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29/12/2017 09:00 EST | Actualisé 29/12/2017 09:56 EST

Profiter de l’hiver par un temps pareil

Il va sans dire que toute activité récréative doit, de nature, être agréable.

Guy Thibaudeau
Difficile de se reconnaître avec le look « momie » sur les pistes de ski alpin ces jours-ci.

Je me demandais justement comment les autorités publiques, les médias ainsi que les gens d'influence doivent traiter une période de froid intense comme on en connait présentement, particulièrement en période de vacances comme celle dans laquelle nous nous retrouvons. La pression des gestionnaires de stations de sports pour qui il ne fait jamais trop froid pour encaisser son chèque de paye à la billetterie, les vacanciers qui veulent profiter de leurs vacances et la responsabilité publique de sensibiliser la population aux réalités d'une telle période de froid sachant bien que ça déplaira à certains.

Les extrêmes sont évidemment faciles. « Éviter de sortir » ou « y'a rien là! Y'a pas de temps trop froid, seulement des gens mal habillés », slogan véhiculé surtout par les stations de ski alpin qui sont en première ligne de la retenue quand il fait si froid.

La raison se retrouve comme toujours quelque part à mi-chemin. Loin de moi, grand amateur et promoteur de l'hiver, de jouer le macho ces jours-ci en disant « qu'il n'y a rien là; on n'a qu'à s'habiller ». Commençons par dire que la Fédération internationale de Ski (FIS) interdit toute compétition lorsque le mercure atteint -25C (facteur vent inclus) et qu'entre -15C et -25C l'organisateur doit prendre la responsabilité de poursuivre ou d'annuler.

Il va sans dire que toute activité récréative doit, de nature, être agréable. En général, ça ne doit pas être un défi. Oui, il y a toujours un fond de défi dans nos activités sportives, mais des conditions de pratiques déraisonnables ne constituent pas le défi premier qui nous intéresse. Jeudi plusieurs stations avaient fermé certains secteurs de montagne de jour ou carrément annulé le ski de soir qui aurait été insupportable.

Deux façons de faire face au froid

Il y a deux façons d'affronter le froid. La première est de se blinder totalement des éléments extérieurs : la momie. Multiplier les couches de vêtements, troquer les gants pour des mitaines avec « hot shots », se couvrir le visage, porter le capuchon de son anorak pour mieux redistribuer la chaleur vers les extrémités, éviter les secteurs trop exposés et les remontées mécaniques (ouvertes) trop longues et faire des pauses fréquentes. Certains iront même jusqu'à porter des gants chauffants, des bottes chauffantes, des bas chauffants; il est même possible de se procurer la veste chauffante. Ainsi soit-il pour ceux qui choisissent cette option.

Sepaq
En raquette dans les sentiers des Monts Valin

L'autre façon est d'opter pour une activité plus appropriée aux conditions du moment. L'activité imbattable pour les jours de froid extrême est sans doute la raquette. Tout ce qui caractérise ce sport travaille dans le bon sens en période de froid intense. Le fait de marcher et de marcher en montant active le système et nous réchauffe rapidement, même en descente; c'est une activité qui se pratique en forêt, sur des sentiers étroits et à l'abri du vent; les circuits ne sont habituellement pas trop longs ce qui permet de revenir au point de départ ou d'accéder à un refuge pour se reposer. Il n'y a aussi aucun apprentissage pour la raquette, les frais d'utilisation des sentiers dans les centres nordiques sont minimes et l'achat d'équipement est ridiculement abordable. Sans oublier non plus les paysages magiques lorsque les arbres sont couverts de neige.

Il faut considérer que, par froid extrême, la neige devient très abrasive, ralentissant la glisse.

Le ski de fond constitue une autre option dans le même ordre de pensée, mais il faut prendre certaines précautions comme ne pas trop s'éloigner du point de départ ou d'un refuge, de prévoir des vêtements plus chauds en cas d'avarie et aussi d'éviter de trop surchauffer (et de transpirer) ce qui est facile en ski de fond. Il faut aussi considérer que, par froid extrême, la neige devient très abrasive, ralentissant la glisse. Il faut donc travailler plus fort et on a souvent l'impression de ne pas avancer ou d'avoir le mauvais fartage.

Le patin dans les sentiers de glace

Patiner dans nos beaux réseaux de sentiers de glace est aussi une excellente option par température extrême et qui évite de jouer à la momie. Les sentiers de glace en forêt offrent une belle protection contre le vent, souvent le facteur aggravant qui peut rendre une activité insupportable sur les lacs par exemple et sur le Canal Rideau à Ottawa. Celui-ci n'est toujours pas ouvert, mais on a commencé à préparer la glace.

En cette période des Fêtes permettez-nous de vous rappeler la liste de ces beaux sites, si appropriés ces jours-ci.

Le parc du Grand Héron à Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, les sentiers de Shannon près de Valcartier dans la région de Québec. Le Domaine de la Forêt Perdue à Notre-Dame-du-Mont-Carmel en Mauricie offre une quinzaine de kilomètres de sentiers en forêt et où l'on peut côtoyer et nourrir des animaux de la ferme constitue une sortie magique pour la famille même par temps froid. Un nouveau refuge a été ajouté cette année à l'extrémité du réseau permettant d'arrêter pour se réchauffer au besoin, même sur la plus longue piste.

À St-Sauveur au nord de Montréal les sentiers du parc John Molson offrent 2 kilomètres de pistes ouverts aussi en soirée. Enfin le Bois de Belle Rivière à Mirabel offre lui aussi plus de 2 kilomètres de sentiers en forêt dont certains en légère pente ascendante ou descendante selon votre direction, une caractéristique intéressante et peu commune pour le patin. Seuls les sentiers de St-Sauveur sont gratuits cependant.

Le Sentier de la Pointe Merry à Magog et l'anneau de 2 kilomètres du Lac Beauport au nord de Québec (tous les deux gratuits) sont aussi des options pour le patin, mais beaucoup plus exposés aux vents que le sont les sentiers en forêt.

Être polyvalent pour mieux apprécier l'hiver

C'est ma rengaine depuis quelque temps, mais la période dans laquelle nous sommes justifie bien cette pensée. Soit on s'entête à une seule activité et on combat le froid en jouant à la momie, soit on choisit une activité qui fait fi du froid et qui évite de prendre des mesures dramatiques pour en profiter. La polyvalence vous donne surement de meilleures chances de pouvoir sortir quelle que soit la météo et ainsi de profiter de certaines journées d'hiver qui, autrement, peuvent être misérables.

La polyvalence vous donne surement de meilleures chances de pouvoir sortir quelle que soit la météo et ainsi de profiter de certaines journées d'hiver qui, autrement, peuvent être misérables.

Et que dire en terminant du grand parc aquatique intérieur de Jay Peak au Vermont! Jeudi, le sommet de la montagne était fermé à cause du froid mordant. Entre-temps au bas de la même montagne de ski les familles en vacances pouvaient surfer sur la vague en sirotant un piña colada. Qui l'eut cru qu'un tel projet dans une station de ski eut du sens? Vive les grands penseurs.

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