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11/01/2014 10:16 EST | Actualisé 13/03/2014 05:12 EDT

Syrie: les enfants, s'il vous plaît!

Nous sommes au 21e siècle, à l'heure d'Internet, des vols planétaires, des satellites qui nous rapprochent même dans nos salons, de l'exploration spatiale prolongée, ainsi de suite.

Plus de 9 millions de personnes se sont déplacées depuis trois ans en Syrie. De ce nombre, presque 3 millions ont carrément quitté la Syrie, surtout des femmes et des enfants. Cette guerre civile a fait en sorte qu'une génération d'enfants a maintenant un accès difficile à l'école ou pas du tout, sans mentionner les affres de l'hiver dans des camps de réfugiés un peu partout au Moyen-Orient et dans le Sud-est européen.

L'UNICEF vient d'établir que 3 millions d'enfants syriens ont dû abandonner leur scolarité à suite à l'enlisement du conflit. En Syrie, l'organisme estime qu'une école sur cinq a été endommagée, détruite ou utilisée comme abris pour les personnes déplacées. Dans les pays limitrophes de la Syrie, c'est au moins 600 000 enfants syriens qui sont privés d'accès à l'éducation. Avant le début du conflit, le taux de scolarisation au primaire était de 97 % en Syrie, un excellent score!

Avez-vous lu le blogue de Mélanie Sharpe sur le Huffington Post Québec à la mi-décembre intitulé L'hiver n'épargne pas les enfants syriens réfugiés en Jordanie? Dans le camp de Zaatari, 25 000 enfants de moins de 5 ans venaient de recevoir des vêtements chauds grâce toujours à l'Unicef. Un jeune garçon travaillait au lieu d'aller à l'école afin d'apporter quelques sous à sa mère. Il voudrait retourner sur les bancs d'école. «L'Unicef estime que 10% des réfugiés syriens de moins de 16 ans sont employés dans des entreprises libanaises ou jordaniennes, illégalement et souvent à très bas salaire», selon La Presse du 11 décembre.

Avez-vous visionné le reportage de Marie-Êve Bédard aux nouvelles télévisées d'Ici Radio-Canada fin novembre? Au Liban, des enfants syriens s'amusaient tant bien que mal dans un camp, sans aller à l'école. Un garçon de 14 ans a expliqué qu'il était maintenant chef de famille! Combien d'entre nous, lecteurs de ce blogue, étions prêts à assumer ce rôle à 14 ans? Nos vies seraient aujourd'hui différentes si nous avions affronté pareille situation. Tous ces enfants voulaient rentrer au pays, revoir leurs pères, leurs frères, et retourner à l'école. Puis-je rappeler que ce conflit a fait 120 000 victimes jusqu'ici?

Ce n'est pas tout. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé l'éclosion de polio dans le nord-est de la Syrie, alors que ce pays n'avait plus connu d'éruption de poliomyélite depuis 1999. Cette maladie s'attaque surtout aux bébés et aux enfants en bas âge dont le système immunitaire est sous-développé.

L'automne dernier, le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, a affirmé que le conflit en Syrie était «devenu la grande tragédie de ce siècle, une calamité humanitaire indigne avec des souffrances et des déplacements de population sans équivalent dans l'Histoire récente».

De tout temps, les êtres humains ont fait la guerre. De tout temps, les enfants en ont été les victimes innocentes. Plusieurs amis(es) européens qui ont survécu à la Guerre 1939-45 m'ont fait part de leurs jeunesses affectées par cette guerre et la reconstruction longue et pénible. Pourquoi devons-nous tolérer que ces situations qui se perpétuent aujourd'hui, alors que nous avons créé plusieurs organisations internationales qui devaient justement nous amener dans un monde nouveau? Pourquoi les êtres humains persistent-ils à s'entretuer au nom de religions, de territoires, d'ethnies, de clans, de pouvoirs, et quoi encore? Pourquoi devons-nous imposer à des générations d'enfants de vivre handicapés intellectuellement parce qu'ils ont été obligés d'abandonner l'école, de travailler dans des conditions ridicules, de devenir orphelins, de regarder l'avenir avec peur?

N'avions-nous pas décidé, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale... qui a fait 50 millions de morts, de passer collectivement à autre chose, de cesser ces tueries à répétition, de régler nos différends de manière civilisée? Je croyais que oui, jadis, mais plus maintenant.

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