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18/04/2018 09:00 EDT | Actualisé 18/04/2018 09:00 EDT

Je vous invite à côtoyer davantage notre jeunesse, Madame Bombardier

Vos constats sont non seulement réducteurs, mais surtout troublants.

Getty Images/Hero Images

Madame Bombardier,

Début avril, je me retrouvais au Collège André-Grasset, dans le cadre d'un midi-conférence, à échanger avec ma sœur Françoise sur la place des femmes en politique. De mémoire, je vous dirais que l'amphithéâtre était rempli par près d'une centaine de jeunes femmes et de jeunes hommes. La grande qualité des questionnements formulés lors de cet événement témoignait de l'intérêt aiguisé de ces étudiants pour les enjeux d'actualité et de société, décrédibilisant haut la main plusieurs des étiquettes et généralisations cinglantes dont vous avez affublé la jeunesse québécoise dans votre article du 16 avril dernier.

Ce qui est profondément dérangeant dans votre article, Madame Bombardier, est que vous traduisez les résultats d'un sondage donnant les libéraux en avance chez les 18-35 ans, en termes d'apathie, d'une allégeance prêtée au multiculturalisme et au cosmopolitisme, à la mixité sexuelle, sociale et raciale. Vos constats sont non seulement réducteurs, mais surtout troublants.

Vous invoquez au passage, avec une condescendance et un mépris ahurissants, leur « aisance à vivre dans une société où se côtoient des gens de toutes origines et toutes marginalités », comme si cela incarnait un fléau sociétal abominable.

Outre la profonde déconnexion avec la jeunesse que votre article traduit, vous avez également affiché une méconnaissance des formes et pratiques d'engagement changeantes chez nos plus jeunes générations.

Le portrait que vous brossez s'inscrit dans une démarche intellectuelle au mieux douteuse.

Le portrait que vous brossez s'inscrit dans une démarche intellectuelle au mieux douteuse. En effet, il occulte complètement les diverses formes de participation sociale et politique auxquelles adhère la jeunesse québécoise. À ce titre d'ailleurs, j'attirerai votre attention sur le fait que bon nombre d'observateurs notent un regain de militantisme chez la jeunesse québécoise, notamment autour de l'environnement, du partage des richesses, de la participation citoyenne et autres enjeux, tant locaux que planétaires.

À combien de ces jeunes avez-vous parlé pour affirmer avec tant d'aplomb et de déception que les questions autour de l'identité québécoise ne les intéressent pas, qu'ils n'ont que peu ou pas de références historiques, que leurs rêves sont personnels, voir qu'ils incarnent l'individualisme à son paroxysme ? Pour ma part, la jeunesse québécoise, je la côtoie depuis des décennies. D'abord dans le cadre de mes fonctions universitaires puis plus récemment, à titre de ministre de la Condition féminine et ministre de l'Enseignement supérieur. Je rencontre notamment dans les cégeps et les universités du Québec, une quantité impressionnante de jeunes personnes impliquées et engagées, socialement et politiquement.

Madame Bombardier, par les propos que vous tenez, vous prenez à partie la jeunesse et la jugez durement, à tort.

Sachez que les formes d'engagements se diversifient et se multiplient. Elles ne correspondent pas aux conceptions dites classiques auxquelles vous êtes attachée, mais n'en sont pas moins légitimes, utiles et louables.

La jeunesse québécoise est forte, éveillée, de plus en plus engagée.

La jeunesse québécoise est forte, éveillée, de plus en plus engagée. Elle est consciente des enjeux locaux et mondiaux qui façonnent tous à leur échelle notre société, la société québécoise.

Je vous invite à la côtoyer davantage notre jeunesse. Vous pourriez être agréablement surprise.

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