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07/05/2017 09:09 EDT | Actualisé 07/05/2017 09:09 EDT

Juste des bonnes nouvelles #3: Ma maison

Je veux vous parler de cette maison. Du moins, d'une partie de celle-ci. Je veux vous partager l'histoire de quelques amis extraordinaires, qui ont été complices de mes récentes aventures à l'autre bout du monde.

Chers amis, je vous écris cette fois d'un pays pas mal exotique, où la culture est incroyablement riche et diversifiée, où les gens sont « ben smaths » et où la vie est pas mal belle : le Canada! Sans blague, ça paraît exotique pour moi. Après plusieurs mois de voyage et comme je suis seulement de passage, je me sens toujours en « mode voyage ». Je marche dans les rues de Trois-Rivières comme je marche à Moscou. C'est à dire avec les yeux, les oreilles et le cœur grands ouverts, afin de d'apprécier au maximum la beauté des lieux et de la culture locale. J'espère ne jamais arrêter de voir le monde qui m'entoure de cette façon et ne jamais arrêter d'apprécier la chance que j'ai.

Me voici donc au Québec, pour quelques temps, afin de régler tout plein de paperasse fatigante, mais nécessaire afin de continuer mes aventures humanitaires. Ça ne veut pas dire que j'arrête mes activités de clown humanitaire... pas besoin d'un camp de réfugiés ou d'une guerre civile pour faire une différence autour de moi! Les besoins sont partout. Ça fait que je m'implique au Québec de toutes sortes de façons et notamment auprès des personnes en situation d'itinérance.

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Beaucoup de gens me demandent : alors, qu'est-ce que ça fait d'être à la maison? Ça t'avait manqué? Oui, ça m'avait manqué. Mais t'sais... c'est quoi ma maison? Quand tu voyages autant, c'est un concept qui prend un tout autre sens. Alors, j'aime croire que ma maison, ce n'est pas un lieu, mais des personnes. Des amis. Des gens incroyables, que je rencontre un peu partout dans le monde et avec qui je développe des amitiés extraordinaires. Ma « maison » est donc éparpillée au Québec, à Moscou, au Vermont, en Espagne, à Londres, en Italie, aux Pays-Bas... et j'en passe. Ça fait que je me sens toujours à la fois chez moi et loin de chez moi. C'est un drôle de sentiment. C'est de ça que j'ai envie de vous parler aujourd'hui. Je veux vous parler de cette maison. Du moins, d'une partie de celle-ci. Je veux vous partager l'histoire de quelques amis extraordinaires, qui ont été complices de mes récentes aventures à l'autre bout du monde.

ANYA SEGALOVICH

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Une femme à qui je voue une admiration profonde et une amie que j'aime démesurément. Depuis des années, elle est ma principale collaboratrice lorsque je travaille auprès des orphelins en Russie : guide, organisatrice, clown, traductrice, prof de russe et meilleure amie. En fait, c'est ce qu'elle sait faire de mieux : être une amie. Et elle sait faire bon usage de ce talent! Anya a dédié sa vie aux malaimés de la planète et partage son quotidien avec les orphelins de son pays. Je ne connais personne d'aussi aimante, gentille et patiente. À tous les jours, elle porte une couronne de fleurs ou de fruits, qui détonne magnifiquement avec l'ambiance souvent grise et froide de la Russie. C'est pour elle une façon de répandre des sourires et de piquer la curiosité des gens dans la rue... afin de s'en faire des nouveaux amis.

EVA

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Aux côtés de mon ami et « patron » Patch Adams, une jeune Italienne exceptionnelle. À seulement 19 ans, elle parle 6 langues (et maîtrise la majorité de celles-ci), elle a voyagé dans 35 pays, elle a fondé un organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue et elle s'implique comme clown humanitaire. Je lui ai demandé c'était quoi son secret, pour accomplir autant de choses impressionnantes, à un âge aussi jeune. Sa réponse : « Je n'ai pas peur de faire des erreurs. Au contraire, je cherche à en faire un maximum. C'est la meilleure façon d'apprendre. »

MAXIMO ET VINCENZO

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(Photo : Italo Bertolasi)

Deux hommes incroyables, deux docteurs et deux amis de L'Aquila (Italie). Lors de l'énorme tremblement de terre de 2009, leur vie a basculée. Maximo a retrouvé sa femme et ses deux fils, sans vie. Vincenzo fut enseveli sous les décombres, pendant 10 heures et dans le noir total... où sa femme et sa fille sont mortes à ses côtés. Un tremblement de terre qui aura détruit leur maison, leur famille, tout ce qu'ils possédaient et aura laissé ces 2 hommes complètement démolis.

Afin de s'aider à s'en sortir et de se raccrocher à quelque chose, ils ont décidé de devenir clowns humanitaires. Ça fait que depuis 2011, je travaille avec eux dans les orphelinats en Russie. Avec le temps et à travers le clown, je les ai vu s'épanouir jusqu'à redevenir deux hommes excessivement heureux. Pour moi, ils sont la meilleure preuve que la compassion et la générosité, ça fait pas juste du bien aux autres, mais aussi à soi-même.

JUSTIN LIFFLANDER

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Un Américain fortuné et doté d'une intelligence hors du commun. Jeune, il rêvait d'être un espion pour la C.I.A. Il a déménagé en Russie vers la fin de la guerre froide, afin d'y travailler pour l'ambassade américaine et avec le motif caché de se frayer tranquillement un chemin dans la business de l'espionnage. Mais rapidement, il est tombé en amour avec le peuple russe et s'est rendu compte qu'il ne s'agissait pas d'un ennemi. Depuis, il habite en Russie et ironiquement, il s'est marié avec une employée du KGB. Il donne une grande quantité de son argent et de son temps (notamment comme clown), aux orphelins de la Russie.

MARLEEN VAN OS

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Une amie précieuse et une fantastique clown néerlandaise avec qui je travaille régulièrement. Depuis les années, on aura performé ensemble dans une multitude d'hôpitaux, d'orphelinats et de pays (dont le Québec!). Clown humanitaire depuis 10 ans, elle sait écouter et donner mieux que personne. Elle me rappelle sans cesse une leçon primordiale pour mon métier (et pour la vie en générale), qui n'était pas enseigné ni à l'école de clown, ni dans ma formation en psychologie : comment être un humain professionnel et mettre son ego de côté.

Voilà, j'espère que ces petits récits de grands humains vous auront inspiré ne serait-ce qu'un petit peu. Merci d'avoir pris le temps de me lire. On se retrouve à ma prochaine chronique... en direct d'un camp de réfugié ou d'un bidonville quelque part dans le monde! Bisous!

Ce texte a également été publié dans le Journal La Galère (Vol.14 #5)

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