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04/03/2013 12:52 EST | Actualisé 04/05/2013 05:12 EDT

Harper a renié nos régions

CP

En 2011, les conservateurs de Stephen Harper claironnaient chaque jour qu'ils allaient mettre «les régions au pouvoir». Leurs affiches électorales et leurs annonces publicitaires martelaient ce slogan avec une vigueur qui ne pouvait qu'inspirer la confiance. Deux ans après les élections, on doit se rendre à l'évidence: ces paroles creuses ont servi à camoufler la plus importante campagne de destruction des régions canadiennes des dernières décennies.

Ce n'est pas une opinion que je formule ici, mais bien un fait. En moins de 24 mois, les conservateurs ont fait tout ce qui était humainement possible pour ralentir le développement économique des régions. L'attaque la plus frontale est venue de Diane Finley, ministre des Ressources humaines, qui a enfoncé dans la gorge des travailleurs une réforme de l'assurance-emploi tellement insultante que même des militants conservateurs l'ont dénoncé. Du haut de son poste au cabinet, Mme Finley a décrété certains chômeurs devraient désormais accepter n'importe quel emploi, même s'il est sous-payé, qu'il n'a rien à voir avec la profession du prestataire et qu'il est situé à 100 kilomètres de son domicile.

Mme Finley voudrait forcer les chômeurs des régions québécoises à déménager en Alberta pour travailler dans les sables bitumineux qu'elle n'agirait pas autrement.

D'autres offensives destinées à soumettre les régions ont été orchestrées dans l'ombre du cabinet conservateur ces derniers temps. Je pense d'abord à l'abandon pur et simple de l'industrie forestière, cela au moment même où le gouvernement fédéral se plie en quatre pour répondre aux exigences des pétrolières de l'Ouest. Combien de familles québécoises ont-elles souffert de cette injustice flagrante?

Je songe ensuite à la centralisation des bureaux de l'Agence de développement économique du Canada, dont la mission première en région était d'aider les communautés à diversifier leur économie. Pourquoi sabrer cette importante ressource alors que l'économie peine à se relever de la dernière récession? Encore une fois, le jupon conservateur dépasse. On punit les régions qui n'ont pas voté du bon bord, comme au temps de la Grande noirceur.

Le démantèlement de nombreux bureaux de poste dans les régions est un autre exemple de ce mépris révoltant. Dans plusieurs communautés, ces bureaux jouaient un rôle central dans l'économie locale. Aveuglés par leur haine de l'État, les conservateurs ont décidé de démolir cette importante infrastructure, abandonnant ainsi la population et les entreprises à leur sort.

Autre exemple: la décision stupide et dangereuse de fermer le Centre de recherche et sauvetage de Québec. Assis dans leurs confortables fauteuils d'Ottawa, les ministres conservateurs ont décidé, sans consulter personne, que les appels de détresse des plaisanciers francophones seraient désormais traités par des anglophones à Halifax. L'ensemble de la communauté maritime s'est opposé à ce geste de provocation, en vain.

Comme si ce n'était pas assez, les conservateurs ont décidé de couper plus la moitié du budget total de Via Rail, soit 290 millions! Et ça alimente un cercle vicieux: les compressions découragent les voyageurs d'utiliser le train de pour se déplacer, et quand il y a moins de voyageurs, ça donne une raison de plus aux conservateurs pour couper davantage. Jusqu'à ce que le train disparaisse complètement du paysage. Dans ma région, le train est un moteur de développement économique essentiel. En coupant chez Via Rail, c'est à toutes les régions qui dépendent du train auquel s'attaque le gouvernement.

Saccage honteux et injustifié de l'assurance-emploi. Abandon de l'industrie forestière. Démolition systématique des capacités de l'Agence de développement économique et de Postes Canada de bien servir la clientèle en dehors des centres urbains. Fermeture insensée d'un centre francophone dont la principale mission est de sauver des vies. Compressions chez Via Rail.

Est-ce cela que signifie "mettre les régions au pouvoir"?

Je crois plutôt que M. Harper a décidé de punir les régions du pays qui n'ont pas voté pour lui. L'immense majorité des Québécois a rejeté sa vision manichéenne du monde et ses politiques dignes des années d'avant-guerre. En guise de représailles, il est revenu sur sa parole et s'offre aujourd'hui une revenge froide, calculée.

Ce comportement est indigne d'un premier ministre.

Afin de lui faire entendre raison, le NPD lance la campagne «Notre région abandonnée». Je vous invite à vous joindre au mouvement: ensemble, nous pourrons ramener M. Harper sur Terre et l'empêcher de mener à terme l'entreprise de démolition entamée en mai 2011.

Ensemble, replaçons nos régions au cœur de l'agenda politique fédéral.

campagne npd

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