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27/11/2015 02:31 EST | Actualisé 27/11/2016 05:12 EST

Le Québec a-t-il les moyens de miser sur l'ignorance?

Il est connu, depuis Condorcet et le Siècle des Lumières, qu'on ne bâtit rien de solide ni de pérenne en s'appuyant sur des ignorants.

Il est connu, depuis Condorcet et le Siècle des Lumières, qu'on ne bâtit rien de solide ni de pérenne en s'appuyant sur des ignorants. Dans toute société où l'ignorance est répandue, il est facile de promulguer des diktats et d'adopter des lois qui conviennent à une élite sans réelle opposition. Est-ce là le Québec de demain que le ministre Blais veut bâtir?

Mais quelles intentions se cachent derrière les dernières déclarations du ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais? Celles-ci sont dignes d'une ligue l'improvisation ayant pour thème «coupons 100 millions en éducation supérieure!» D'aucuns diront que ce que veut le gouvernement n'est qu'une réorganisation du réseau universitaire.

Toutefois, si sous ce fallacieux prétexte de rationalisation, des universités ferment au détriment de l'accessibilité aux études supérieures de qualité pour l'ensemble de la population du Québec, nous sommes en total désaccord puisqu'il en va de la raison d'être du réseau des Universités du Québec!

Pourquoi le ministre Blais ou ses patrons politiques ne répondent-ils pas à une question simple et non nébuleuse : allez-vous fermer la TÉLUQ? Il est primordial d'éviter toute déclaration improvisée à ce sujet créant ainsi une incertitude inutile, tant chez les étudiants que dans la population en général. De plus, pareille attitude nuit aux efforts déployés depuis plusieurs années en vue d'accroître l'accessibilité aux études supérieures de qualité chez l'ensemble de la population du Québec.

Si le ministre Blais désire discuter de l'avenir des constituantes du réseau de l'Université du Québec, il serait approprié d'en réunir les principaux acteurs et leur expliquer quelles sont ses intentions sans préalablement brandir des menaces de fermeture qui ne prennent leurs assises que sur des prétentions.

Comme toutes les Universités du réseau de l'Université du Québec, la TÉLUQ, l'INRS, l'ÉTS et l'ENAP sont des universités à part entière. Chacune possède sa spécificité et sa mission contribuant ainsi à la qualité et à la pertinence de l'offre de formation universitaire sur l'ensemble du territoire du Québec. Il en va de l'efficience même du réseau de l'Université du Québec de justifier leur existence!

À ce titre, contrairement à ce que prétend monsieur le ministre Blais, il faut reconnaître que la TÉLUQ a développé une expertise dans la dispense des formations à distance au Québec qui se différencie de celle de toute autre université. La TÉLUQ constitue un acteur clé pour l'accessibilité aux études supérieures pour tous les étudiants du Québec. Devons-nous encore une fois rappeler que ce sera encore une fois les étudiants qui feront directement les frais des compressions et des menaces pesant sur les institutions précédemment mentionnées?

Les chercheurs québécois sont en compétition avec ceux du reste du Canada où les universités ne subissent pas les assauts à répétition de leur gouvernement. En agissant comme il le fait, le gouvernement du Québec affaiblit son réseau universitaire et le rend vulnérable face à la compétition nationale et internationale.

Sur le site Web de l'Association Horatio Alger, l'honorable Brian Mulroney, ancien premier ministre du Canada, déclare que « L'éducation supérieure est l'élément clé de la prospérité.

Malheureusement, la pauvreté ainsi que d'autres obstacles rendent l'accès aux études post-secondaires très difficile pour beaucoup de jeunes ». Ce constat va dans le même sens que la promesse du premier ministre Philippe Couillard prononcée lors de la dernière campagne électorale, lequel déclarait que, advenant sa nomination au poste de premier ministre du Québec, des investissements dans le réseau de l'éducation seraient effectués (lors de son passage à émission Tout le monde en parle du 24 mars 2013).

Il est impératif, monsieur le ministre Blais, que vous démontriez la compréhension de la réalité des universités faisant actuellement l'objet de rumeurs. Faites du réseau de l'Université du Québec un moyen privilégié pour faire tomber les obstacles toujours présents à l'accessibilité aux études supérieures de qualité, et ce, autant en métropole qu'en région. Pareille attitude sera toute à votre honneur et sûrement plus productive que le fait de jeter un pavé dans la mare en alimentant toutes sortes de rumeurs aux fondements douteux!

Les membres du Comité de liaison intersyndical de l'Université du Québec (CLIUQ) sont :

Association des professeurs de l'École de technologie supérieure (APÉTS)

Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec à Chicoutimi (SPPUQAC)

Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (SPUQAT)

Syndicat des professeurs de l'Université du Québec à Montréal (SPUQ)

Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec en Outaouais (SPUQO)

Syndicat des professeures et professeurs de la Télé-université (TÉLUQ)

Syndicat des professeurs et des professeures de l'Université du Québec à Rimouski (SPPUQAR)

Syndicat des professeurs et professeures de l'Université du Québec à Trois-Rivières (SPPUQTR)

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