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07/11/2018 06:00 EST | Actualisé 07/11/2018 06:00 EST

«Y’a de la visite!»: un conte pour les familles chez qui la douleur chronique s'invite

La douleur chronique, c’est l’ombre qui plane sur nos vies. Celle de la peur du lendemain et du sentiment d’impuissance.

J’ai imaginé un conte que j’ai intitulé «Y’a de la visite!», à l’intention de toutes ces familles avec des enfants de 3 à 10 ans dont le quotidien est chamboulé par la douleur toujours présente, souvent invalidante et invisible d’un parent.
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J’ai imaginé un conte que j’ai intitulé «Y’a de la visite!», à l’intention de toutes ces familles avec des enfants de 3 à 10 ans dont le quotidien est chamboulé par la douleur toujours présente, souvent invalidante et invisible d’un parent.

L'auteure vient de publier, à l'occasion de la Semaine québécoise de la douleur chronique, un conte pour soutenir les familles aux prises avec la douleur chronique et ayant de jeunes enfants.

Par une belle journée de 2013, on frappe à ma porte. Je n'attendais personne. Pas d'amis, pas de parents, bref, pas de visite. Quand j'ouvre, elle est là. Devant moi. Je ne la vois pas, mais je sens qu'elle est là. C'est la douleur chronique. Elle m'envahit d'un coup. Je ne comprends pas ce qui se passe. Mon fils non plus. Mais nous apprenons très rapidement qu'on va devoir, lui et moi, composer avec cette condition souffrante et invisible qui va complètement changer ma vie, et celle de mon fils par extension. Celle de mon entourage aussi.

Tant de familles souffrent en silence. Tant d'enfants cherchent dans les yeux de leurs parents un sens à ce désordre émotionnel et à ce vide qui prend forme autour d'eux.

Et depuis, elle me suit partout. Elle m'accompagne dans mes moindres faits et gestes. En fait, elle est mon bras droit. Parce que c'est là qu'elle réside. Dans mon bras droit. Alors chaque fois que je pose un geste, elle est au-devant de moi. Elle m'habite et me devance. Elle me conditionne et m'influence.

«Comme un million de gens» chantait Dubois. Eh oui, nous sommes un million de Québécois et Québécoises qui, chaque jour, devons adapter la trajectoire de nos vies pour aller travailler, étudier, vivre, contourner et parfois affronter cette douleur qui envahit notre corps et nos sentiments.

La douleur chronique n'est pas un long tunnel au bout duquel la lumière apparaîtra. Elle se dresse plutôt telle une longue route sinueuse et interminable.

Tant de familles souffrent en silence. Tant d'enfants cherchent dans les yeux de leurs parents un sens à ce désordre émotionnel et à ce vide qui prend lentement forme autour d'eux. Ils veulent comprendre ce qu'ils ne peuvent pas voir, car la douleur chronique est invisible. Elle ne se voit que par le mal de l'âme et par les pleurs de ceux qui souffrent au milieu des préjugés, du sentiment d'infériorité, puis de l'isolement.

Car la douleur chronique n'est pas un long tunnel au bout duquel la lumière apparaîtra à nouveau sur nos vies. Elle se dresse plutôt telle une longue route sinueuse et interminable que nous devons emprunter jour après jour pour nous rendre au travail, faire les devoirs des tout-petits, les emplettes, rendre visite aux proches ou tout simplement nous laisser porter par la vie.

Le partage, la meilleure parade contre la douleur

Alors j'ai imaginé un conte que j'ai intitulé «Y'a de la visite!», à l'intention de toutes ces familles avec des enfants de 3 à 10 ans dont le quotidien est chamboulé par la douleur toujours présente, souvent invalidante et invisible d'un parent.

C'est un album illustré qui leur offre un moyen original de démystifier ce qu'est la douleur chronique et de faciliter le dialogue avec leurs tout-petits sur les imprévus engendrés par cette réalité.

C'est une œuvre de cœur et de sens qui met en scène Algo le dragon, une maman et son enfant qui vivent une sorte de huis clos familial à l'intérieur duquel ils apprendront à composer avec cette épreuve permanente.

La douleur chronique, c'est l'ombre qui plane sur nos vies. Celle de la peur du lendemain et du sentiment d'impuissance.

Tout cela ne peut pas et ne doit pas être notre quotidien.

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