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Irak: le fils du chef des Yazidis appelle à faire davantage pour stopper le "génocide"

Irak: le fils du chef des Yazidis appelle à faire davantage pour stopper le "génocide"

La communauté internationale n'en fait pas assez pour mettre fin au "génocide" des Yazidis d'Irak par les jihadistes, a estimé mardi le fils du chef de cette minorité kurdophone non-musulmane.

"Nous appelons le monde libre à agir immédiatement", a déclaré Breen Tahseen, diplomate irakien en poste au Royaume-Uni et fils du Prince Tahseen Saeed Bek, le leader de la communauté des Yazidis.

S'exprimant devant les médias à Genève en tant que représentant de son père, M. Tahseen a affirmé que les jihadistes de l'Etat islamique (EI) avaient tué plus de 3.000 Yazidis et enlevé 5.000 autres depuis qu'ils sont entrés dans la région de Sinjar (nord-ouest de l'Irak) début août.

Des dizaines de milliers de Yazidis ont par ailleurs fui leur bastion de Sinjar pris le 3 août par l'EI, se réfugiant dans les montagnes environnantes ou au Kurdistan.

La communauté des Yazidis comptait quelque 600.000 membres avant l'attaque de l'EI, selon M. Tahseen.

L'Irak est plongé dans le chaos depuis le début le 9 juin d'une offensive d'insurgés sunnites menés par l'EI au nord de Bagdad, qui s'est étendue début août dans le nord de l'Irak, poussant quelque 200.000 personnes à fuir, en majorité des Yazidis et des chrétiens.

A la suite des raids américains, le président Barack Obama a annoncé le 14 août que le "siège de l'EI" avait été "brisé" dans les monts Sinjar. Il n'y a plus que 4.000 à 5.000 Yazidis dans cette zone, estime le Pentagone.

Selon M. Tahseen, environ 20.000 Yazidis se trouvent toujours dans les monts Sinjar. En outre, 4.000 familles de Yazidis sont toujours bloquées dans les différents villages de la région, dont celui de Kocho, où les jihadistes ont tué la semaine dernière "environ 80 personnes", en majorité des Yazidis, ont dit les autorités irakiennes.

Mais, affirme M. Tahseen, au moins 300 personnes ont été tuées à Kocho et 700 autres, essentiellement des femmes et des enfants, ont été enlevées dans ce village.

Ce diplomate a par ailleurs appelé Washington à armer les Yazidis pour qu'ils puissent se défendre.

De son côté, l'organisation non-gouvernementale UN Watch a appelé le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme et les gouvernements à convoquer d'urgence une session extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme.

Pour cela, le soutien d'un tiers des membres du Conseil (16 membres ou plus) est nécessaire.

Des diplomates considèrent toutefois que la question pourrait être soulevée pendant la prochaine session régulière du Conseil, qui commence le 8 septembre à Genève.

nl/apo/bds

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