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02/05/2018 09:00 EDT | Actualisé 02/05/2018 09:00 EDT

Mieux vaut prévenir… que de ne pas pouvoir guérir

Nous observons une augmentation constante des problèmes d’audition au Québec.

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Nous oublions parfois que lorsque l'audition est endommagée, il est impossible de la retrouver. Rappelons aussi que la déficience auditive non repérée est également un facteur de dégradation de la qualité de vie et de l'état de santé dès le plus jeune âge. Il est donc essentiel d'intégrer le suivi de l'audition dans le parcours de santé régulier. Malheureusement, encore trop d'individus n'ont jamais réalisé de bilan complet de leur audition au cours de leur vie.

En parallèle, nous observons une augmentation constante des problèmes d'audition au Québec. Au-delà de la population vieillissante, ce sont également les jeunes qui se retrouvent touchés par ces pertes auditives. L'utilisation en masse d'appareils électroniques tels que les téléphones intelligents servant aussi à écouter de la musique à un volume trop élevé dans la majorité des cas sont autant de causes pouvant expliquer ce phénomène. Car si le siècle dernier, les machineries sur les lieux de travail étaient les principales coupables, les avancées industrielles actuelles exposent la population à un nombre croissant de nuisances sonores potentiellement dangereuses pour l'ouïe. Ces nuisances dégradent au quotidien la santé des enfants, des adultes, des seniors et du personnel qui les accompagne.

Nous sommes pourtant largement sensibilisés aux précautions à prendre pour préserver notre santé à plusieurs égards. Par exemple, dans le cas des maladies cardio-vasculaires, la majorité de la population sait qu'une meilleure hygiène de vie (exercice, alimentation, etc.) peut en diminuer les symptômes. Pourtant bien peu de personnes sont au courant qu'une bonne hygiène auditive peut diminuer les chances de développer de nombreux troubles de santé tels qu'une forme de démence et d'isolement. En effet, une étude publiée par la revue médicale américaine « Archives of Neurology » a établi une corrélation entre le vieillissement, la perte de l'ouïe et l'accroissement du risque de sénilité. Les résultats ont indiqué que, chez les participants de 60 ans et plus, 36,4 % du risque de démence était lié à une perte auditive. C'est donc dire que si la perte auditive n'est pas traitée tôt, elle peut entraîner de graves complications comme des troubles cognitifs.

C'est donc dire que si la perte auditive n'est pas traitée tôt, elle peut entraîner de graves complications comme des troubles cognitifs.

On le sait, tout le monde veut vivre le plus longtemps possible tout en demeurant autonome. Pour ce faire, le corps et l'esprit doivent demeurer en bon état. Et cela passe sans aucun doute par une bonne ouïe... ainsi qu'une bonne prévention! Or les moyens actuels sont trop peu nombreux et les efforts globaux encore trop faibles.

Il faut sensibiliser la population aux risques encourus et proposer des solutions adaptées aux besoins des patients, du dépistage à la réadaptation. C'est la raison pour laquelle est née la Journée Nationale de l'Audition qui agit dans le but de dresser un meilleur portrait de la santé auditive des Québécois et de faire entendre les conseils des professionnels et de donner la chance aux habitants de la province de s'informer et d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Il s'agit d'une cause humaniste qui véhicule une intention de bien vivre et de bien vieillir. Le but est ainsi de mettre des outils d'informations efficaces dans les mains des habitants de la province et d'anticiper les éventuelles complications.

Nous pouvons tous faire quelque chose. Le changement d'habitude peut être rapide. La première étape est d'en prendre conscience et d'éduquer la population dès le plus jeune âge. Prévenir est beaucoup plus facile que guérir, et c'est maintenant à notre tour de faire bouger les choses. Parce qu'un esprit sain passe par un corps sain, pensons à la bonne santé de notre audition comme nous pensons à la bonne santé de notre cœur ou de nos poumons!