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15/10/2015 09:13 EDT | Actualisé 15/10/2016 05:12 EDT

Quand la perte de poids et l'entraînement deviennent une obsession: J'ai été grosse

L'important, quand on décide de se prendre en main physiquement, c'est de ne pas oublier de changer la vision que nous avons de nous-même.

J'ai été grosse. Pas grosse morbide, pas obèse, juste grosse. En tout cas, dans ma tête je l'étais, et sur la balance aussi, un peu. J'allais changer de centaine. Pas de dizaine, non! De centaine!

Il y a des gens qui sont génétiquement minces toute leur vie et y'a les «toutounes». Celles pour qui être mince, ce n'est pas dans leur code génétique, que ça prend du travail, des efforts et des sacrifices, donc des régimes. Et qui dit régime dit faire attention toute sa vie! Parce qu'après un régime, tu ne peux pas juste te remettre à manger comme avant! Et moi, je suis de celles-là.

Au secondaire, je faisais partie de la gang des «pitounes». Dans ma tête, c'était mes amies les «pitounes», et moi, j'avais juste la chance d'être leur amie. Elles étaient plus minces, plus belles, plus tout que moi... dans ma tête!

À 18 ans, première relation sérieuse qui aura duré 8 ans. Huit ans durant lesquels j'ai changé de centaines lorsque j'étais enceinte. C'est à mon rendez-vous chez ma gynéco que le choc est arrivé... je ne faisais plus partie du clan des 100 livres. J'étais rendue dans le clan des 200.

Et tout ce poids, ce n'était pas à cause de ma grossesse. Ce poids, je l'avais pris avant de tomber enceinte. J'apaisais mon mal à l'intérieur à coups de poutines, de chips et de restos cheaps. Je m'étais fait ça moi-même. Je n'avais que moi à blâmer. Je n'avais jamais été sous mon poids santé, mais là, c'était pire que pire.

Mon congé de maternité terminé, le retour au travail m'a aidé à m'enlever la face du garde-manger. J'ai perdu 20 livres en quelques mois, sans vraiment faire d'effort. Mon changement de routine avait remis mon système en marche.

Mais un an plus tard, quand je me suis séparée, je n'ai pas juste mangé mes émotions, je les ai dévorées, et tout était à recommencer! J'étais à nouveau sur la ligne de changement de centaine.

Et c'est en 2010, en revenant d'un voyage à Cuba, quand j'ai vu les photos de moi en maillot, que ça m'a fait «outch» à l'intérieur. Qu'est-ce qui m'était arrivé? Comment avais-je fait pour me rendre là? Je ne reconnaissais plus cette fille sur les photos.

La semaine suivant ce choc, je m'inscrivais dans un club de boxe. Le coach et une des boxeuses ont vu tout de suite que ce qui allait me motiver le plus, c'était mon orgueil. J'ai eu droit à des: «Allez, va la manger ta poutine si tu trouves que c'est trop difficile» , «Vas-y, lâche. Anyway, les trois quarts des filles comme toi finissent par lâcher», «Ah! Tu ne viens pas au gym ce soir? Ben c'est ça, continue de te plaindre.»

C'était des phrases difficiles à entendre, mais c'était ce qu'il me fallait. Je voulais leur prouver que j'étais capable.

C'est donc à coups de poing dans un sac, de courses, de cordes à sauter et de privations alimentaires que j'ai fondu à vue d'œil. Cinq à six jours par semaine, j'étais là-bas. Je refusais des invitations parce que je devais aller au gym. J'en faisais littéralement une obsession.

Mon corps me faisait mal. J'avais de la difficulté à marcher, à me lever. Mais il était hors de question que je saute une journée d'entraînement. Je mangeais comme un oiseau, à peine. Je me voyais changer à chaque jour. Je me prenais en photo pour m'assurer que c'était bien vrai, que ce corps était vraiment le mien.

Après un an et demi, j'avais perdu 6 tailles de pantalon, et j'avais des muscles! J'avais le corps que j'avais toujours voulu et, surtout, une fausse confiance en moi.

Les gars qui m'avaient rejeté quand j'étais toutoune me complimentaient. Je recevais des félicitations. Je faisais tourner des têtes. Wow ! Et pour la première fois de ma vie, je n'enviais plus le corps de mes amies. J'aimais ce que j'avais sculpté.

Mais le problème n'était pas là. Une fois les compliments passés, il me restait quoi? Après tout ce travail, je n'étais toujours pas heureuse. Je pleurais presqu'à chaque soir. Il était là, le problème! J'avais tellement mis d'efforts sur mon corps que j'avais oublié ma tête. J'avais fait un changement physique, mais j'avais oublié qu'à la base, c'était dans ma tête que je n'étais pas bien. Je me trouvais hypocrite, ma tête n'allait pas avec mon corps. Dans ma tête, j'avais toujours mon ancien corps. Même si le miroir me disait le contraire, moi, j'étais encore celle d'avant.

Aujourd'hui, 5 ans plus tard, le gym ne fait plus partie de mes priorités. Il fait encore partie de ma vie, mais il ne la contrôle plus. Je n'ai plus le corps «parfait» que j'avais il y a deux ans. Mais j'ai un corps que j'aime, que j'ai appris à aimer.

J'ai repris 10 livres depuis. Ce n'est pas énorme, vous me direz. Mais la différence, je la vois. Par contre, j'aime dire que j'ai pris 10 livres de bonheur. Je suis là où j'ai toujours voulu être.

Perdre du poids n'est pas seulement une question de chiffre sur une balance. Quand tu veux perdre beaucoup de poids, il devrait y avoir un avertissement au gym: «L'important, quand on décide de se prendre en main physiquement, c'est de ne pas oublier de changer la vision que nous avons de nous-même. Sans quoi, même avec un corps parfait, nous serons toujours imparfaits dans notre tête.»

Je vous laisse ici les coordonnées d'une clinique qui aide dans les cas de troubles alimentaires, de l'acceptation de son image corporelle, l'obsession du culte du corps (surentraînement) ou encore si vous avez un surplus de poids et que vous désirez revenir à votre poids génétique. N'hésitez pas à aller chercher des outils nécessaires pour réussir vos objectifs! Perdre du poids ne devrait pas devenir une obsession!

Rive-Nord, Rive-Sud et Québec

www.cliniquealimentation.com

Tél. : 450 800.6181

Région de Montréal :

www. muula.ca

Tél. : 1-866-888-3208

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