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09/01/2019 11:37 EST | Actualisé 09/01/2019 11:37 EST

L’indispensable énergie de la mairesse Plante

Montréal ne va pas sauver le monde, on s’entend. Mais la métropole est déjà tout indiquée pour inspirer d’autres villes.

Pendant que les États prenaient des résolutions (non contraignantes) dans le cadre du même Pacte, les grandes villes du monde s’engageaient à coopérer.
Christinne Muschi / Bloomberg via Getty Images
Pendant que les États prenaient des résolutions (non contraignantes) dans le cadre du même Pacte, les grandes villes du monde s’engageaient à coopérer.

L'énergie positive que dégage la mairesse Valérie Plante est tout à fait remarquable. Elle pourrait s'avérer fort utile dans un dossier où la non-intervention frise la lâcheté. Je veux parler des migrants.

Son séjour à Marrakech, en décembre dernier, est passé sous le radar médiatique. Pourtant, le voyage avait du sens: elle rejoignait un groupe de villes en réunion en marge de la rencontre des États signataires du Pacte mondial sur les migrations.

Pendant que les États prenaient des résolutions (non contraignantes) dans le cadre du même Pacte, les grandes villes du monde s'engageaient à coopérer. À assurer une meilleure protection des migrants sur leur territoire, peu importe leur statut légal. À prendre les moyens nécessaires pour assurer un accès à l'éducation et aux soins de santé. À apporter une attention particulière aux enfants seuls ou séparés de leur famille. À lutter contre les stéréotypes et la désinformation visant les migrants. À dénoncer l'intolérance et le racisme.

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Du même souffle, Montréal rejoignait six autres villes (Los Angeles, Milan, Bristol, Athènes, Kampala et Freetown) qui formeront le Conseil des villes sur les migrations. À défaut de réguler les mouvements migratoires, cet étonnant commando conseillera les gouvernements aux prises avec les problèmes reliés aux migrants. Une initiative financée par la Suisse et l'une des fondations de l'Open Society du milliardaire George Soros. Des liens qui surprennent, mais qui démontrent l'étroite (et l'étrange) marge de manœuvre des villes face au phénomène.

Que viennent faire les villes dans les migrations?

Elles viennent ouvrir leurs portes. Les migrants convoitent les frontières nationales, mais c'est en ville qu'ils finissent. C'est la ville qui leur apprend les gestes de première nécessité — se loger convenablement, faire l'épicerie, prendre le métro, apprendre la langue et la culture.

De plus en plus, les solutions à plusieurs enjeux planétaires — migrations, dérèglement climatique, inégalités, trafic humain — reposent sur la capacité des dirigeants d'agir localement. Or, pendant que les États délibèrent, protègent leurs frontières, s'engluent dans des débats gauche-droite, adoptent des politiques pour consolider leur base électorale, les gouvernements de proximité que sont les villes agissent.

Montréal ne va pas sauver le monde, on s'entend. Mais la métropole est déjà tout indiquée pour inspirer d'autres villes.

Les villes n'ont pas de frontières à protéger. La mairesse de Montréal peut appeler le maire de Los Angeles ou d'Athènes sans créer d'incident diplomatique. Les maires discutent, partagent, travaillent en réseau, expérimentent et règlent des problèmes concrets.

Montréal ne va pas sauver le monde, on s'entend. Mais la métropole est déjà tout indiquée pour inspirer d'autres villes, laisser des traces de solutions, partager ses succès et ses échecs. Bref, contribuer davantage à la solution plutôt que de faire partie du problème.

Il semble bien que la mairesse Plante soit l'une des rares politiciennes canadiennes à y croire. C'est tout en son honneur!

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