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15/06/2015 12:10 EDT | Actualisé 14/06/2016 05:12 EDT

Nostalgie 2.0

Je suis nostalgique des rencontres qu'on faisait lorsque nous étions ados. Des rencontres au club vidéo, en attendant l'autobus, ou juste en marchant sur la rue.

Dater à l'air des réseaux sociaux, des cellulaires intelligents. Dater avec l'idée qu'on en a une autre le lendemain, résultant en de nouvelles rencontres qui ne durent qu'un instant. Qu'on m'emmène le suivant!

Des relations qui se résument à trop de points-virgules suivis d'une parenthèse. Pourquoi dire un «je t'aime», quand on peut envoyer un signe «plus petit que» avec un 3 pour symboliser un cœur. Pas d'implication, que de la symbolisation.

Je suis nostalgique des rencontres qu'on faisait lorsque nous étions ados. Des rencontres au club vidéo, en attendant l'autobus, ou juste en marchant sur la rue.

C'est quand la dernière fois que vous avez abordé quelqu'un dans la rue, que vous avez pu voir son visage s'illuminer suite à un compliment inattendu et gratuit? Aujourd'hui, personne n'aborde plus personne dans la rue. C'est plus facile de le faire avec la tête penchée sur notre cellulaire à coup de poke et de like. Trop de réseaux sociaux et trop peu de social. On préfère se fier à une photo, sans voir l'émotion qu'il y a derrière. Jugeons sur une photo prise en contre-plongée. SELFIIIIIE!

Le nez plongé dans notre écran, c'est là qu'on croit rencontrer.

La nostalgie m'emporte, ramenez moi un peu dans le passé.

En 2015, la peur de l'engagement bat son plein. Trop de personnes blessées continuant de vivre avec leurs vieilles blessures. S'empêchant de s'ouvrir à une nouvelle personne par peur de revivre les émotions qui déchirent le cœur. Trop de barrières psychologiques, trop d'hésitations.

On peut plonger dans une relation les yeux fermés, en être surprise par son eau glacée ou encore par sa chaleur réconfortante. Mais on ne veut plus plonger. On reste là, avec que le bout des orteils qui trempent dans l'océan, sans vouloir se mouiller, sans réaliser que la beauté se trouve dans ses profondeurs. On a peur du frisson, du sentiment qui nous surprend en sortant de l'eau. Au lieu de plonger et d'en sortir mouillé, on reste sur la plage à regarder les vagues. Les vagues au loin, ne peuvent nous faire chavirer.

Notre génération de célibataires a décidé de mettre les émotions de côté. Tourner la page d'un livre sans en avoir terminé le chapitre. Le prochain semble plus intéressant. Mais qu'arrivera-t-il avec autant de chapitres débutés, sans aucun terminé?

Trop de bonheur ignoré, trop d'histoires ne valant pas la peine de se dire au revoir.

Comme un glouton devant un buffet, on défile les photos, épluche des profils jusqu'à satisfaction. Sauf que la satisfaction n'arrive jamais. On y retourne quelques minutes plus tard, par peur d'en avoir laissé passer un plus intéressant. Un joueur compulsif devant sa machine à sous, qui continue, juste encore un coup, se disant que le prochain sera peut-être le bon. La prochaine fois, le gros lot pourrait être encore plus gros. Le Banquier version dating, toujours ouvrir une nouvelle valise.

La tête qui vacille entre l'idée de passer le reste de sa vie avec la même personne à ses côtés, versus la nouveauté qui est au bout de nos doigts. Trop de choix, trop de peur. Une génération d'égoïstes, pour qui faire le choix de tomber amoureux ne fait plus partie de son vocabulaire. De la légèreté avec le plus de monde possible. Parce que la prochaine personne pourrait peut-être être meilleure que la précédente.

Alors pourquoi se limiter à une seule personne quand on peut manger le buffet en entier? Ne prendre que de petites bouchées au lieu de manger un repas 5 services?

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