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12/03/2016 09:06 EST | Actualisé 13/03/2017 05:12 EDT

Printemps précoce en vue!

Les mois d'avril et de mai pourraient être marqués par des journées anormalement chaudes.

L'un des hivers les plus chauds qu'a connu le Québec laissera la place à un printemps hâtif, selon les dernières prévisions saisonnières du Service météorologique canadien et du Climate Prediction Center aux États-Unis. Les deux organismes ont publié à la fin février leurs aperçus à long terme pour les mois de mars, avril et mai. Et leurs conclusions convergent. Le temps très doux va se poursuivre. La probabilité dépasse les 70 % que les températures vont se maintenir largement au-dessus des normales de saison pour les régions du sud du Québec ce printemps. À Montréal, le maximum habituel à ce temps-ci de l'année tourne autour de 2 degrés Celsius. Or, le mercure va frôler les 10 degrés Celsius au cours des dix prochains jours. Ce réchauffement fera fondre rapidement la neige au sol.

Une telle situation peut parfois créer des problèmes d'inondations, comme on l'avait vu en 2011. La vallée du Richelieu et le bassin du lac Champlain avaient alors connu de très importantes montées des eaux. Les quantités de neige record tombées pendant l'hiver 2010-2011 sur les Appalaches et les Adirondacks, combinées à des pluies fortes en mars et des vents soutenus du sud en avril, avaient inondé plus de 3 000 foyers en Montérégie.

Cette année toutefois, la situation est différente.

La neige est arrivée très tard au Québec cet hiver. Alors que la neige recouvre habituellement le sol au début décembre, la chaleur a continué à être emmagasinée jusqu'à la première vague de froid et première tempête de l'hiver, survenue le 29 décembre. En plus d'un effet El Niño encore significatif dans l'ouest, ces circonstances pourraient jouer en faveur d'un printemps plus précoce et plus chaud cette année. En termes météorologiques, cela voudrait dire que les mois d'avril et de mai pourraient être marqués par des journées anormalement chaudes.

Habituellement, les premières canicules de l'été arrivent en juin ou juillet. Mais avec un printemps très doux et un sol qui n'a pas gelé beaucoup en profondeur durant l'hiver, les épisodes de chaleur accablante pourraient fort bien se pointer plus tôt et être plus intenses. Comme en 2010. Cette année-là, l'hiver et le printemps avaient été également très chauds. À l'été qui a suivi, la ville de Montréal avait été touchée par une canicule exceptionnelle qui avait causé la mort de plus de 106 personnes1.

D'autres méthodes plus traditionnelles existent aussi pour prédire le passage des saisons. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais elle l'annonce, dit-on. Et pour les ours noirs ? Les médias révélaient récemment que les ours de l'Écomuseum à Sainte-Anne-de-Bellevue sont sortis de leur hibernation dans les premiers jours de mars. Selon certains biologistes, les ours seraient de bons prédicteurs du printemps. Il semble que cette année soit un record. C'est la première fois que les ours noirs du parc sortent aussi tôt de leur sommeil d'hiver. La date la plus tardive était en 2003 :ils étaient sortis le 28 avril...

Du côté du Zoo sauvage de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, ce ne sont pas les ours qui prédisent le printemps, ce sont les mouffettes ! Depuis une quinzaine d'années, tous les 2 février, au Jour de la marmotte, on observe le comportement d'Ernest la moufette, une personnalité au Zoo du Lac. Cette année, la célèbre moufette est sortie de son trou et n'y est pas retournée, signe que le printemps arrivera définitivement plus tôt en 2016.

Même si plusieurs restent sceptiques, beaucoup sont prêts à la croire sur parole. Après tout, Ernest la moufette a peut-être des tuyaux avec le député local, un certain Philippe Couillard, un homme qui fait la pluie et le beau temps au Québec.


1«Canicule 2010 à Montréal», Rapport du directeur de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux.

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