiers des États membres de l'Organisation des Nations Unies. Une chose est certaine, cet engouement n'est pas dû essentiellement à la langue française ni à la culture francophone, mais à des considérations d'ordres politique, diplomatique et économique.

La place de la langue française et le poids de l'OIF sur l'échiquier mondial

Au sein des organisations internationales, la langue française est une de langues privilégiées. Elle est une de langues utilisées lors des réunions internationales des différents organes des Nations Unies, en particulier à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité. Elle est également une de six langues officielles qui servent à la diffusion de documents officiels. Cela revient à dire que les francophones peuvent à la fois travailler et communiquer dans leur langue au sein des institutions internationales. Il appartient donc à ceux-ci d'user de ce privilège pour promouvoir la langue française et la diversité culturelle. Il appartient également aux États francophones de contribuer avec des moyens financiers conséquents, notamment pour les services de traduction et d'interprétariat, afin d'évacuer des raisons de contraintes budgétaires souvent évoquées pour justifier l'unilinguisme.

Bien qu'il convient de reconnaître que le poids l'économique de la Francophonie sur l'échiquier mondial demeure encore faible, en dépit d'immenses potentialités et des ressources naturelles dont regorgent nombreux États membres, il n'en demeure pas moins que les poids démographique (800 millions d'habitants), politique et diplomatique (77 États et gouvernements) constituent des atouts importants que la Francophonie devrait utiliser pour faire entendre, d'une seule voix, son point de vue dans les débats sur les enjeux du monde contemporain.

Un nouveau virage se dessine en novembre 2014

Le Sommet de Dakar va marquer un nouveau départ pour la Francophonie. 44 ans dans la vie d'une organisation, c'est à la fois beaucoup et peu pour atteindre sa maturité.

Mais qu'en est-il de l'OIF? Elle souffre de l'insuffisance budgétaire conséquente pour réaliser d'ambitieux projets en rapport avec les objectifs fixés par les États membres. En effet, compte tenu du budget dérisoire dont elle dispose, l'OIF ne peut que difficilement atteindre les objectifs qu'elle se fixe.

Pour assurer le rayonnement de la Francophonie sur la scène internationale, il faut avoir une vision stratégique et repenser la manière dont on entend user de son pouvoir d'influence. C'est aux dirigeants francophones qu'il revient d'opérer un choisir judicieux de la personne "porte-parole" qui devrait communiquer efficacement avec les acteurs mondiaux pour impulser une nouvelle dynamique à l'OIF et ainsi lui permettre de jouer un rôle politique et diplomatique dans un environnement international de plus en plus complexe.

Pour ce faire, l'OIF aura besoin, pas seulement d'un bon gestionnaire qui a fait ses preuves, mais surtout d'un leadership qui a un charisme et une personnalité capable d'influencer positivement, de communiquer efficacement et en toute confiance avec les différents chefs d'État du monde, pour faire avancer son agenda.

Le nouveau secrétaire général devra relever le défi important, qu'est celui de trouver des nouvelles sources de financement, sinon de réexaminer les priorités, les objectifs fixés et les moyens disponibles pour les atteindre.

Actuellement, l'OIF dépend financièrement d'un tout petit nombre des États qui apportent à eux seuls plus de 70 % au budget de l'organisation. Le poids de la Francophonie sur l'échiquier mondial dépendra de ce que les États membres voudront qu'il soit.

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