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05/04/2015 12:10 EDT | Actualisé 04/06/2015 05:12 EDT

L'air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué que l'air extérieur

Une menace surnoise touche quotidiennement des millions de personnes: la pollution intérieure. Qui sait pourtant que l'air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué que l'air extérieur avec des répercussions sur la santé probablement tout aussi sérieuses?

Nous venons de connaître des records historiques de pollution atmosphérique. Tous les médias ont consacré beaucoup d'articles à ce phénomène, très préjudiciable pour la santé de millions de personnes. En effet, de nombreuses études montrent que cette pollution aiguë aggrave en particulier la santé des personnes fragilisées sur le plan respiratoire, et lorsqu'elle est chronique, est cause de morts prématurées. Les autorités se sont entre autres mobilisées à Paris, à juste titre, et ont finalement décidé après un temps d'hésitation, l'alternance de la circulation.

Une autre menace, beaucoup plus sournoise, touche quotidiennement des millions de personnes: la pollution intérieure. Qui sait pourtant que l'air intérieur est 5 à 7 fois plus pollué (1) que l'air extérieur avec des répercussions sur la santé probablement tout aussi sérieuses?

Pourquoi les professionnels et les médias semblent bien moins concernés par cette pollution?

Certainement, parce qu'ils sont moins bien informés sur ses répercussions. Parmi ces polluants, tous ces produits que nous n'utilisions pas, pour la plupart, il y a une trentaine d'années: les bougies parfumées, les huiles essentielles pulvérisées sous forme de vaporisateurs ou de diffuseurs, l'encens, qui émettent des composés organiques volatils (COV), qui ont un impact négatif sur les bronches des allergiques et des asthmatiques. En effet, une récente étude a montré que les taux de COV, émis en suivant les recommandations du fabricant, sont nettement supérieurs à ceux qui engendrent des bronchospasmes chez l'asthmatique (2). Certains de ces produits libérateurs de COV, se targuant d'être antiacariens et donc bénéfiques aux allergiques, sont en fait un facteur de risque supplémentaire. Ils induisent ainsi en erreur le consommateur qui se fie aux allégations du fabricant.

Allergologues et pneumologues évoquent ce problème, depuis plusieurs années, sans provoquer beaucoup de réactions concrètes, s'étonnant de voir certains de ces produits vendus en pharmacie à grand renfort de publicité, battant chaque mois des records de vente. Faudra-t-il attendre quelques années encore pour avertir les consommateurs de la dangerosité prouvée de ces produits en particulier pour les femmes enceintes, les bébés, les allergiques, les asthmatiques.

Qu'attendent les pouvoirs publics et les autorités de santé pour légiférer, et supprimer ces produits nocifs pour des millions de personnes?

Cette alerte sur les produits à usage domestique émettant des COV, ne doit pas nous faire oublier les rôles extrêmement nocifs du tabagisme passif en milieu intérieur. (3,4)

S'il est difficile de lutter contre les sources de la pollution atmosphérique, il est pourtant beaucoup plus facile de diminuer les effets de la pollution domestique.

Notes

1. Observatoire de la qualité de l'air intérieur- www.oqai.fr

2. S.Ortega, M. Ott, A. Dazy, F.de Blay - Mesure de la concentration dans l'air d'un composé organique volatil (COV), le limonène, libéré par la pulvérisation d'un mélange de 41 huiles essentielles de la gamme Puressentiel®. - Pôle de Pathologie Thoracique - Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg - Université de Strasbourg.

3.Wong GC and all., Do children with asthma and their parents agree on household ETS exposure? Implications for asthma management, Division of Cancer Prevention and Control Research, Jonsson Comprehensive Cancer Center, University of California 2004.

4. R. S. Chinthrajah and all, Epigenetics of allergy. Global Atlas of Allergy, EAACI 2014

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