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23/02/2018 06:00 EST | Actualisé 23/02/2018 06:00 EST

La question des pesticides nous concerne tous

Une utilisation contrôlée, rigoureuse et responsable des pesticides est la clé pour limiter, contrôler et gérer les risques qu’ils entraînent.

La question des pesticides touche de plein fouet le milieu agricole du Québec, j’en suis consciente.
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La question des pesticides touche de plein fouet le milieu agricole du Québec, j’en suis consciente.

J'ai annoncé cette semaine l'adoption de deux règlements pour un meilleur contrôle et une meilleure utilisation au Québec de 5 pesticides : 3 néonicotinoïdes, l'atrazine et le chlorpyrifos. Bien que cette annonce semble très technique et ne toucher que le monde agricole, elle est d'une importance capitale pour l'ensemble des Québécoises et Québécois.

Jusqu'à maintenant, ces pesticides étaient utilisés de façon systématique et préventive sur notre territoire. C'est-à-dire qu'on n'attendait pas à ce qu'un champ soit malade pour en utiliser en grande quantité. C'est à cela que j'ai voulu mettre fin. J'ai également voulu mettre fin, dès 2019, à la vente aux consommateurs des néonicotinoïdes destinés à être appliqués sur les pelouses.

Malheureusement, les analyses nous démontrent que nous retrouvons des résidus de pesticides presque partout ! Près de la moitié de nos fruits et légumes présentent des traces de pesticides et les trois quarts des puits en zone agricole contiennent aussi de telles traces. Et c'est sans parler de nos cours d'eau.

C'est très inquiétant! Les effets de ces pesticides sur notre santé et sur notre environnement, dont nos abeilles, sont connus et considérables. La présence de pesticides dans l'environnement et l'exposition à ces produits, même à de faibles doses, peuvent avoir des effets sur la santé des personnes. Des études épidémiologiques ont d'ailleurs démontré la possibilité de développer, à la suite d'une exposition aux pesticides, certaines maladies, telles que le cancer, les maladies immunitaires et neurologiques, ou un déséquilibre du système hormonal.

Une utilisation contrôlée, rigoureuse et responsable des pesticides est la clé pour limiter, contrôler et gérer les risques qu'ils entraînent. Il était temps d'agir, comme plusieurs autres juridictions, dont l'Ontario et la France.

La question des pesticides touche de plein fouet le milieu agricole du Québec, j'en suis consciente. Je peux vous assurer que nous mettons en place les moyens pour accompagner, maintenant et pour les prochaines années, nos agricultrices et agriculteurs dans cette transition essentielle pour la santé de leur industrie, mais aussi pour la leur et celle de tous les Québécoises et Québécois. Le Plan économique du Québec prévoit d'ailleurs un investissement de 14 millions $ sur cinq ans afin d'aider les agriculteurs à réduire concrètement les risques liés à l'utilisation des pesticides et de leur permettre de s'adapter aux nouvelles mesures réglementaires.

Notre stratégie sur les pesticides ira, dans les prochaines années, encore plus loin.

Nous devions poser un premier geste, et c'est maintenant chose faite. J'en suis très fière. Notre stratégie sur les pesticides ira, dans les prochaines années, encore plus loin. Nous avons comme objectif, entre autres, de tripler le nombre de pesticides interdits en milieu urbain, car malheureusement nous en utilisons encore en ville, et bonifier la formation du personnel œuvrant en gestion parasitaire.

Nos connaissances scientifiques évoluent à vitesse grand V dans le domaine de l'utilisation des pesticides. Notre société, quant à elle, est de plus en plus sensibilisée aux dangers reliés à la présence de ces molécules dans notre environnement. Nous devons continuer cette conversation sur l'utilisation des pesticides et de leurs effets sur notre santé et celles de nos enfants. La question des pesticides nous concerne toutes et tous!

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