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03/03/2014 11:53 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Les droits humains au cœur du 2e Forum des femmes francophones

À l'occasion du Forum mondial des femmes francophones, la ville de Kinshasa accueille 500 participantes dont 300 en provenance des États et gouvernements membres de l'OIF. L'objectif: mobiliser l'opinion publique tant francophone qu'internationale en faveur de la protection de droits des femmes qui ne sont, dans la pratique, jamais définitivement acquis.

La République démocratique du Congo (RDC) organise, avec l'appui de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la deuxième édition du Forum mondial des femmes francophones les 3 et 4 mars . À l'occasion de ce Forum, la ville de Kinshasa accueille 500 participantes dont 300 en provenance des États et gouvernements membres de l'OIF. L'objectif étant de mobiliser l'opinion publique tant francophone qu'internationale en faveur de la protection de droits des femmes qui, malgré la ratification d'une multitude de textes internationaux des droits de l'homme et leurs transpositions dans les législations nationales des États membres de l'OIF, ne sont dans la pratique jamais définitivement acquis. La parité entre les sexes n'est effective que sur le papier.

Le Forum de Kinshasa fait suite à celui qui s'était tenu à Paris le 20 mars 2013 et qui avait porté essentiellement sur les violences faites aux femmes dans les conflits armés et les crises politiques. L'annonce ce premier Forum mondial des femmes francophones avait été faite à Kinshasa, lors du 14e Sommet de la Francophonie d'octobre 2012. Lors du premier Forum à Paris, une attention particulière a justement été portée sur la situation alarmante de femmes congolaises qui, depuis plus d'une vingtaine d'années, subissent au quotidien des viols, mutilations et autres violences de toute sorte, sans aucune protection.

La tenue du deuxième Forum à Kinshasa est vue comme une opportunité pour les femmes francophones d'aller exprimer leur solidarité et réconforter leurs consœurs de la RDC, particulièrement celles de la partie Est du pays, qui sont victimes d'atrocités inhumaines, de viols massifs planifiés par les groupes rebelles en toute impunité et dans un silence assourdissant. C'est aussi une occasion d'interpeller une fois de plus les dirigeants francophones pour qu'ils se rappellent des engagements pris au Sommet de Kinshasa et qu'ils prennent des mesures courageuses et contraignantes, au prochain Sommet de Dakar, pour mettre fin définitivement à cette barbarie humaine qui n'a que trop duré.

Il était temps pour que les femmes francophones prennent le taureau par les cornes et se mobilisent pour dénoncer la barbarie humaine dont sont victimes les femmes et leurs enfants dans les conflits armés que connaissent plusieurs pays francophones, notamment ceux d'Afrique.

Le corps de femmes a été en effet transformé en un champ de bataille et le viol est devenu une arme de guerre. Les femmes congolaises en savent quelque chose et nombre d'entre elles garderont pour longtemps, dans leur esprit et dans leur chair, les séquelles et stigmates de violences sexuelles dont elles ont fait l'objet, sans qu'aucune protection ne leur soit offerte.

Protéger les droits des femmes par l'éducation

Parmi les 220 millions de locuteurs de langue française repartis à travers le monde, 120 millions sont des femmes, soit plus de la moitié. Cependant, les droits fondamentaux de cette majorité francophone sont constamment bafoués et foulés aux pieds.

Le Forum de Kinshasa offre donc une opportunité aux femmes d'exiger à leurs gouvernements de créer les conditions favorables pour faire avancer leurs droits et améliorer leurs conditions de vie, notamment en facilitant l'accès à l'éducation et aux services sanitaires de filles, en toute liberté. On ne le dira jamais assez: l'éducation est le moteur du développement. Elle donne à tous et particulièrement aux femmes les moyens de s'émanciper.

L'éducation est une arme efficace pour combattre à la fois la pauvreté, la marginalisation et les inégalités sociales. Elle permet aux filles non seulement de connaître leurs droits, mais de veiller à ce qu'ils ne soient pas bafoués. Malheureusement dans certains pays francophones, on assiste à une situation malheureuse qui consiste à priver les droits à l'éducation aux filles, simplement parce que faute des moyens, les parents vont choisir de ne scolariser que les garçons. Ainsi l'analphabétisme des filles devient l'une des causes principales de la régression de leurs droits et contribue à creuser les inégalités entre les sexes. Sinon, comment voulez-vous que les femmes veillent et défendent leurs droits alors que la plupart d'entre elles ne les connaissent même pas.

Cahier des charges de femmes au Sommet de Dakar

À quelques mois du 15e sommet de la Francophonie qui augure de grands changements en raison du départ de l'actuel secrétaire général qui achève son troisième mandat, il y a fort à parier que les femmes francophones vont certainement discuter de la succession à la tête de l'OIF. Surtout que les prétendants commencent déjà à se manifester. Nul doute qu'elles vont réitérer leur souhait exprimé lors de la table ronde sur la Parité Homme-Femme dans l'espace francophone organisée la veille du 14e sommet à Kinshasa, de voir une d'elles succéder à l'actuel secrétaire général de la Francophonie.

Elles auront, sans doute, l'occasion de consigner leurs revendications dans un cahier des charges à transmettre aux chefs d'État et de gouvernement lors du Sommet de Dakar pour que ceux-ci concrétisent leurs engagements d'assurer le respect des droits fondamentaux des femmes et une représentation juste et équitable dans toutes les instances, tant nationales qu'internationales.

Le Sommet de Dakar va se concentrer sur l'amélioration des conditions de femmes pour qu'elles deviennent réellement vectrices de paix et actrices du développement. Les femmes francophones pourront éventuellement choisir une de leurs afin de briguer le poste de secrétaire général et exiger aux chefs d'État et de gouvernement de rendre concret l'égalité de droit en une égalité réelle entre les sexes, en choisissant unanimement celle-ci. Il est nécessaire de rappeler qu'aucune femme n'a jamais occupé le poste de secrétaire général depuis que la Francophonie existe, bientôt 44 ans.

Et pourtant, là où les hommes ont du mal parfois à accorder leurs violons, les femmes sont, sans doute, capables de relever les défis importants que connaissent les pays francophones, notamment de démocratie, de résolution des conflits armés et de consolidation de la paix, de justice sociale et de changement climatique.

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